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Robert Ménard a été élu avec le soutien d’un certain nombre de partis politiques, dont le RN. Fort de son bilan positif et de son implantation locale, il est désormais candidat à sa succession sans aucun soutien partisan et lance un appel destiné à fédérer les maires non alignés qui se reconnaissent dans sa démarche.
Qu’est-ce qu’un bon maire selon vous ?
Un bon maire, c’est quelqu’un qui travaille. Je suis contre le cumul des mandats car il est impossible d’être maire et député ou sénateur en même temps. Cependant, je serais personnellement favorable à ce que les parlementaires aient eu auparavant un mandat local pour connaître la réalité du terrain. Un maire doit avant tout faire preuve de bon sens, être à l’écoute des citoyens et répondre à leurs exigences immédiates, au premier rang desquelles se situe la sécurité. Dans les villes de taille moyenne comme celle que je dirige, les préoccupations des habitants se concentrent sur le triptyque sécurité, propreté et embellissement, auquel il faut ajouter la rigueur de gestion car dans une période où les gens souffrent d’un manque de pouvoir d’achat, il est particulièrement scandaleux de mal gérer l’argent public et de dilapider les impôts des contribuables. Il est donc important de réduire le train de vie des élus et leurs indemnités. À Béziers, j’ai baissé les miennes de 30 %, c’est symbolique mais cela a été bien perçu par la population.
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Vous lancez une initiative visant à fédérer les maires non alignés qui ne se reconnaissent pas dans un parti mais dans un style direct et des idées fortes. Vous avez rédigé un manifeste en ce sens, que nous reproduisons. Diriez-vous que vous aspirez à faire émerger un populisme municipal ?
Je pense qu’il y a des maires, à droite, qui partagent un socle commun de convictions et sont confrontés aux mêmes questions en voulant y apporter les mêmes réponses. Ils ont besoin d’être regroupés mais ne le font pas pour l’instant parce qu’ils sont terrorisés par la peur d’être montrés du doigt, en particulier par les médias, s’ils s’allient avec l’extrême droite. Toujours ce même front républicain qui n’existe que pour diviser la droite et permettre à la gauche de se maintenir au pouvoir alors même qu’elle est minoritaire en voix… Dans ma ville, j’essaie de faire travailler ensemble tous les hommes de bonne volonté d’où qu’ils viennent ; d’ailleurs l’immense majorité des responsables des Républicains sont venus me voir pour collaborer avec moi dans le cadre des prochaines élections municipales, ce qui montre que les barrières idéologiques tombent petit à petit. Quant au Rassemblement national, il ne présentera pas de candidat contre moi.
C’est ce que je dis dans mon manifeste : je n’appelle en rien à la constitution d’un énième parti qui ajouterait à la confusion actuelle, je souhaite simplement que se lèvent des élus qui méprisent le politiquement correct et ne recherchent que le bien commun.
Vous souhaitez donc faire de Béziers le laboratoire de l’union des droites au niveau municipal ?
C’est exactement cela. Béziers est un laboratoire limité parce que c’est une ville de 80 000 habitants mais j’espère que l’on pourra ensuite gagner des départements et des régions. Il faut rassembler largement à droite sans faire d’idéologie car les problématiques locales sont avant tout centrées sur le cadre de vie des gens, la sécurité et la propreté, la lutte contre le communautarisme et l’action sociale, ce qui devrait permettre de coaguler un certain nombre d’élus et de candidats. C’est ce que je dis dans mon manifeste : je n’appelle en rien à la constitution d’un énième parti qui ajouterait à la confusion actuelle, je souhaite simplement que se lèvent des élus qui méprisent le politiquement correct et ne recherchent que le bien commun. Beaucoup sont déjà séduits par ma démarche.
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Quelle est votre marge de manœuvre dans la mesure où les maires sont de plus en plus dépossédés de leur pouvoir au profit des communautés de communes ?
La loi NOTRe (du 7 août 2015 portant Nouvelle Organisation Territoriale de la République) a fait beaucoup de tort à la démocratie. Aujourd’hui, on nous explique, d’un côté, qu’il faut des élus plus proches des citoyens mais de l’autre, on dépouille les maires de leur pouvoir au profit d’instances intercommunales dotées de « super-maires » non élus par la population mais par les maires eux-mêmes. À Béziers, si l’élection du président de la communauté d’agglomération avait été organisée au suffrage universel, j’aurais été élu ! Le fonctionnement de cet échelon intercommunal a donc quelque chose de profondément anti-démocratique.
Que pensez-vous de la suppression de la taxe d’habitation ?
J’y suis favorable. Pour l’instant, l’État nous rembourse à l’euro près le manque à gagner découlant de sa suppression, je ne vois donc aucune différence. Dans ma ville, elle était tellement importante que c’est une bonne chose de voir certains habitants ne plus la payer.
Je crois beaucoup plus aux alternatives fondées sur la confiance que l’on peut tisser localement avec les personnes engagées que sur les alliances d’appareil qui sont toujours bancales.
Avez-vous réussi à baisser les impôts durant votre mandature ou, du moins, à ne pas les augmenter ?
Je n’ai jamais augmenté la part communale des impôts. On ne peut jouer que sur le taux et non sur l’assiette qui dépend de l’État ; j’ai donc diminué le taux d’imposition dès la première année de ma mandature. La raison est simple : à Béziers, il y a 25 % de la population qui paie des impôts, ce n’est pas normal de les pressurer autant ! Mais il faut faire très attention aux conséquences : quand vous baissez les impôts de 1 %, cela vous enlève 0,5 M € d’investissement par an. Nous les avons baissés de 4 %, il en résulte un manque de recettes estimé à 12 M € sur l’ensemble de la mandature. C’est bien pour le contribuable mais c’est aussi une marge de manœuvre que je perds pour mener à bien des projets ; je suis content de l’avoir fait mais je ne pourrai réitérer l’opération une seconde fois.
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Si vous êtes élu, vous gouvernerez toujours avec des gens issus de différents partis ou non encartés ?
Lors de ma première candidature, j’avais le soutien d’un certain nombre de partis. Cette fois-ci ce ne sera plus le cas. Il y aura des personnes de différentes sensibilités qui peuvent être issues de tel ou tel parti mais qui figureront sur ma liste à titre individuel. Je pense d’ailleurs que c’est cela qui assurera le succès de cette liste. Je crois beaucoup plus aux alternatives fondées sur la confiance que l’on peut tisser localement avec les personnes engagées que sur les alliances d’appareil qui sont toujours bancales.
Vous pensez pouvoir conquérir l’agglomération, cette fois-ci ?
Je l’espère.
Propos recueillis par Benoît Dumoulin
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