Skip to content

Stéphane Le Rudulier (LR) : « Je ne veux pas que la France devienne une juxtaposition de communautés »

Par

Publié le

22 décembre 2022

Partage

Le sénateur LR Stéphane Le Rudulier vient de proposer de modifier la loi de 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État, afin de préserver les crèches et traditions immémoriales de la nation française.
Le-Rudulier

Avec 20 autres sénateurs, vous avez proposé une modification de la loi de 1905 : pourquoi était-ce important pour vous et quels sont les articles concernés ?

Il s’agit de l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905. C’est sur cet article que se fonde le juge administratif pour traiter des litiges concernant la remise en question du principe de neutralité et également juger de l’importance à accorder aux traditions et symboles des racines chrétiennes de la nation.

Cette proposition de loi a vocation à préciser l’article 28 : nous n’y faisons qu’ajouter les dispositifs nécessaires à la présence temporaire de crèches, de santons, de galettes des rois et d’œufs de Pâques. C’est une phrase qui est complétée pour éviter les variations de jurisprudence. Chaque année depuis au moins sept ou huit ans, plusieurs collectivités et communes sont attaquées par des collectifs dans le cadre notamment d’installations de crèches dans des établissements publics comme la mairie.

Chaque année depuis au moins sept ou huit ans, plusieurs collectivités et communes sont attaquées par des collectifs dans le cadre notamment d’installations de crèches dans des établissements publics comme la mairie.

En fonction de la juridiction, on a des décisions parfois contraires. On l’a vu récemment avec les mairies de Béziers et Perpignan. Le juge a demandé le démontage des deux crèches alors même qu’en 2016 et 2017 il avait confirmé que la crèche n’était pas une expression religieuse mais qu’elle faisait partie de la culture, des traditions et des racines de la France.

Le but est donc de limiter toute interprétation abusive du juge. Voilà pourquoi nous avons proposé cette modification de loi tout en respectant le principe de neutralité qui est le point cardinal de notre droit.

Lire aussi : Julien Sanchez : « L’État commet un acte grave en s’attaquant à nos crèches »

Que qualifiez-vous de traditions immémoriales de la France et comment distinguer ce qui relève du culte et ce qui relève de la tradition ?

La tradition immémoriale, c’est lorsqu’on ne se souvient plus clairement l’origine des crèches de Noël ou des galettes des rois : alors, on considère qu’elles tombent dans le domaine culturel. C’est un héritage qui appartient à l’Histoire.

Je pense que Noël a quitté depuis longtemps le seul domaine du cultuel, celui de la religion. C’est la raison pour laquelle il est aujourd’hui rentré dans le domaine culturel, celui de notre civilisation. Quand chaque Français installe son sapin de Noël chez soi, je ne pense pas que pour tous ce soit parce qu’il est de confession catholique, protestante ou orthodoxe. C’est la raison pour laquelle je pense qu’il était nécessaire de faire cette proposition.

Quand la loi est imprécise, elle laisse souvent libre cours à l’interprétation des juges ; autant que le législateur la précise.

On le voit bien, depuis quelques années, certains essayent de remettre en cause notre héritage, nos traditions, notre culture, nos racines et laisser la décision dans la main des juges de maintenir ou démonter une crèche me paraissait un peu aberrant. Quand la loi est imprécise, elle laisse souvent libre cours à l’interprétation des juges ; autant que le législateur la précise. C’est tout l’objet de cet article 28 qu’on veut compléter puisqu’on considère que les crèches, les œufs de Pâques, les galettes des rois sont, au regard de leur histoire, des traditions immémoriales inscrites dans notre patrimoine culturel.

Est-ce une manière pour vous de vous attaquer au mouvement woke qui tente de déconstruire ce qui fait l’identité de la France ?

Bien sûr ! Je pense que notre droit est aussi là pour protéger notre identité culturelle tout en préservant le principe de laïcité. La proposition de loi ne remet aucunement en cause ce principe. Cependant, il y a effectivement des gens qui veulent vider l’espace public de toutes références culturelles et identitaires.

Cependant, il y a effectivement des gens qui veulent vider l’espace public de toutes références culturelles et identitaires.

Si ce mouvement-là se confirme, on risque de créer un appel d’air pour tous les communautarismes. Je ne veux pas que la France devienne une juxtaposition de communautés. Je pense que nous avons un héritage, un patrimoine et une identité commune qu’il convient de défendre et de préserver absolument.

Vous avez apporté votre soutien au maire de Béziers qui a été contraint de retirer la crèche de la mairie. Pourquoi était-ce important pour vous ?

Oui, sans polémique aucune. Sur ce sujet, on peut soutenir un maire et ce quelle que soit sa couleur politique. C’est vraiment un domaine transpartisan. Les décisions juridictionnelles ne peuvent pas varier. C’est pour cela que la loi doit vraiment préciser ce qu’elle entend effectivement comme racines culturelles.

Lire aussi : Edwige Diaz : « La surpopulation carcérale est due à la surreprésentation des personnes de nationalité étrangère »

Pensez-vous que cette proposition a de réelles chances d’être adoptée ?

À l’heure actuelle, nous sommes à plus de 30 cosignataires. On voit très bien que c’est quelque chose qui tient à cœur au législateur ou en tout cas à une partie des parlementaires. Je pense que même si elle n’est pas débattue dans les jours ou dans les semaines à venir, il conviendra de reposer calmement les bases du principe de laïcité et de cette loi de 1905.

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest