À 73 ans, Roger Chudeau, qui fait office de « Monsieur Éducation nationale » du groupe parlementaire du RN a un CV professionnel bien rempli. Agrégé d’allemand, ce natif de Berlin est Inspecteur général de l’Éducation nationale. Membre du cabinet de Gilles de Robien, rue de Grenelle, de 2005 à 2007, il devient en 2007 conseiller technique de François Fillon à Matignon en charge des questions d’éducation.
Adhérent de longue date au RPR puis à l’UMP, il prend ses distances avec sa formation politique d’origine après la défaite du candidat en 2017. Membre des Horaces, ces hauts fonctionnaires qui conseillent Marine Le Pen, il est un temps proche de Marion Maréchal et lui apportera son aide lors de la création de l’ISSEP à Lyon. Mais c’est bien Marine Le Pen qu’il décide de soutenir à l’approche de l’élection présidentielle de 2022. Candidat face à Guillaume Peltier dans la circonscription solognote détenue par ce dernier dans le département de Loir-et-Cher, il l’emporte au second tour en battant la candidate macroniste.
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S’il est un défenseur de la chasse et s’intéresse de près aux problèmes posés par la désertification rurale, c’est bien aux questions relatives à l’instruction que vont ses préoccupations majeures comme député de la nation et comme professionnel d’un secteur sinistré par un demi-siècle de renoncements des politiques, des syndicats d’enseignants et des parents d’élèves. Des torts partagés qui imposent désormais des mesures drastiques.
Tenue uniforme d’établissement
Le 10 janvier, le Rassemblement national a choisi d’utiliser son temps de débat (qui n’est pas suivi d’un vote) sur le thème de « L’état de l’école de la République ». Le 12 janvier, si le déroulement de l’ordre du jour le permet, la proposition de loi de Roger Chudeau sur la création d’une « tenue uniforme d’établissement » en primaire et au collège, devrait être examinée dans le cadre de la niche parlementaire du RN. Cette instauration d’une tenue d’uniforme fixée par chaque établissement fonctionne déjà avec succès à la Martinique où, selon le député, « elle est plébiscitée par les collégiens car elle abolit les distinctions sociales et par les parents car elle se révèle une solution bon marché ».
Le débat sur ce texte en commission s’est déroulé le 14 décembre « avec beaucoup de mauvaise foi » de la part de la majorité présidentielle rapporte Roger Chudeau, qui se dit stupéfait « de l’état d’impréparation des adversaires de notre proposition de loi ». Il salue au contraire le soutien très clair du groupe LR qui s’est exprimé en commission par les voix de Maxime Minot (Oise) et Alexandre Portier (Rhône), un enseignant en philosophie proche de Laurent Wauquiez. À priori d’accord sur le fond, le Modem de François Bayrou s’est pourtant bien gardé de soutenir la proposition parce qu’elle émanait du RN.
Roger Chudeau a bien d’autres idées comme le retour du droit à l’instruction en famille, l’interdiction réelle de l’écriture inclusive ou la suppression des INSPE
Roger Chudeau a bien d’autres idées qu’il compte mettre en avant durant cette mandature comme le retour du droit à l’instruction en famille, le respect de la neutralité religieuse par les accompagnants familiaux bénévoles lors des sorties de classe, l’interdiction réelle de l’écriture inclusive ou la suppression des INSPE qui ont succédé aux IUFM sous la présidence de François Hollande. Ces INSPE, relais de l’idéologie pédagogique ne forment pas en effet aux difficultés rencontrées par les jeunes enseignants affectés en Zones d’éducation prioritaire (ZEP). « Nos adversaires sont obligés de reconnaître la qualité de notre travail », se réjouit un Roger Chudeau pas peu fier de faire turbuler le système à défaut de pouvoir dès aujourd’hui renverser la table.
Conscient de l’effondrement de l’enseignement des langues, si l’on excepte l’anglais international, l’ancien professeur d’allemand a souligné récemment à Berlin,où il présidait la délégation RN de l’assemblée parlementaire franco-allemande, l’absurdité de célébrer sous forme d’incantation permanente une relation bilatérale entre nos deux pays alors que le recul de l’apprentissage de l’allemand dans les établissements français s’avère préoccupant.





