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Tueries à Southport : 1 coupable, 1000 arrestations

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Publié le

9 septembre 2024

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Le drame de Southport (Royaume-Uni) lève le voile sur les dysfonctionnements du pays : fléau des attaques au couteau, séparatisme islamiste, colère des classes populaires face à la submersion migratoire, divorce entre le peuple et ses gouvernants.

Elles n’attendaient que ça : le stage Taylor Swift, le 29 juillet, avec cours de danse et atelier de fabrication de bracelets. À Southport, cité balnéaire de la côte Ouest de l’Angleterre, au Nord de Liverpool, l’activité estivale, proposée en matinée pour des fillettes de 6 à 12 ans, affichait complet. Vingt-cinq inscriptions.   

Le jour dit, tandis que les fillettes dansent, un taxi s’arrête près du centre de loisir. En sort un garçon masqué. Il refuse de payer le chauffeur, part en courant puis erre quelques rues plus loin et, un peu avant midi, revient sur ses pas. Il entre dans le studio de danse armé d’un couteau de cuisine à lame recourbée et poignarde les fillettes l’une après l’autre. Deux d’entre elles meurent sur place. Dix enfants sont blessés dont huit grièvement. Deux adultes sont dans un état critique. C’est un carnage.

Les enfants ont été dispatchés dans trois hôpitaux de la région. Les témoignages affluent. Un passant a vu deux enfants blessés au sol ; il a pensé qu’ils avaient été renversés par une voiture dont l’aile était couverte de sang. En réalité, les enfants ensanglantés, en fuyant, étaient tombés contre le véhicule. Des petites filles avaient été poignardées à la nuque, dans le dos, à la poitrine.

La police a neutralisé l’attaquant sur les lieux de la tuerie. On apprend qu’il s’agit d’un garçon de dix-sept ans né à Cardiff. La presse rapporte les actes d’héroïsme de ceux qui se sont trouvés là. Les urgentistes étaient en larmes devant la férocité de l’attaque. Les animatrices du stage, toutes deux poignardées, dont une grièvement, ont réussi à mettre seize enfants à l’abri dans les toilettes. Un homme d’affaires dont les bureaux sont mitoyens, en entendant les cris, s’est précipité, a tenté de désarmer l’assaillant et a reçu un coup de couteau à la jambe. Un jeune laveur de carreaux qui passait par là en camionnette a porté secours à plusieurs enfants et aidé la police à localiser le tueur dans le centre de loisir.

Les Britanniques face à face

Horreur et stupeur. Le lendemain à l’aube, un troisième enfant meurt de ses blessures. Les fillettes tuées ont six, sept et neuf ans. La piste terroriste est écartée. Mais que s’est-il passé exactement ? Qui est ce « garçon de 17 ans né à Cardiff » ? Quelles sont ses motivations ?

Un tweet apporte des pistes : « Le suspect s’appelle Ali Al-Shakati. Ce serait un demandeur d’asile arrivé par bateau l’an dernier. Il était surveillé par le MI6. Si tout ça est vrai, ça va exploser. »

Tout ça est faux mais ça explose. Le tweet est vu par un million et demie de personnes. L’information est reprise. Des appels à manifester circulent sur les réseaux sociaux. Sur les affiches on lit « Trop c’est trop ! », « Sécurité pour nos enfants », « Mobilisation à Southport, 20h, le 30 juillet. » Dans l’après-midi, la population de Southport se réunit en silence devant la mairie. Mais à la nuit tombée l’atmosphère dégénère. Des gars mettent le feu à deux poubelles, lancent des briques et des bouteilles sur la mosquée locale, cassent les vitres d’une épicerie tenue par un Sri-Lankais.

Southport est une ville sans histoires de quatre-vingt-dix mille habitants dont mille musulmans. Le lendemain, les gens apporteront leur soutien à l’imam. Un vitrier va réparer gratuitement les fenêtres cassées de la mosquée. On offre des cafés aux policiers.

Lire aussi : Immigration : nos chers voisins

Mais le 31 juilllet, tout le pays s’embrase. À Hartlepool, des émeutiers s’en prennent aux forces de l’ordre, jets de projectiles, bouteilles, œufs. À Londres, des manifestants protestent devant Downing Street, résidence du Premier Ministre. À Manchester, on scande « nous voulons récupérer notre pays » (we want our country back). À Sunderland, un commissariat est incendié. À Bristol, la police lance les chiens contre les manifestants. À Belfast, on brûle des voitures. À Rotherham, des émeutiers s’en prennent à un Holiday Inn transformé en refuge pour demandeurs d’asile. Blackpool, Liverpool, Birmingham, Middlesbrough, Hull, Nottingham, Bristol… des manifestations anti-immigration se tiennent toute la semaine, dans trente-cinq villes. Cinquante policiers sont blessés.

Des contre-manifestants se mobilisent. La police s’interpose entre les cortèges. D’un côté les anti-immigrationnistes, les drapeaux de St-Georges (croix rouge sur fond blanc pour la nation anglaise) et le très pop Union Jack (étendard des trois régions Irlande, Écosse, Angleterre). En face, bien plus nombreux, les manifestants anti-extrême-droite, les banderoles antiracistes, les drapeaux palestiniens et les drapeaux antifa.

Des gangs armés patrouillent en criant Allah Akbar à Bolton, à Middlesbrough et à Birmingham où ils passent à tabac un gars qui se trouvait devant un pub.

La tension monte. Des gangs armés patrouillent en criant Allah Akbar à Bolton, à Middlesbrough et à Birmingham où ils passent à tabac un gars qui se trouvait devant un pub. Des Musulmans de  l’Est de Londres expliquent sur TikTok que si des fascistes se pointent dans le quartier, ils n’en ressortiront pas. De conserve, antifascistes et islamistes jurent de casser du nazi. Notre député France Insoumise Raphaël Arnault, par l’odeur de violence alléché, annonce sur X qu’il va faire le voyage à Londres : « Mode Jeune Garde activé -> Nazis hors de nos rues. » (tweet du 7 août 2024) Ricky Jones, conseiller municipal travailliste, crie au mégaphone : « Ce sont des nazi-fascistes infects, il faut leur couper la gorge et tous les éliminer. » Ambiance…

Violences systémiques

Quelques jours plus tôt, on était sous le choc de la barbarie de Southport. Désormais, l’indignation a changé de nature. On reprend la routine. Le danger, c’est le peuple d’extrême droite. Dimanche 4 août, le Premier Ministre travailliste Keir Starmer, en place depuis un mois, prend la parole : « Je condamne sans réserve la violence perpétrée par les voyous d’extrême-droite ce week-end. Je vous assure que ceux qui ont participé à cette violence seront poursuivis avec la plus grande sévérité. (…) Je vous le garantis : vous regretterez d’avoir participé à ce chaos, soit directement, soit en encourageant les débordements en ligne. (…) Ce ne sont pas des protestations, c’est de la violence organisée et cela n’est admissible ni dans nos rues, ni en ligne. Les gens dans ce pays ont le droit de vivre en sécurité et pourtant les communautés musulmanes ont été prises pour cibles, des mosquées attaquées, d’autres minorités montrées du doigt, des saluts nazis dans les rues, des attaques contre nos forces de police, de la violence gratuite assortie d’une rhétorique raciste. Donc, non, je n’hésiterai pas à appeler les choses par leur nom : violence d’extrême-droite. À tous ceux qui se sentent visés à cause de la couleur de leur peau ou leur religion, je sais combien cela peut être terrifiant. Je veux que vous sachiez que cette foule violente ne représente pas notre pays. Et nous les sanctionnerons. »

Lire aussi : Telford : la tyrannie « antiraciste » a mené à la « traite des blanches »

Les Britanniques ont le droit de vivre en sécurité. Le commentaire de Starmer est pertinent. La suite du propos est réductrice. Les membres de la communauté musulmane ne sont pas les seuls à avoir peur. Les attaques au couteau ont augmenté de 80% depuis 2015. Et, comme en France, toute la population redoute le terrorisme islamiste. On n’oublie pas les attentats : 7 juillet 2005 explosion dans les transports publics londoniens (52 morts, 700 blessés), 22 mai 2013 le soldat Lee Rigby est assassiné avec un fendoir de boucherie, 22 mars 2017 une voiture fonce sur les piétons sur le pont de Westminster (3 morts, 50 blessés), 22 mai 2017 bombe à clous au Manchester Arena pour le concert d’Ariana Grande (22 morts dont de nombreuses jeunes filles, 237 blessés), 3 juin 2017 un van fauche les piétons du London Bridge puis ses passagers sortent poignarder les passants à Borough Market (8 morts, 48 blessés), 20 juin 2020 attaque au couteau à Reading (3 morts, 3 blessés), 15 octobre 2021 meurtre du député David Amess, 15 octobre 2023 attaque au couteau à Hartlepool (1 mort, 1 blessé).

Des centaines de milliers de jeunes filles blanches de la classe populaire âgées de 11 à 16 ans, ont été droguées, violées en groupe, torturées par des gangs en majorité Musulmans d’origine pakistanaise.

Quant à l’affaire des grooming gangs qui s’est déroulée des années 1980 aux années 2020, le scandale est si gigantesque qu’on n’en mesure pas encore toute l’ampleur. Des centaines de milliers de jeunes filles blanches de la classe populaire âgées de 11 à 16 ans, ont été droguées, violées en groupe, torturées par des gangs en majorité Musulmans d’origine pakistanaise. 1400 victimes à Rotherham, 1000 à Telford… une trentaine de villes sont concernées avec un nombre total de victimes estimé à plus d’un demi-million. Les jeunes filles étaient invitées dans les kebab, promenées en voiture, puis saoûlées, droguées à l’héroïne, exploitées sexuellement. Services sociaux, forces de police et personnel politique ont détourné le regard de peur d’attiser les tensions raciales. Ravages des nobles causes… paralysés par le wokisme, ils ont laissé les jeunes filles aux mains de pédophiles d’une brutalité inouïe, qui ont agi dans l’impunité jusque très récemment.

Le trop-plein migratoire

Lorsque le Premier Ministre est venu porter des fleurs à Southport, le lendemain du massacre, il a été hué. Des habitants l’ont interpellé : « Combien d’enfants encore, Mr le Premier Ministre ? » Le Premier Ministre n’a pas répondu. Ou plutôt, si. D’une main de fer. Il a promis que seraient écroués émeutiers et manifestants.  

Mille arrestations. Descentes de police à l’aube. En quinze jours, 395 personnes sont jugées en comparution immédiate et sanctionnées : 251 pour atteinte à l’ordre public, 41 pour agression d’un service d’urgence, 32 pour possession d’une arme. Stacey Vint, SDF de 34 ans : 20 mois de prison. Nelson Morgan, soudeur à la retraite de 69 ans : 32 mois. Connor Whiteley, 26 ans, père de trois enfants, 3 ans. Steven Mailen, 54 ans, ex-directeur d’école, 26 mois. Donna Conniff, 40 ans, mère de six enfants, 2 ans. John Honey, 25 ans, délinquant récidiviste, 4 ans et 8 mois. Roger Haywood, 41 ans, 2 ans et six mois. David Wilkinson, 48 ans, 6 ans… La peine moyenne est de deux ans de prison ferme.

Parmi les condamnés, il y a ces racistes que le Premier Ministre a promis de punir. Il y a des vandales qui ont profité de l’agitation ambiante pour en découdre. Il y a des laissés pour compte. Et il y a ceux qui refusent le cours des choses.

Donna Jones, présidente de l’association des préfets de police, parle d’or. Dans un communiqué publié le 3 août, elle en appelle au calme et à la lucidité. Créer des unités spéciales anti-émeutes, c’est traiter les symptômes et non la cause de la crise. « Nous devons travailler ensemble pour mettre un terme aux comportements criminels d’un petit nombre tout en comprenant le point de vue et les convictions de ceux qui manifestent calmement. » Et d’énoncer les motivations des protestataires : protéger la souveraineté britannique, défendre les valeurs britanniques, lutter contre l’immigration illégale.

L’immigration illégale est un problème. Le 12 août, 703 migrants traversaient la Manche sur des embarcations de fortune (1800 arrivées sur la côte anglaise depuis début 2024). Mais le contingent majeur provient de l’immigration légale. En 2023, 685 000 immigrés légaux pour 36 704 immigrés arrivés illégalement et 67 337 demandeurs d’asile. Or le nouveau gouvernement travailliste a prévu de faciliter l’obtention de visas pour regroupement familial. 80 000 visas familles ont été délivrés en 2023. Ce chiffre augmentera.

Le contribuable ne comprend pas que l’État dépense £8 millions par jour (soit €9,3 millions) pour loger les demandeurs d’asile dans les hôtels du pays

Les manifestants dénoncent le mirage diversitaire. La vérité, c’est que ça se passe mal. Le contribuable ne comprend pas que l’État dépense £8 millions par jour (soit €9,3 millions) pour loger les demandeurs d’asile dans les hôtels du pays : 395 hôtels ont été réquisitionnés. Quant à l’immigration légale, elle  pèse sur le marché du travail, tout particulièrement dans ces zones post-industrielles des Midlands où ont eu lieu les émeutes. L’auteur Douglas Murray notait que depuis 2011, parmi les 3,6 millions d’emplois créés, 74% sont assurés par des travailleurs émigrés.

Dans les manifestations, on lisait sur les banderolles : « nous ne voulons pas devenir des citoyens de seconde classe ». Cette crise identitaire n’était nulle part mieux symbolisée qu’à Belfast où le drapeau de l’Ulster (symbole de l’Irlande du Nord, unioniste, province du Royaume Uni) et le drapeau national irlandais, ont été brandis côte à côte. Scène inédite ! Deux ennemis séculiers unis dans le désarroi.

La guerre de l’information

Vote après vote, le peuple réclame le contrôle de l’immigration. Les gouvernements font la sourde oreille. Ils pratiquent le contrôle de l’information plutôt que le contrôle de la situation. Les dirigeants travaillent sur la perception des événements plutôt que sur leur cause. On connaît la chanson…

Les événements de Southport sont un cas d’école de cette guerre de l’information avec son cycle éprouvé, en trois temps : rétention d’information, mésinformation, censure. Après un massacre, on en dit le moins possible pour ne pas échauffer les esprits. Le tueur est né à Cardiff, on n’en saura pas plus. La population se doute qu’on lui cache des choses. Arrive une fake news. Faute de mieux, tout le monde se jette dessus. Le tueur est musulman, illégal, surveillé par les services secrets : voilà donc un drame qu’on aurait pu éviter. Le 1er août, la juge de Liverpool où comparaît l’assaillant, révèle son identité pour assécher les rumeurs, bien qu’il n’ait que 17 ans, mais du fait qu’il aura 18 ans le 7 août. Il s’appelle Axel Muganwa Rudakubana. Ses deux parents rwandais (père chauffeur de taxi, mère au foyer) ont émigré au Royaume-Uni en 2002.

Le mot Rwanda est chargé. Le plan Rwanda, qui voulait déporter les demandeurs d’asile dans la région des Grands Lacs, a coûté £120 millions (€140 millions) et s’est heurté à l’opposition acharnée des avocats des droits de l’homme. Depuis deux ans, les Tories se battent pour délocaliser le problème migratoire. Or la première mesure du gouvernement Starmer a été tout bonnement d’annuler le Plan Rwanda. Gabegie extraordinaire dans un pays où les services publics vacillent. Le mot Rwanda sonne mal !

Les événements de Southport sont un cas d’école de cette guerre de l’information avec son cycle éprouvé, en trois temps : rétention d’information, mésinformation, censure.

Le troisième temps de cette valse de l’information, c’est celui de la censure. On sait que le remède est pire que le mal. Pour combattre la désinformation, il faut plus d’information, pas moins d’information. Mais l’occasion est trop belle pour prendre le sinistre tournant. Plutôt que traiter le peuple en adulte, on décide de redonner un tour de vis. Haro sur la liberté d’expression. Convocation des patrons des réseaux sociaux par le ministre des technologies pour leur demander de faire la police. On a assisté à un bras de fer entre Elon Musk (X) et Keir Starmer. Comme c’est maintenant l’usage on a vu des journalistes militer contre la liberté d’expression. Certains ont demandé à ce que Musk soit interdit de séjour en GB. D’autres ont suggéré de supprimer les réseaux sociaux le temps des troubles. Ces réactions autoritaires quasi-pékinoises sont maintenant le tout-venant. Le 9 août, Elon Musk poste « Soutenez la liberté d’expression au Royaume-Uni ». 87 millions de vues.

Starmer avait promis de sévir contre les agitateurs en ligne. C’est fait. 29 personnes ont été arrêtées ; les peines vont jusqu’à trois ans de prison ferme. Ce sont des vies chamboulées pour des propos sur Facebook ou X. La dernière loi britannique sur sujet (Online Safety Act, 2023) a été qualifiée de « charte de censure » par ses détracteurs. Nous y reviendrons bientôt dans les colonnes de L’Incorrect.

Malgré les efforts pour étouffer toute conversation sur la question de l’immigration, les heurts intercommunautaires prouvent l’échec du multiculturalisme à l’anglaise. Trois semaines après le drame, le roi Charles III s’est rendu à Southport. Et on a repensé aux fillettes.

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