Maxime d’Aboville est autant acteur qu’écrivain et quand il compose une pièce, il est capable d’en interpréter tous les rôles, dans des one man show époustouflants où son énergie permet de faire revivre des œuvres oubliées de nos contemporains, par exemple le Journal d’un curé de campagne de Bernanos, magnifiquement adapté et interprété en 2010. Cette fois-ci, d’Aboville s’attaque à Napoléon après avoir brillamment faire revivre les heures sombres de la Révolution française. Dans cette saga historique, l’auteur veut donner chair à l’histoire, la rendre vivante aux yeux du public, en effaçant la distance que le temps a imprimée. « L’histoire est une résurrection de la vie intégrale » disait Michelet ; il s’agit moins d’en rendre compte avec l’exactitude des érudits qui dissèquent le corps d’un mort que de lui redonner vie par la force du verbe et la puissance de l’émotion transmise.
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Sur ce plan, l’ambition de Maxime d’Aboville est pleinement réussie. Avec Napoléon, on entre dans la vie du géant de notre histoire par le souffle épique et littéraire des grands écrivains du xixe siècle qui ont nourri sa légende. L’auteur donne la part belle à Chateaubriand mais cite également Hugo – sur Waterloo – et Dumas. On peut ainsi suivre l’empereur, de la campagne d’Italie jusqu’à Sainte-Hélène là où se termine l’épopée et où commence la légende. « Sauf pour la gloire, sauf pour l’art, disait Bainville, il eût probablement mieux valu qu’il n’eût pas existé ! » Avec d’Aboville, on est dans ce registre de la gloire et de l’art.
Napoléon de Victor Hugo, François-René de Chateaubriand, Léon Tolstoï, Jean d’Ormesson, mis en scène par Maxime d’Aboville. Avec Maxime d’Aboville Le lundi à 19h00, au Théâtre de Poche Montparnasse, jusqu’au 4 janvier 2027.




