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Toby Young : « Macron est un soutien actif de Boris parce qu’il souhaite la sortie du Royaume Uni de l’UE »

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@L'Incorrect

Boris Johnson ? « A marmite figure », écrivait, il y a peu, le journaliste Toby Young. La marmite, c’est cette pâte à tartiner noire, au goût prononcé, typiquement british, que les Anglais adorent ou exècrent. Toby Young est un journaliste conservateur, rédacteur en chef londonien du magazine Quillette. Il connaît Boris Johnson depuis 35 ans. Ils se sont rencontrés, étudiants, à Oxford, ils ont été journalistes ensemble à l’hebdomadaire The Spectator. Dans un exercice de questions/réponses concis, il nous livre son point de vue sur la personnalité du Premier Ministre, sa méthode, son programme.

 

Boris Johnson est-il un homme de convictions ou plutôt un habile politicien ?

 

Il est sans aucun doute un politicien de talent ce qui ne l’empêche pas d’avoir de solides convictions. Il est profondément patriote et conservateur par nature.

 

Boris Johnson est-il fou et incontrôlable, comme le suggèrent les médias ?

Non, il n’est pas fou. Il est spontané, c’est différent.

 

Il a été qualifié de sexiste, raciste, islamophobe. Pourquoi ?

Pendant la campagne, les « archéologues du politiquement correct » ont été déterrer des choses qu’il avait écrites dans le passé. Cela ne lui a pas nui, ce qui est rassurant.

 

Quelles sont ses principales qualités ?

Il est intelligent, rapide, charmant, charismatique, pragmatique, drôle, cultivé, instruit, excellent orateur, déterminé, sûr de lui, solide, direct.

 

Le fait d’être une personnalité sur-dimensionnée, parfois outrancière, joue-t-il en sa faveur par les temps qui courent ?

Indéniablement. Boris a réussi à canaliser et à contenir la révolte populiste sans retourner la table.

 

Pendant la campagne, il a sillonné le pays et semblait apprécier le contact avec son peuple. Est-il populaire ?

Il est populaire auprès d’un quart de la population, détesté par un autre quart et toléré par la moitié restante.

 

Est-il très anglais ?

Un quart Turc, autrement dit très anglais.

 

Est-il un bon négociateur ?

Il a convaincu l’UE de renégocier l’accord de retrait.

 

Quelle est sa relation avec Nigel Farage ?

Je pense qu’il le voit comme l’oncle embarrassant.

 

A-t-il été un ministre des Affaires Etrangères compétent ?

Non.

 

Son gouvernement promet d’augmenter le salaire horaire minimum, le budget de la NHS (National Health Service), les investissements dans les infrastructures de transport pour désenclaver le Nord du pays. Une explosion des dépenses publiques. Boris Johnson est-il plus proche de Tony Blair ou de Margaret Thatcher ? On parle d’un torysme rouge…

Je pense qu’il va pencher à gauche sur les questions économiques et à droite sur les questions régaliennes. Blair était d’une gauche modérée dans les deux domaines.

 

Qui sont ses plus proches conseillers ? Dominic Cummings et Isaac Levido sont les deux noms qui ont dominé la campagne des législatives. (Dominic Cummings, stratège du Brexit depuis 2016, est l’auteur des slogans « Take back control » puis « Get Brexit done ». L’australien Isaac Levido est l’artisan de la victoire des conservateurs en Australie.)

Isaac est venu prêter main forte pour les législatives. Dominic, lui, va sans aucun doute rester le plus proche conseiller du Premier Ministre pour les années à venir.

 

Boris Johnson promet une sorte de big bang de l’exécutif, une restructuration en profondeur de l’ensemble des ministères. C’est faisable ?

Mark Sedwell, le Chef de la Fonction Publique est un allié de Dominic Cummings. Ensemble, ils sont en mesure de mener cette réforme du service public. Le modèle de référence de Dominic Cummings, c’est le programme Apollo (les techniques de management mises en place à la NASA par George Mueller entre 1963 et 1969 pour emmener le premier homme sur la Lune). Cummings s’en explique abondamment dans son blog.

 

La promesse d’un Royaume Uni zéro-carbone en 2050 est-elle sérieuse ou démagogique ?

Je pense qu’il envisage sérieusement cet objectif. Cela dit, établir un objectif à trente ans de là ne l’engage pas plus que ça.

 

Dans un discours au lendemain de l’attentat du London Bridge de novembre dernier, Johnson promettait d’abord de combattre le changement climatique, ensuite de combattre le terrorisme. La lutte contre la menace islamiste n’est-elle pas la priorité des priorités ?

Non, je pense que le changement climatique sera la priorité. La menace islamiste sera moins forte une fois que nous aurons quitté l’UE et mis fin à la liberté de circulation.

 

Theresa May était en première ligne sur les politiques d’égalité et de diversité. Boris Johnson est-il dans le même état d’esprit ?

Cela reste à voir.

 

Est-il la bête noire du showbiz ?

Il n’est pas aimé des cabots, mais pas moins qu’aucun autre Tory. Cate Blanchett était au QG du Parti Conservateur le soir de l’élection et félicitait Boris Johnson.

 

Que vaut la comparaison avec Donald Trump ?

Elle est erronée. Boris est un conservateur libéral, pro-immigration, pro-mariage gay, pro-avortement.

 

Quelle est sa relation avec la France, et particulièrement avec Emmanuel Macron ?

Macron est un soutien actif de Boris parce qu’il souhaite la sortie du Royaume Uni de l’UE pour renforcer la domination de la France.

 

Propos recueillis par Sylvie Perez

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