Les mystères sont faits pour être contemplés. Augustin Frison-Roche sait les peindre. Utilisant la technique des primitifs flamands, le glacis, il superpose des plans que nous percevons par transparence. Où sommes-nous ? Dans un sous-bois fantastique à la tombée de la nuit. Il rend notre regard perçant et notre âme attentive. Ce sont bien des créatures célestes qui se cachent dans les sous-bois à la tombée de la nuit. Ce doit être elles qui ont redonné leurs ors à la nature, et leur vocation mythique aux animaux, qui ont semé ces poussières d’étoiles. Même les loups se convertissent au fantastique.
La technique classique d’Augustin Frison-Roche nous donne l’impression d’une peinture qui pré-existe à l’humanité, dont nous héritons, qui véhicule l’histoire des Hommes. Un imaginaire collectif est ainsi convoqué pour mieux enraciner son travail dans notre âme. On retrouve les contes médiévaux, l’univers des mille et une nuits, la mythologie, la genèse. Comment se fait-il que ce monde fantastique nous soit si familier, si intime ? Serions-nous en train de revenir sur nos terres? Retrouver son innocence serait-il possible ?
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Ces huiles sur bois évoquent l’écriture des icônes avec leurs ors, tout autant qu’une forme d’art décoratif du début du XXe siècle. Notre regard passe comme au travers de voiles successifs pour s’enfoncer toujours plus loin dans cette forêt qui contient l’Éden. Jamais nous n’étions allés autant en profondeur dans un tableau, peut-être à l’infini. Voilà l’offertoire, le peintre récapitule la création, malheur à celui qui ne s’attarde pas, il ne participera pas à l’acte d’inventer le monde. Nous sommes ce chevalier aperçu dans une toile : comme lui, nous conquerrons l’invisible.
L’or du soir, exposition personnelle d’Augustin Frison-Roche, du 8 avril au 28 mai à la Galerie Guillaume, 32 rue de Penthièvre, 75008 Paris





