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Aux confins du Vaucluse… sur le plateau d’Albion, la terre est aussi pauvre que le paysage spectaculaire : la ferme de Claire et Richard occupe, solitaire, 60 hectares de cette étendue dont la relative platitude contraste avec les monts sauvages qui en ferment l’accès, Ventoux, Baronnies et Lubéron.
Désirant demeurer et élever leurs enfants dans ce territoire presque désert, Claire et Richard n’avaient pas tellement d’autre possibilité que l’agriculture, pour gagner leur vie en remplacement de leur précédente activité touristique. Nullement subie, cette conversion d’il y a quatre ans a tout d’un coup de foudre pour les antiques châtaigniers qui ornent les forêts alentours. En hiver, leurs silhouettes de vieillards aux abondantes ramifications se détachent majestueusement sur la clarté du ciel. Selon les cas, la tradition orale des habitants des lieux fait remonter la plantation de ces châtaigneraies à une politique anti-famine de Napoléon ou aux immigrés italiens du Second Empire. Toujours est-il que, jusqu’à peu, la châtaigne était appréciée pour ses grandes qualités nutritionnelles et pour sa capacité à devenir le « pain des pauvres », une fois réduite en farine.
En outre, il a acquis un cheptel d’une cinquantaine de jolis cochons bien roses, croisés duroc et landrace, suffisamment résistants pour vivre exclusivement en plein air, dans de vastes enclos mi-herbeux mi-boisés.
Claire et Richard ont consacré un premier hiver à débroussailler leur châtaigneraie, laissant apparaître les troncs massifs de leurs arbres, dont l’espèce n’est plus connue aujourd’hui, mais qui produisent un petit fruit très fondant. Leur modeste production ne dépasse pas la tonne annuelle. Elle n’aurait donc pas suffi à faire vivre la famille, mais occupe son automne au trempage, épluchage automatisé et transformation des fruits en une délicieuse crème peu sucrée. En complément, le couple a choisi de valoriser les terres attachées à sa maison par une activité de polyculture, de facto limitée aux cultures traditionnelles des bois et terres pierreuses qui forment leur aride domaine. Il s’est donc orienté vers la production de petit épeautre et de plantes fourragères. En outre, il a acquis un cheptel d’une cinquantaine de jolis cochons bien roses, croisés duroc et landrace, suffisamment résistants pour vivre exclusivement en plein air, dans de vastes enclos mi-herbeux mi-boisés.
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Amoureuse de ses bêtes, la famille Miras entoure leurs 4 à 6 mois de croissance d’une sollicitude affectueuse. Les cochons le lui rendent bien, se pressant auprès de ceux qui franchissent les barrières de l’enclos. Le cheptel est en effet entouré d’une double protection électrifiée, rendant impossible tout contact avec les sangliers des alentours, potentiels transmetteurs de maladies. Ces précautions assorties à une nourriture céréalière recalibrée par Claire et Richard au fil des années garantissent pour le moment aux cochons une vraie qualité de vie, une vitesse de croissance bien mesurée et une bonne santé. Toujours pris d’un pincement de cœur en emmenant ses bêtes à l’abattoir, Richard s’est équipé pour que leur fin de vie engendre, dit-il « le moins de stress possible ». Dans le petit abattoir de Gap où il se rend, les cochons meurent électrocutés avant de devenir, grâce aux recettes de Claire, filet mignon, pancetta, jésus, fromage de tête et autres merveilles qui nous font retrouver les goûts oubliés des salaisons d’autrefois.
Ils sont les premiers à en convenir, le secret de la réussite est dans la taille : limitation des investissements, suppression des intermédiaires, surface de production et taille du cheptel savamment étudiées.
Présents chaque jour sur les marchés du Vaucluse, Claire et Richard parviennent à faire vivre leur famille par la vente directe de leur production, alors qu’ils n’ont bénéficié d’aucune aide à l’installation. Ils sont les premiers à en convenir, le secret de la réussite est dans la taille : limitation des investissements, suppression des intermédiaires, surface de production et taille du cheptel savamment étudiées. La clientèle, conquise par la qualité gustative et nutritionnelle de leurs produits, ne s’est pas fait attendre.
Marie Dumoulin
https://www.unefermeenventoux.com/
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