Quel est le principe de la doctrine légitimiste que vous voulez faire connaître ?
On a souvent tendance à faire du légitimisme une simple option dans une querelle dynastique passée, celle qui depuis 1830 oppose aux Bourbons, qualifiés de branche légitime, les Orléans descendants de Louis-Philippe et de la monarchie de Juillet. En réalité, le cœur du combat légitimiste est la défense de la loi naturelle, de l’ordre que les Grecs voyaient dans la nature qualifiée de cosmos, de la légitimité, soit la conformité à la loi juste, contre la légalité, dont la seule valeur est d’avoir été énoncée de façon arbitraire et autonome par les hommes.
De cet axiome découlent un certain nombre de conclusions, notamment le soutien à la branche aînée des Bourbons dont le mode de gouvernement s’est révélé plus conforme à ce respect de la loi naturelle que celui de leurs successeurs, qui ont tenté un mariage bâtard entre l’Ancien Régime et la Révolution, entre la loi naturelle et les Droits de l’homme, qui s’est conclu bien évidemment aux dépens de celle-là.
Pourquoi être royaliste en 2025 ?
On disait la messe en latin morte et disparue, et voilà qu’elle rassemble 20 000 personnes sur les routes de la Beauce ; nous aimons à croire qu’il en va de même de la royauté. Les arguments sont nombreux, mais je me bornerai à en indiquer deux : la royauté fut d’abord l’époque de la grandeur de notre pays et de notre civilisation. Surtout, rien de ce qui a été tenté depuis n’a jamais réussi à atteindre un résultat qui soit aussi satisfaisant…
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Pouvez-vous nous faire un résumé rapide de l’histoire de votre université ?
Cette année sera la 35e édition de notre université d’été. Il s’agissait à l’origine de quelques étudiants, qui ont tenté à leur époque de répondre au marasme intellectuel et politique en organisant des sessions de travail afin d’étudier la pensée politique traditionnelle. Au fur et à mesure du temps, l’organisation s’est structurée, la doctrine s’est consolidée et ces réunions annuelles sont montées en qualité ; de quelques participants dormant sous la tente à l’origine, ces Universités Saint-Louis accueillent désormais une bonne cinquantaine de personnes, hors enfants, venus écouter des conférenciers divers et diplômés.
Ce que nous aimerions montrer est que la politique ne se réduit pas aux élections ou aux échéances que nous dicte le régime postmoderne que nous subissons.
Quels profils de personnes tentez-vous d’attirer ?
Notre université est ouverte à tous, même si l’on y trouve une proportion assez élevée de professions intellectuelles, en raison du caractère universitaire de nos recherches, et d’étudiants ou de jeunes actifs, dont les disponibilités et peut-être l’enthousiasme sont sans doute plus propices à ce genre d’activités estivales…
L’édition 2025 aura pour thème « l’action légitimiste ». Qu’est-ce à dire ?
Le reproche le plus courant – et le plus facile – que l’on oppose à notre position est qu’elle nous condamne aux nuées ; puisque nous refusons les préceptes de base du libéralisme sur lesquels repose notre société, nous nous vouons à l’inaction. C’est l’objection à laquelle nous chercherons à répondre cet été : le combat royaliste n’a rien perdu de son actualité, et il existe bien des moyens de défendre la tradition politique telle que l’incarne la monarchie capétienne. Plus, ce que nous aimerions montrer est que la politique ne se réduit pas aux élections ou aux échéances que nous dicte le régime postmoderne que nous subissons ; il existe bien des moyens de maintenir et étendre ce qui reste encore de traditionnel dans notre pays, notre civilisation et notre société.
L’objectif est bien sûr social et tend à faire se rencontrer des bonnes volontés, des intelligences et des initiatives, afin de faciliter par leur synergie l’éclosion d’alternatives politiques.
Quel est l’objectif de cette université d’été ?
L’objectif est triple : il s’agit d’abord de mieux connaître la pensée politique traditionnelle. Comme d’autres se vouent à la sauvegarde de pratiques artisanales en perdition, nous pensons qu’il est essentiel que perdure cette culture politique qui a été celle de notre pays et, au-delà, de l’Occident, depuis les Grecs ; que l’idéal monarchiste disparaisse et c’est tout un pan de nous-mêmes qui disparaîtrait à jamais. Mais parce qu’une tradition n’est vivante que lorsqu’elle est actualisée, nous cherchons aussi à tirer des leçons pour la scène politique de notre temps : il y a trois ans, nous avions parlé de l’aristocratie, afin de poser quelques pistes pour repenser le statut des élites, si bancal dans notre société tout à la fois égalitaire et archipélisée. Enfin, l’objectif est bien sûr social et tend à faire se rencontrer des bonnes volontés, des intelligences et des initiatives, afin de faciliter par leur synergie l’éclosion d’alternatives politiques.
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Pourquoi participer à cette édition 2025 ?
Parce que si vous n’avez encore jamais eu la chance d’assister à cette université d’été, c’est une occasion unique de rattraper ce retard ; parce que la tâche qui nous attend est immense tout autant qu’enthousiasmante ; parce que vous allez apprécier cet oasis de fraîcheur intellectuel dans un monde sclérosé où tout nous interdit de penser ; et puis aussi parce que l’ambiance est excellente, les conversations passionnantes et le cadre magnifique !





