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Sélectron : les meilleurs films de Noël

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Publié le

22 décembre 2022

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Eh oui, nous y sommes à nouveau. Les gosses surexcités, les magasins de jouets qui croulent sous les lumières, les repas interminables arrosés des regards pincés de votre belle-mère. La magie de Noël ! Pour vous consoler de cette étincelante réalité, il y a heureusement la fiction, d’ailleurs chacun sait qu’on l’a inventée pour ça. Alors c’est parti, la rédaction de L’Incorrect aidée d’un transfuge d’une rédaction concurrente mais néanmoins méprisée vous offre son sélectron des meilleurs films de Noël.
sélectro

10 – La course aux jouets

C’est l’histoire d’un papa submergé par la charge mentale de devoir apporter des sous à sa famille, et qui en oublie d’acheter un cadeau à son fiston. Par ailleurs, le voisin du pavillon d’à côté est extrêmement pénible et porte des lunettes. Dans la panique, le papa (en principe vous vous identifiez à lui) fait une promesse à la con pour se rattraper et promet d’offrir une figurine de Turboman à fiston, l’erreur, la boulette, c’est la catastrophe, les emmerdes volent en escadrille. La figurine est introuvable, parce que tous les gamins des cinq continents et des sept mers sont biberonnés à Hollywood, tout ça. Le papa se bagarre pour trouver l’objet, se bat avec des père-Noël qui font du Kung-fu, tabasse un renne, fait fuir une chorale avec un cadeau enflammé, on ne se souvient plus du sort du voisin mais il doit prendre son tarif au passage, a des ennuis avec les flics municipaux et un postier débile. Le papa (vous vous y identifiez, voir cristallisez, c’est Noël) retrouve sa virilité, et avec l’amour de son fils de sa femme, et insulte le capitalisme pour la route. Une œuvre très éducative pour les enfants, et inspirante pour les parents.


9 – L’Étrange Noël de monsieur Jack

Tim Burton a réussi la prouesse de transposer son univers fantastico-bizarroïde dans un film de noël aussi poétique que régressif. Ici le big boss du monde d’halloween, Jack Skellington, pallie sa dépression en organisant le meilleur des noëls. Problème : tout ne se passe pas comme prévu, surtout lorsqu’il décide de capturer le père Noël, mettant ainsi en danger l’esprit des fêtes. Un film qui reflète parfaitement la magie de notre fête préférée avec quelques touches humoristiques et macabres, ça reste du Tim Burton quand même.


8 – Santa & cie

Rien ne va plus à l’approche du réveillon : les 92 000 lutins chargés de fabriquer les cadeaux des enfants tombent tous malades en même temps ! C’est un coup dur pour Santa (Claus), plus connu sous le nom de Père Noël… il n’a pas le choix : il doit se rendre d’urgence sur Terre avec ses rennes. C’est peut-être le plus beau rôle que le réalisateur Alain Chabat offre à Alain Chabat l’acteur. Cet improbable Père Noël est à côté de ses pompes, fantasque et capricieux. Chabat réalisateur a une âme d’enfant, pour le meilleur (Astérix et Obélix : Misson Cléopâtre) et pour le pire (Sur la piste du Marsupilami), et Noël est le terrain de jeux cinématographique idéal pour laisser vaguer la fantaisie, la magie et l’espièglerie. La magie est celle de Montmartre, de Méliès et du grand cinéma populaire. Tout devient ludique, les jouets inventés pour l’occasion, les mots, les décors, les situations écrites sur mesure pour des acteurs qui s’amusent à enrichir le film de leur propre fantaisie. Poétique, généreux, hilarant, contemporain et atemporel, Santa & Cie se révèle être une délicieuse gourmandise à partager en famille. 

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7 – Miracle sur la 34e rue

Les puristes feront une crise cardiaque. Gneu gneu, miracle sur la 34e rue c’est le film de 1947, pas de 1994. Mais il s’agit ici du sélectron des films de Noël, pas des films en noir et blanc de Noël. Et puis on veut mettre en avant cette actualisation un peu décriée du classique de 47. Un peu avant Noël, le Père Noël, fatigué par son métier, débarque incognito en plein New York. Il est vite repéré par une responsable de Cole, l’un des deux grands magasins de jouet de la ville, qui veut le recruter comme Père Noël. Santa finit par accepter. Très vite, les ventes de Cole s’envole, alors que le vieil homme tisse des liens avec Dorey, la femme qui l’a recruté, et sa fille, ainsi que Bryan Bedford, jeune avocat talentueux secrètement amoureux de Dorey, veuve. Mais très rapidement, le concurrent de Cole accuse leur Père Noël d’être un fou qui prétend être le vrai locataire du Pôle Nord. S’ouvre alors un procès pour lequel New York s’engoue, où le Père Noël doit prouver son identité. Un magnifique film qui porte aussi sur la foi, mais qui donne une réponse aussi belle que désespérée : peut-être que la foi se trompe, mais il est nécessaire pour accomplir le moindre acte de valeur de croire qu’elle ne se trompe pas.


6 – Maman, j’ai raté l’avion !

Qu’il est con ce Kevin ! Avant que Macaulay Culkin ne finisse sous coke (et sous les draps de Michael Jackson) il est difficile de ne pas avoir été attendri par son minois culte et irrésistible, qui a fait le bonheur de notre enfance. Même si le scénario est encore plus irréaliste que Madame Doubtfire, on est quand même pris au jeu et attendons toujours avec une sadique impatience la scène finale ou les cambrioleurs se prennent la raclée de leur vie (même si on aurait apprécié que les sévices durent davantage). Ce film jubilatoire reste néanmoins une belle histoire de Noël bien traditionnelle (voir un peu réac) comme on les aime : la famille, quoi de plus important ?


5 – Le drôle de Noël de Mr Scrooge

Cinq ans après le pôle express, Zemeckis réinstalle le sapin, et pas n’importe lequel. Il s’attaque au Christmas Carol de Dickens, la nouvelle du mitan du XIXe siècle qui a contribué à créer l’engouement moderne pour  Noël. Après le succès du pôle, Zemeckis était attendu au tournant avec un nouveau long-métrage d’animation sur Noël. Le moins que l’on puisse dire est que l’on n’est pas déçu. Servi par un Jim Carrey excellent comme à son habitude, l’adaptation de Zemeckis apporte une excentricité, une folie qui se marie parfaitement à la nouvelle de Dickens. On s’émerveille des tours de Zemeckis, par l’imagination foisonnante qu’il déploie pour imager Dickens. Le fond est restitué avec brio, on est ému aux larmes par la renaissance de l’avare Ebenezer Scrooge, visité le soir du réveillon par les fantômes des Noël du passé, du présent et du futur. La magie de Noël distillée pure, celle de l’amour du prochain. Du grand art de la part de Zemeckis, encore.


4 – Family man

Ce film né la même année que le troisième millénaire a convaincu aussi peu que lui. Et c’est dommage. Il s’agit dans ce long-métrage de Nicholas Cage, aka Jack Campbell, golden boy tout ce qu’il y a de doré à Wall Street, riche à millions, tombeur, golfeur etc. Le soir de Noël, il sauve la vie d’un épicier victime d’un braquage. Or ce braquage était un test, et le braqueur en fait un elfe du père Noël qui annonce à Jack qu’il gagné un cadeau. Le lendemain, Jack ne se réveille pas chez lui mais dans un pavillon de la grande banlieue de New York, avec deux mômes surexcités à l’idée d’ouvrir leurs cadeaux qui sautent sur le lit, et à l’intérieur des draps Kate, son premier amour qu’il a quittée à vingt ans pour s’engager à fond dans sa carrière. En fait, Jack a reçu comme cadeau un aperçu d’une vie alternative, celle qu’il aurait eue s’il avait choisi Kate contre la finance. Jack est d’abord affligé, ses costumes sont troués, il vend des pneus, son nourrisson lui urine dessus quand il change ses couches. Petit à petit, Jack retrouve cependant le chemin de son premier amour, réalise à quel point il a laissé passer le meilleur de sa vie avec Kate. Alors oui, encore un film de Noël sur la famille et la campagne contre l’argent et la ville. L’archétype du film de Noël américain. Mais celui-ci ajoute le sourire désarmant de Tea Leoni, et la nostalgie insurmontable du premier amour. Y a-t-il quoi que ce soit d’autre qui compte ?

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3 – Love Actually

Eh non, vous n’y couperez pas. Encore une preuve que l’on peut faire un excellent film de Noël sans gros monsieur barbu en fourrure rouge. Le réalisateur Richard Curtis ne nous a pourtant pas offert que des joyaux, puisque c’est lui qui se cache derrière la bouseuse saga Bridget Jones. Enfin après ça, en 2003, le chef d’œuvre, sans prévenir. Oui chef d’œuvre, non, ce n’est pas usurpé. Love Actually, ce sont les portraits croisés de plusieurs Londoniens, du Premier ministre à l’écolier, qui connaissent tous une vie sentimentale troublée alors que Noël approche. L’amour les fuit, ils sont terriblement humains, terriblement vulnérables, tiraillés entre leurs faiblesses et leur idéal. Et puis finalement, la magie de Noël opère. Tous les destins se rejoignent lors de la pièce de Noël de l’écolier, le Premier ministre embrasse enfin sa secrétaire, la popstar vieillissante sur le retour renoue avec les premières places des charts, le mari infidèle retrouve sa femme… C’est simple, c’est beau, c’est Noël et ça se regarde vers le 23 décembre cachés sous les draps avec son amoureuse, servi avec une grande tasse de chocolat chaud.


2 – Le Pôle express

De la magie pure. La rédaction s’est écharpée de longues semaines pour savoir quel film occuperait la première place de ce sélectron. Le Pôle express a perdu cette bataille. Cela tombe bien, les meilleurs perdent toujours, c’est la grande leçon de l’histoire de France. De la magie pure disions-nous, le rêve de l’enfance enfin réalisé : dans la nuit du 24 au 25, archétype de nuit surnaturelle, le surnaturel jaillit enfin. Un train hurle dans votre paisible quartier pavillonnaire. On vous dit qu’il va au Pôle Nord. Vous avec l’âge où l’on commence à ne plus y croire, alors vous refusez d’abord de monter, et puis la curiosité l’emporte, vous y êtes. Vous arrêtez le train pour faire monter un enfant abandonné, vous dévalez en ski ses toits avec un fantôme, vous le guidez parmi les troupeaux de caribous et les lacs gelés. C’est l’aventure ! Vous y rencontrez surtout une jeune fille dont l’esprit de Noël immaculé fouette votre doute permanent, et cet enfant abandonné de Noël, qui pose la question éternelle de l’injustice. Une fois au Pôle Nord, alors que les grelots du père Noël tintent dans la foule des elfes, il vous faudra enfin donner une réponse à votre doute, et cette réponse changera votre vie à jamais.

Zemeckis nous offre à la fois le fantasme absolu de l’enfance, partir au Pôle Nord le soir de Noël,  une œuvre contemplative qui dissémine de délicieux instants de poésie hors-du-temps, et un film authentiquement chrétien sur le combat de la foi et du doute où la première triomphe toujours, sur la rédemption et la richesse de la pauvreté de coeur. On en veut pour tous les Avent de notre vie.


1 – La vie est belle

Le décès de son père oblige Georges Bailey à reprendre l’entreprise familiale de prêts à la construction, qui permet aux déshérités de se loger. Il entre en conflit avec l’homme le plus riche de la ville, qui tente de ruiner ses efforts. Au moment où il approche de la victoire, il égare les 8 000 dollars qu’il devait déposer en banque. Le soir de Noël, désespéré, il songe au suicide. C’est alors que le Ciel dépêche à ses côtés un ange de seconde classe, qui pour gagner ses ailes devra l’aider à sortir de cette mauvaise passe… « C’est un film qui dit à ceux qui ont perdu le goût de vivre, à ceux qui ont perdu courage, à ceux qui ont perdu leurs illusions, au pochard, au drogué, à la prostituée, à ceux qui sont derrière des barreaux de prison et à ceux qui sont derrière des rideaux de fer, qu’aucun homme n’est un raté ! » racontait Franck Capra dans ses mémoires. Le film de Noël parfait, encore plus important en ces temps étranges, sans âge comme tous les chefs d’oeuvre dont la magie et le mystère ne s’étiolent jamais. Si La Vie est belle se hisse au sommet de ce sélectron, c’est parce que Capra est un génie et que James Stewart est bouleversant mais surtout parce qu’il raconte quelque chose de l’invisible, la foi comme cadeau du ciel.


Bonus : Le père Noël est une ordure

Non, nous ne pouvions pas exclure totalement le cinéma français de ce top. Et pourtant, comme cette dernière place l’indique, force est de constater que le 7e art hexagonal ne brille pas par son esprit de Noël. La comédie de Jean-Marie Poiré adaptée en 1982 d’une pièce du Splendid avec les acteurs de cette troupe eux-mêmes est d’ailleurs le moins noëlien des longs-métrages de ce classement, car on ne sait si l’espoir de Noël s’y niche. Tout est en effet bien noir dans cette comédie au rire jaune. On est le soir du réveillon à la permanence de l’association SOS amitié, qui écoute et aide les personnes esseulées. Les personnages de Thierry Lhermitte et d’Anémone (la fameuse Thérèse que l’on em… brasse, et pas que) sont de garde, et tous les désespérés de la région parisienne leur rendent visite. Le voisin du bas bulgare les mains pleines de doubichous roulés sous les aisselles, Christian Clavier en travesti ambiance mélancolie fin de soirée mascara sur les joues, Jugnot et Chazel en couple prolo main lourde gâchette facile, un bordel pire que l’enterrement de vie de jeune fille de votre femme quoi (d’ailleurs elle me dit de transmettre ses excuses pour les douze gogo-danseurs hawaïens en tanga). C’est la misère sociale nue, sans larmes de crocodiles. Non les miséreux ne sont pas d’innocentes victimes, ils sont tout aussi méchants que les favorisés, et c’est encore plus déchirant. Un film intelligent donc, sombre et cruel sous les rires, où ceux qui cherchent un peu de chaleur de Noël ne trouvent que des ascenseurs en panne et des formulaires imbittables de la sécu. Voilà le reproche que l’on adresse à cette œuvre par ailleurs d’excellente facture, ne jamais laisser entrevoir la lumière de Noël qu’en creux, comme un manque. Mais enfin, une grande tragi-comédie que Molière regarde probablement avec un peu de tendresse.

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