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Pierre Legendre : l’archéologue

« Je suis un homme du passé et de l’avenir lointain. Je n’habite pas le présent », a coutume d’affirmer Pierre Legendre, qui se place volontiers en retrait des débats de société. Il est pourtant la bête noire des déconstructeurs et des maniaques de la révolution sociétale permanente qui ne lui pardonneront jamais sa défense d’une conception jugée « traditionnelle » de la filiation, encore moins d’avoir dénoncé « l’homosexualisme » et « la caserne libertaire ».

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© Dorothée Sers / montage Louis Lecomte

Né en 1930 en Normandie, Legendre, comme Julien Freund, gardera de ses origines modestes une vénération pour le savoir et le mépris du grégarisme universitaire. Son parcours est doublement atypique. C’est d’abord celui d’un érudit pluridisciplinaire : docteur en droit, en anthropologie et en économie, Legendre s’imposera comme un penseur de l’État et des institutions. Au plan professionnel ensuite : s’ennuyant à l’université, il débutera sa carrière dans un cabinet de consultant économique en Afrique, l’occasion pour lui de se familiariser avec le monde de l’entreprise, et surtout d’acquérir un regard distancié sur l’Occident qu’il appréhendera désormais avec le regard de l’ethnographe.

Autre expérience de décentrement radical, par rapport à sa subjectivité cette fois : la pratique, en tant que patient, de la psychanalyse. Ces deux expériences seront à l’origine de sa passion pour l’architecture invisible des êtres et des civilisations. Il en tirera cette leçon capitale : l’être humain étant l’animal parlant, toute identité, individuelle ou collective, est avant tout le produit d’un assemblage de textes. [...]

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