[vc_row][vc_column css= ».vc_custom_1523056583774{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »][vc_column_text]
Le Kosovo a eu dix ans en février. Son président a rendu une visite discrète au Palais de l’Élysée : Emmanuel Macron l’y recevait en présence de Bernard Kouchner. Une réception qui pourtant, au pays des droits de l’homme, devrait susciter la curiosité médiatique.
La visite à Paris du président kosovar Hashim Thaçi a bien failli passer inaperçue. Ni les journalistes ni le gouvernement français n’ont cru utile de la signaler. Pourtant, le 14 mars dernier, Emmanuel Macron recevait son homologue du Kosovo au Palais de l’Élysée. Le même jour, Thaçi rendait visite à Alain Juppé pour lui remettre « L’Ordre de la Liberté » exprimant « la reconnaissance du Kosovo pour son soutien pour (s)on pays, pour la liberté et pour les valeurs européennes ». Le lendemain, Thaçi rencontrait Nicolas Sarkozy pour le décorer de la « Médaille présidentielle du 10e anniversaire de l’indépendance du Kosovo ». Le 17 mars, il était au Salon du Livre pour assurer la promotion de sa biographie : un ouvrage censé parachever sa stature d’honnête homme et de chef d’État intègre. Pourtant, la visite d’Hashim Thaçi, toujours suspecté d’être un criminel et un parrain de la mafia, est loin de remporter les suffrages. D’après des sources proches du dossier, il ne devrait sa liberté qu’à son immunité de mandat.
L’ombre d’un doute
Le Kosovo, petite enclave territoriale des Balkans, a proclamé unilatéralement son indépendance en 2008, une indépendance reconnue par les États-Unis, l’Albanie et l’Europe occidentale. Mais pas par l’ONU. En d’autres termes, la Russie, la Serbie, la Chine, l’Inde, le Mexique et la plupart des nations du monde ne considèrent pas ce pays comme un État. Seuls 97 pays en reconnaissent aujourd’hui l’existence.
Le Kosovo, berceau de la nation serbe, aujourd’hui à 90 % albanophone et musulmane, demeure la preuve vivante des errements de la politique étrangère européenne.
Dans ces conditions, pas question pour le gouvernement français de pavoiser. Mais pas question pour Thaçi, à l’inverse, de voyager de façon confidentielle : en recherche de légitimité, le président du Kosovo a largement tweeté ses rencontres diplomatiques, au grand dam de ses interlocuteurs qui ne lui ont pas accordé le moindre petit retweet ou le plus petit « j’aime ». Une visite dont aucun politique ne s’est vanté donc, et dont la presse n’a pas plus voulu se faire l’écho. En janvier 2018, cette même presse s’intéressait pourtant aux découvertes successives faites sur ce petit pays, comptant moins de deux millions d’habitants, surtout sur son rôle de fer de lance du trafic d’organes et d’enfants.
L’Europe est morte à Pristina
Pour le colonel Jacques Hogard, auteur de L’Europe est morte à Pristina, guerre au Kosovo (Hugo et Compagnie), « Thaçi est un criminel de guerre à la biographie sanglante. Comme chef mafieux et terroriste, il fait l’objet d’une instruction menée par l’UE, ce qui au passage ne manque pas de sel. Selon mes informations, le procureur a tous les éléments pour l’inculper. Il n’est protégé que par son statut “présidentiel” puisque la France, pour notre plus grande honte, a reconnu ce pays. »
« Thaçi est un criminel de guerre à la biographie sanglante. Comme chef mafieux et terroriste, il fait l’objet d’une instruction menée par l’UE » Général Jacques Hogard
Pour l’anecdote, le cinquième président de la République du Kosovo a été élu le 26 février 2016 dans une Assemblée remplie de gaz lacrymogènes alors que les abords de la Chambre étaient le théâtre de violents affrontements entre opposition et forces de l’ordre. Un « Ubu roi » à la sauce bruxelloise.
Lire aussi : L’impasse européenne
Le Kosovo, berceau de la nation serbe, aujourd’hui à 90 % albanophone et musulmane, demeure la preuve vivante des errements de la politique étrangère européenne, de son incapacité à prévenir la guerre, à assurer la justice et à protéger les intérêts des peuples. Pas étonnant qu’une telle visite fasse tache dans un salon présidentiel, ni que près de 10 % des Kosovars aient déjà migré dans l’UE.
[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]





