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Jean-Paul Garraud : « C’est la première fois dans l’Histoire qu’un peuple favorise sa propre submersion migratoire »

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Publié le

12 mai 2023

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Président de la délégation française du groupe ID au Parlement européen, Jean-Paul Garraud a imposé, ce mercredi 10 mai, un débat sur le pacte de la migration et de l’asile. De quoi faire grincer les dents des opposants immigrationnistes. Entretien sans langue de bois.
JOPG

Pouvez-vous rappeler ce qu’est le pacte de migration et d’asile ?

Le pacte de la migration et d’asile est un texte élaboré au Parlement européen. Il a vocation à s’appliquer avant la fin du mandat européen en cours. Avant 2024. C’est un ensemble de textes. Je ne vais pas rentrer dans les détails car comme tout ce qu’il se passe au Parlement européen c’est très complexe. Nous sommes en plein dans l’actualité puisque le chancelier Scholz, pas plus tard qu’hier, nous a indiqué qu’il souhaitait absolument que ce pacte s’applique avant la fin 2024. C’est un document qui s’imposera à tous les pays membres. Ce même chancelier s’est adressé à nous en indiquant qu’il voulait en finir avec la règle de l’unanimité pour adopter la règle de la majorité. Finalement, leur but est d’aller à l’encontre des opposants. En clair, on assiste à la fin de la souveraineté des États membres. L’UE cherche à contourner les oppositions comme la Hongrie ou la Pologne qui sont les fers de lances de la résistance.

En France, on ignore la réalité de ce phénomène et notre Gouvernement amuse la galerie avec ce projet de loi immigration qui arrive un jour et repart le lendemain. La question cruciale n’est pas ce petit projet de loi franco-français mais bien ce pacte d’asile et de migration. Par exemple, il faut bien comprendre qu’il va y avoir un coordinateur – désigné par la commission – chargé de répartir des migrants à l’échelon européen. Ainsi, il confisquera aux pays membres, leur maitrise de la politique migratoire. La France est tout à fait d’accord avec cela. Autre phénomène à souligner, nous avons un ministre de l’Intérieur qui joue les gros bras et qui donne des leçons à Madame Meloni alors que tous les députés macronistes, ici au Parlement européen, votent comme un seul homme ce pacte qui conduit à l’arrivée de 70 millions de migrants.

Lire aussi : [Enquête] Comment l’UE veut imposer sa politique migratoire

Pourquoi est-ce un sujet crucial selon vous ?

Il est évidemment crucial pour nous car au Rassemblement national, nous avons toujours soutenu une Europe qui reste fidèle à ses fondamentaux. Au moment de la création de l’union européenne, il n’était pas question d’abandonner la souveraineté de la France. Dans le cadre de ce pacte, nous sommes dans une phase qui va bien au-delà du fédéralisme et nous le regrettons. Nous ne voulons pas d’une Europe supra-étatique, totalitaire dans le sens où elle a une idéologie. Nous ne voulons pas non plus d’une Europe qui a la volonté de s’élargir sans arrêt, avec un raisonnement mondialiste, standardisée et interchangeable. L’Europe d’aujourd’hui ne laisse plus la place aux identités des pays. Je le regrette.

C’est une politique immigrationniste volontaire qui se met en place. Ce n’est pas du laxisme ou une fuite des politiques devant leurs responsabilités. La commission européenne l’a dit. Pour elle, il faut une population extérieure pour des raisons démographiques. Leur objectif est de faire évoluer la population quitte à la changer. Je n’ai pas utilisé le terme de Grand remplacement mais on s’est compris… Prenons l’exemple malheureux de Mayotte, ce qu’il se passe aujourd’hui là-bas se passera en métropole demain si nous ne faisons rien.

Quelle devrait être la politique migratoire européenne et en l’espèce, quelle sera-t-elle ?

La politique migratoire européenne devrait être l’inverse de ce qu’elle est aujourd’hui. C’est la première fois dans l’Histoire qu’un peuple – européen en l’occurrence – favorise sa propre submersion migratoire. C’est du jamais vu. On encourage les gens de l’extérieur à venir et à s’installer chez nous alors que nous avons bien d’autres possibilités. L’immigration de masse n’est ni une fatalité ni une solution.

Il est urgent de stopper cette immigration. Nous pourrions mettre en place des politiques migratoires comme celles en vigueur en Australie ou au Danemark. Ce sont des pays sociaux-démocrates, on ne peut pas les taxer d’extrémistes. Il faut une politique beaucoup plus forte sur l’acquisition de la nationalité, une externalisation des demandes d’asiles, des accords avec les pays de départs, l’abandon du droit du sol, couper les aides etc. Voici toute une série non exhaustive de solutions à mettre en place. Tout ceci fait partie d’un ensemble. Il faut avoir la volonté politique de l’installer.

L’immigration de masse n’est ni une fatalité ni une solution.

Jean-Paul Garraud

Aussi, pour résoudre les problèmes démographiques que connaissent de nombreux pays occidentaux, il est nécessaire de redonner confiance par une politique familiale et une grande réforme du marché du travail. Je pense qu’il faut revaloriser le travail. L’immigration de masse elle, le dévalorise. Le Gouvernement nous parle des « métiers en tensions » mais faire venir des gens de l’extérieur pour faire ces métiers, ce n’est rien d’autre que d’esclavage moderne. En réalité, ces gens-là vont se retrouver dans de terribles conditions.

Si l’on supprime les pompes aspirantes de l’immigration, il n’y aura plus de drame en Méditerranée. Par exemple, en Australie, lors du pique migratoire de 2015, il n’y a pas eu un seul mort. De plus, il faut arrêter de subventionner toutes ces ONG qui se rendent complices des passeurs et réformer Frontex pour qu’elle redevienne une agence de garde-côtes et de garde-frontières. Il faut recruter de nouveaux garde-côtes plutôt que des officiers des droits fondamentaux comme le fait la commission européenne.

Ce mercredi 10 mai, vous avez imposé le débat au Parlement européen. Sans surprise, la gauche l’a boycotté…

Nous avons exigé et imposé ce débat public au cours duquel j’ai pu, avec d’autres orateurs, exposer tout cela dans l’hémicycle. La gauche et l’ensemble des élus du Parlement n’avaient jamais vu une telle manifestation. Nous avons pu évoquer l’ensemble de ces sujets. Les verts et la gauche ont boycotté les débats en refusant de s’y rendre.

Lire aussi : Immigration : nos chers voisins

Plus étonnant encore, Madame Johansson la commissaire chargée des sujets migratoires n’est même pas venu. Ils ont envoyé le commissaire chargé des agricultures ! Pour rappel, Madame Johansson s’était fait remarquer en tricotant pendant les débats. Là, elle a arrêté de tricoter puisqu’elle ne vient même plus. Je vais sûrement écrire à la Présidente du Parlement pour indiquer que c’est une offense à la démocratie et dénoncer le fait que la commission n’envoie pas la personne adéquate pour assister aux débats.

Avez-vous des alliés français et européens ?

Côté français, en dehors du groupe ID (Identité et démocratie) et Rassemblement national, on attend quelque fois un peu plus de soutiens. On connaît bien Nadine Morano, François-Xavier Bellamy et les autres. Sur certains points, ils votent avec nous, sur d’autres pas. Ce n’est pas très net. Côté européen, nous avons beaucoup de points communs avec le groupe ECR (European Conservatives & Reformists), les élus non-inscrits et naturellement les Hongrois du groupe Fidesz. J’ai d’ailleurs été reçu par la ministre de la Justice hongroise, Judit Varga pour évoquer beaucoup de choses que nous avons en commun.

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