Depuis l’arrivée au pouvoir en 2010 de Viktor Orbán, le centre géopolitique de l’Europe centrale s’est déplacé à Budapest, et la Hongrie est en permanence au centre de l’attention des observateurs politiques continentaux (et au-delà).
Le concept d’« illibéralisme », ou ?une manière plus générale la recomposition idéologique entre les mondialistes et les patriotes, est donc mis en œuvre depuis 2010 entre la Tisza et le Danube. Histoire et géographie aidant, le concept fait tache d’huile dans la région et principalement en Slovaquie voisine. Ce pays, également membre de l’Union européenne depuis 2004, est désormais arrivé à la phase finale de sa recomposition politique et ceci après un certain nombre ?évolutions sociétales et électorales.
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Dès 2012, certains commençaient à nommer le Premier ministre (récemment revenu au pouvoir) Robert Fico comme un « Orbán de gauche ». Ils n’avaient pas saisi, jusqu’au début de l’actuelle décennie, que cet adjectif n’obéissait qu’à un vieux clivage droite/gauche de plus en plus désuet. En 2016 après des législatives très disputées, M. Fico forme une coalition avec un petit parti nationaliste : le SNS (en attente de statut d’observateur au supra-parti européen ID – comme le Rassemblement national) mais aussi avec un des deux partis conservateurs de la minorité hongroise, le Most-Hid (affilié au PPE) mais curieusement représentant son aile la plus modérée. Le groupe de gauche au niveau européen (le S&D dont l’antenne française est désormais M. Glucksman) commence à tousser, et finira par expulser le parti SMER-SSD de M. Fico hors de leur supra parti européen.
Histoire et géographie aidant, le concept fait tache d’huile dans la région et principalement en Slovaquie voisine. Ce pays, également membre de l’Union européenne depuis 2004, est désormais arrivé à la phase finale de sa recomposition politique et ceci après un certain nombre ?évolutions sociétales et électorales.
Hormis la petite traversée du désert entre 2020 et 2023 qui aura vu la Slovaquie se doter d’un gouvernement quadripartite (regroupant des partis du centre droit à la droite « presque » nationale mais qui malgré tout explosera en vol assez rapidement), M. Fico revient au pouvoir au fur et à mesure que les lignes idéologiques poursuivent leur mutation entre un camp mondialiste (et son corollaire wokiste/atlantiste/va-t’en-guerre) et un camp patriote. Le concept de gauche et de droite n’existe presque plus ! Les libéraux sont les alliés des wokistes sociétaux les plus extrêmes et les patriotes regroupent pêle-mêle des anciens communistes (à l’ancienne), des nationalistes historiques et donc aussi les conservateurs de la minorité hongroise, toujours sensibles aux tendances avant-gardistes venues de Budapest, qui ont ostensiblement appelé, via leur leader Krisztián Forró, à voter pour le candidat patriote Peter Pellegrini lors de l’élection présidentielle slovaque qui s’est tenue début avril 2024. Il a triomphé du candidat libéral Ivan Kor?ok, ce dernier soutenu mécaniquement par les wokistes de « Slovaquie Progressiste » (Renew), les Chrétiens Démocrates, les ultra-libéraux du SaS et les conservateurs tièdes de l’ancien Premier ministre Matovi?.
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Sur un programme pacifiste, populaire, national et illibéral, Peter Pellegrini a su mobiliser lors du second tour tout le pays profond et authentique, hors de la capitale acquise aux woko-libéraux, et s’imposer largement sur son adversaire, parachevant ainsi la recomposition politique du pays des Hautes Tatra sur le modèle du nouveau clivage entre mondialistes déconstruits et patriotes identitaires.





