Skip to content

Paupérisation de la France : Le grand déclassement

Par

Publié le

10 février 2021

Partage

La France en voie de tiers-mondisation ? Le constat est en tout cas sans appel : la pauvreté augmente en France depuis le milieu des années 2000.
coqs2

L’histoire manie l’ironie tragique comme personne : chaque président français a eu sa crise. Après la crise financière pour le bling-bling Sarkozy et la crise terroriste pour le multiculturaliste Hollande, le mandat d’Emmanuel Macron, incarnation des vainqueurs de la mondialisation, sera marqué au fer rouge d’une crise économico-sociale sans précédent, dont le mouvement des Gilets jaunes aura été le grand moment, et dont la crise sanitaire qui s’est ensuivie ne fera qu’aggraver les conséquences.

Quelle que soit la définition adoptée, la pauvreté augmente en France depuis le milieu des années 2000. D’après les données 2018 de l’Insee, le taux de pauvreté atteint 14,8 % de la population française (soit 9,3 millions de personnes) si le seuil de pauvreté est fixé à 60 % du revenu national médian (revenu qui partage la population française en deux groupes égaux). En clair, près d’un Français sur sept vivrait actuellement avec moins de 1 063 € par mois. La dynamique est particulièrement inquiétante, à long comme à court terme : en 2004, le nombre s’élevait à 12,6 % de la population française (7,8 millions) ; la seule année 2017 a vu 400 000 nouvelles personnes tombées dans la pauvreté. En 2019, le taux de pauvreté a retrouvé celui de 1979 !

Cette paupérisation s’accompagne d’un accroissement des inégalités : entre 2003 et 2013, les plus modestes ont gagné 2,3 % de pouvoir d’achat, alors que les 10 % les plus riches ont vu leurs revenus augmenter de 42,4 %. Depuis lors, les plus favorisés ont été favorisés par les réformes fiscales du mandat Macron.

Lire aussi : Désindustrialisation : une passion française

La crise sanitaire a malheureusement ajouté au phénomène d’une manière historique : plus d’un million de personnes seraient depuis tombées dans la pauvreté. D’après une enquête Ipsos pour le Secours populaire, un Français sur trois déclare avoir perdu des revenus avec la crise sanitaire, parmi lesquels on trouve principalement commerçants, travailleurs intérimaires ou intermittents du spectacle. L’association annonce avoir offert des repas à près de 1 270 000 personnes, dont 45 % n’avaient jusqu’alors jamais poussé ses portes. Les Restos du cœur rendent compte du même phénomène : l’aide alimentaire aurait augmenté de 30 % depuis la crise.

Plusieurs explications à cette pauvreté grandissante de la société française. Au regard des classes d’âge touchées, la hausse est particulièrement significative pour les étudiants et les jeunes professionnels, qui font face à une grande précarité salariale lorsqu’ils réussissent à échapper au chômage (qui passe la barre des 20 %) : en 2015, 26 % des moins de 30 ans étaient pauvres. Outre le chômage endémique, la multiplication des travailleurs pauvres, du fait que les seuls secteurs dynamiques soient ceux de l’intérim et du bâtiment, alimente cette hausse de la pauvreté, tout comme la multiplication des familles monoparentales (35 % d’entre elles étaient pauvres en 2015). Enfin, l’immigration, surreprésentée dans les statistiques du chômage et qui, en augmentant la demande d’emploi, pressure les salaires à la baisse : la Seine-Saint-Denis et la façade méditerranéenne sont ainsi les zones où la pauvreté est la plus concentrée.

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest