Dès la première chanson que le public découvre d’Oasis, le groupe de Noel Gallagher formé avec son frère Liam et trois autres amis, le ton est donné. Elle s’appelle « Rock’n’roll star » et annonce la couleur (et le son) du groupe le plus important de la seconde moitié des années 90. Ils sont cinq garçons dans la brume et leur premier album s’intitule Definitely Maybe. Nous sommes en 1994 et Kurt Cobain est mort depuis seulement quelques mois. Le monde découvre alors ces deux frères insupportables, prétentieux, arrogants, drôles, talentueux en diable, et habillés comme des hooligans fanatiques des Beatles et des Stones Roses.
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En seulement quelques semaines, ils deviennent comme ils le rêvaient les nouvelles rock’n’roll stars les plus incontournables de la planète. Noel compose l’ensemble des titres et laisse à son frère le soin de chanter. Il n’a pas tort : Liam a sans doute la voix la plus charismatique de l’époque (sorte de mélange entre John Lennon et Johnny Rotten) alliée à une formidable attitude désinvolte pleine d’une morgue juvénile qui connait sa force et emmerde tout le monde. Leur succès est une tempête qui apporte avec elle les nécessaires scandales sur fond d’alcool et de cocaïne, de chambres d’hôtels démolies et de concerts annulés.
Résurrection solo
Partout, dans l’Occident hédoniste et fatigué, on entend leurs refrains. En 1995 sort What’s The Story MorningGlory. La dizaine de titres de l’album est composée en quelques mois. C’est souvent ainsi que les grands albums naissent. Les grands-mères de Newcastle sifflent sans le savoir le refrain de Don’t look back in anger en poussant leur caddie. Des stades entiers reprennent Some Might Saydans les tribunes de Maine Road où joue Manchester City, le club fétiche des membres du groupe. Après un troisième album considéré comme inférieur (mais pas par votre serviteur) et des kilogrammes de drogues diverses, la grâce s’évapore. Le groupe gagne en technique ce qu’il perd en puissance instinctive et en magie.
Avec Dead To Thee World, superbe ballade acoustique, Noel Gallagher parvient à émouvoir avec une profondeur qui lui fit défaut tout au long de sa carrière
Les ventes sont encore bonnes, mais la critique les dédaigne de plus en plus. Après un dernier opus, le groupe se sépare dans les backstages de Rock en Seine à Saint-Cloud. Trois longues années de repos, et Noel Gallagher revient au monde avec un projet solo. Sans doute n’avait-il pas été si bon, si frais, si constant depuis longtemps. Son premier album est un succès à tous les niveaux. Les singles sont imparables et il tient largement la distance tout le long de ces dix titres empreints d’un classicisme charmant qui ne manquent pas pour autant de panache. Son troisième album, Who Built The Moon montre que celui qui savait plaire en gardant les mêmes recettes sait aussi parfois faire preuve d’audace.
Toujours au sommet
Council Skies, son nouvel album, sorti le 2 juin est également une belle surprise. Enregistré en partie à Abbey Road, ce disque comporte beaucoup de parties orchestrales qui rendent l’ensemble d’une grande tenue musicale. Les singles ont été applaudis dès leur sortie par l’ensemble des fans de longue date. Et plus encore. Avec Dead To Thee World, superbe ballade acoustique, Noel Gallagher parvient à émouvoir avec une profondeur qui lui fit défaut tout au long de sa carrière. À vrai dire, l’ensemble de cet album montre qu’il est toujours au sommet des songwriters actuels, trente années après ses débuts : et ce n’est pas rien.

Sour Mash, 14,99€





