Igor Bitman qui a eu un parcours très proche, s’interroge : « On reconnaît parmi les personnages qui peuplent ses tableaux des têtes russes mais peut-on pour autant l’inscrire dans la tradition picturale russe ? » S’il en doute, c’est parce que c’est en France qu’il a élaboré sa technique d’un raffinement et d’une complexité incomparables. Il est impossible de le rattacher à un courant, d’en retracer la généalogie, impossible de dire autre chose que : c’est du Zaborov. L’œuvre est donc inclassable, et pourtant, Zaborov fut le seul peintre vivant à avoir une place à la Galerie des Offices de Florence avec son tableau « L’artiste et son modèle » !
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Igor Bitman confie également que Zaborov aura eu « une vie d’artiste exemplaire : travail acharné, mépris total de toutes les modes, nulle envie de plaire à qui que ce soit. Et puisqu’il faut trouver des mots pour définir les tableaux de Zaborov, reprenons la juste définition de Luba Jurgenson : l’effacement comme mode d’émergence. La toile semble en effet devenir suaire, et ce qui s’y trouve apparaître progressivement comme une photo dans le bain qui la révèle, c’est l’apparition d’une Véronique, véritable icône ». Dans l’histoire mondiale de la peinture, Boris Zaborov aura écrit un chapitre unique et insolite.





