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Ukraine-Russie : steppes ou encore ?

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Publié le

25 janvier 2022

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Ancien directeur adjoint de la rédaction de Paris Match, Régis Le Sommier est grand reporter pour RT France. Pour L’Incorrect, il revient sur une guerre tiède de près de dix années qui menace de s’embraser.
Poutine

Les États-Unis accusent la Russie de masser des troupes à la frontière ukrainienne. Si ces faits sont avérés, quels seraient les objectifs d’une telle mobilisation ?

Le fait que des troupes russes soient massées à la frontière ukrainienne est une réalité qui a été observée, qui a été détaillée même, puisqu’il a été constaté qu’un certain nombre de chars russes qui se trouvaient sur cette frontière avaient reçu des défenses adaptées au nouveau matériel perçu par les troupes ukrainiennes, par exemple les missiles Javelin, donnés par les Américains, ou les drones turcs Bayraktar. Des troupes russes sont donc prépositionnées. La question qui se pose, c’est que la Russie nie son intention d’envahir l’Ukraine et considère que ces mouvements de troupes font partie d’exercices réguliers qu’elle opère dans ces zones. Pour l’instant, il n’y a pas eu de la part de Moscou une quelconque indication selon laquelle il y aurait une menace ou que l’invasion de l’Ukraine serait à l’ordre du jour.

Historiquement, l’Ukraine est le berceau de la Russie, et a été russe, puis soviétique jusqu’en 1990. Aujourd’hui le pays est divisé entre pro-russes et pro-occidentaux. La partition est-elle inéluctable ?

La répartition géographique des ethnies et des influences est beaucoup plus complexe, à mon sens, que cette simple lecture Est-Ouest et une partition du pays à terme. Oui, il est clair que l’Est, le Donbass, la Crimée ont été en proie à des insurrections pro-russes, et que la Crimée a été annexée en 2014, mais il n’y a pas vraiment eu de protestation en Crimée, où 94 % de la population est d’origine russe. Concernant le Donbass, c’est un peu plus compliqué, mais c’est une réalité ukrainienne, et comme vous le soulignez, l’Ukraine est le berceau de la Russie. Cependant, en dépit de cet écheveau culturel et historique autour de l’Ukraine, tout n’est pas aussi défini et je ne crois pas que le pays soit inéluctablement amené à être divisé. Ensuite, le problème, c’est son positionnement. Et là, on entre dans le dur de l’affrontement entre Moscou et l’Otan. La Russie considère comme une ligne rouge l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan. Ce qu’il peut se passer, c’est une sorte de finlandisation de l’Ukraine, c’est-à-dire une neutralité de l’Ukraine, comme la Finlande au sortir de la Seconde Guerre mondiale, prise en étau entre l’Union soviétique et les États-Unis. N’oublions pas que beaucoup de pays de l’ex-bloc de l’Est ont rejoint l’Otan et parfois l’Union européenne. Si l’Ukraine ou la Géorgie adhèrent à l’Alliance, alors l’Otan se situera aux frontières de la Russie. C’est inacceptable pour Vladimir Poutine, un casus belli pour les Russes. Pour autant, cette adhésion de l’Ukraine à l’Otan n’est pas du tout à l’ordre du jour. [...]

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