Qui dit « woke », dit-il vraiment « éveillé » ? À l’opéra plus qu’ailleurs le mot semble trompeur. Voici que l’Anglaise Netia Jones, metteure en scène très acclamée dans son pays, nous sert du Mozart à la sauce féministe, avec un résultat on ne peut plus soporifique. Fade jusque dans le propos idéologique, sa nouvelle production des Noces de Figaro au Palais Garnier est d’un ennui mortel. Le comble, pour un « opera buffa » où il ne devrait pas y avoir un instant de répit, pur chef-d’œuvre d’horlogerie comme seul le XVIIIe siècle, tellement plus drôle et brillant que le nôtre, en avait le secret. Ni l’analyse appuyée des conflits homme-femme, ni la mise en abyme prétendument originale – mais combien de fois déjà vue – dans les coulisses d’un théâtre, ne suffisent à entrainer le public dans quelque chose qui ressemble au tourbillon d’une « folle journée ».
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La direction d’acteurs peu inventive, souvent statique, ne peut qu’aboutir à un spectacle manquant de vitalité. C’est à peine si l’on arrive à se contenter de la musique. La distribution ne convainc que du côté des hommes : Comte noble et arrogant de Peter Mattei ; Figaro viril, plein de panache de Luca Pisaroni; Bartolo autoritaire et théâtral de James Creswell. En revanche, les protagonistes féminins révèlent des voix trop légères, du soprano de Maria Bengtsson, Comtesse à l’incarnation froide et prosaïque, à ceux d’Anna El-Khashem (Suzanne) et Léa Desandre (Chérubin). On aimerait saluer la direction de Gustavo Dudamel, mais à force de privilégier l’équilibre et la transparence, lui-même finit par rater la pulsation du théâtre.
LES NOCES DE FIGARO, opera buffa en quatre actes de WOLFGANG AMADEUS MOZART, livret de Lorenzo Da Ponte – Orchestre et Chœur de l’Opéra national de Paris – Gustavo Dudamel, direction musicale – au Palais Garnier jusqu’au 18 février – billets sur operadeparis.fr





