La Lituanie, ça a l’air moyennement marrant. Quant à la campagne lituanienne, elle est carrément sinistre. La jeune réalisatrice Saule Bliuvaite n’a pas son pareil pour filmer ses congénères avec une distance glaciale, les emprisonnant volontiers dans un cadre fixe qui flirte avec l’économie de moyens du documentaire – tout en rappelant les premiers pas d’Harmony Korine dans Gummo, avec qui elle partage cette faculté de capter tous ces moments d’intense vacuité qui frappent la jeunesse. Et en particulier ces adolescentes lituaniennes trop grandes et trop belles pour leur âge, qui se destinent sans trop savoir pourquoi à des carrières de mannequinat.
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Saule Bliuvaite n’y va pas avec le dos de la cuillère et filme ses actrices comme de la viande sous cellophane, rappelant à qui veut l’entendre que le mannequinat est peut-être encore pire que la prostitution, puisque c’est bien l’image – donc l’âme – qu’on y dévore. Toxic impose sa réalisatrice jusque dans ses moments les plus trash.
TOXIC (1 h 39), de Saule Bliuvaite, avec Vesta Matulyte, Ieva Rupeikaite, Egle Gabrenaite, en salles le 16 avril.





