Journaliste américain d’origine iranienne, converti au catholicisme, Sohrab Ahmari est aujourd’hui l’un des porte-étendards du courant postlibéral aux États-Unis. Après The Unbroken Thread, un essai remarqué sur les vertus de la tradition, il revient à la charge avec Tyranny, Inc., qui se donne l’objectif ambitieux de changer le rapport de la droite à la liberté et à la coercition. Contre une vision libérale qui ne voit que l’autoritarisme issu des pouvoirs publics, Ahmari démontre, avec de nombreuses histoires vraies, comment le soi-disant « libre marché », lorsque laissé à lui-même, permet l’exploitation brutale des citoyens ordinaires par des entreprises de moins en moins soucieuses du bien commun, parfois même avec la complicité de l’État.
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Il rappelle que la liberté ne saurait se penser abstraitement, et que l’absence d’intervention publique crée des rapports de force au même titre que la régulation, mais à des fins souvent moins nobles. Se réclamant de l’héritage du New Deal, le journaliste énonce les vertus proprement conservatrices du compromis social-démocrate, qui favorise une société ordonnée et stable. Il y a là un argumentaire que la droite occidentale aurait tout intérêt à s’approprier alors que le privé devient l’agent d’une wokisation sociétale, et où les mœurs sont chamboulées par un libéralisme dogmatique, nouvelle tyrannie qui ne dit pas son nom. Face à cet étiolement du lien social, viser le bien commun devient plus important que jamais.

Forum Books, 288 p., 26,31 €





