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Vers une mise au pas macroniste ?

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Publié le

10 octobre 2019

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La volonté affichée par LREM de s’imposer comme le parti d’une pensée unique ainsi que plusieurs événements judiciaires récents conduisent à se poser la question : un ordre macroniste s’installe-t-il de manière soft en France à l’approche des municipales ?

 

 

On s’en souvient : en juin 2019, ministres et responsables politiques de la majorité présidentielle ont multiplié appels et injonctions aux autres élus à ne pas donner la primauté à leur parti politique d’origine, mais à leur pays. Autrement dit, à rejoindre LREM. « Préférer son pays à son parti » ? Prononcée par Gérald Darmanin, la phrase a été mise par écrit par Marlène Schiappa, deux soldats de base du macronisme. D’une certaine façon, cette conception de la politique est corruptrice : vous voulez des mandats ? Ce sera avec nous, pas autrement. LREM a donc appelé les élus en place à retourner leur veste, trahir leurs partis et leurs anciens électeurs pour rejoindre le parti majoritaire, qu’ils viennent de la droite, de la gauche, du centre ou des écologistes.

Le parti de Macron se confond avec l’intérêt général et la France devient Tintin au Pays des Soviets. N’y aurait-il pas là une tendance à rejeter la démocratie bien plus forte que celle imputée au populisme ?

La majorité indique ainsi qu’au coeur de la démocratie républicaine française le pluralisme politique est maintenant une question secondaire. Le parti de Macron se confond avec l’intérêt général et la France devient Tintin au Pays des Soviets. N’y aurait-il pas là une tendance à rejeter la démocratie bien plus forte que celle imputée au populisme ?

 

Lire aussi : Immigration : débat à retardement

 

C’est dans ce contexte qu’il convient d’observer la judiciarisation en cours de la vie politique française. Les partis adversaires de Macron, leurs responsables ou des intellectuels sont conduits devant les tribunaux tandis que les mouvements sociaux donnent lieu à des batailles de rue depuis des mois, avec une gestion benallesque de la plus haute incompétence. Devant la justice, LFI et le RN sont visés. Sont-ils blancs comme neige ? Pas forcément mais l’on s’intéresse à leur cas avec une dextérité à laquelle échappent nombre de proches du président, ainsi que la préparation de la campagne de ce dernier depuis Bercy. La perquisition et le procès Mélenchon ? Étant donné l’ego infatué du leader de LFI, il était assez facile de le ridiculiser.

Les poursuites contre le RN ? Elles concernent des faits identiques reprochés à la majeure partie des autres mouvements du Parlement européen. Les médias se font discrets à ce sujet. Par contre, ce parti continue d’être qualifié « d’extrême droite », le ridicule de cette appréciation n’échappant qu’aux plus convaincus.

Résultat : les trois quarts des Français sont en désaccord avec lui. Les poursuites contre le RN ? Elles concernent des faits identiques reprochés à la majeure partie des autres mouvements du Parlement européen. Les médias se font discrets à ce sujet. Par contre, ce parti continue d’être qualifié « d’extrême droite », le ridicule de cette appréciation n’échappant qu’aux plus convaincus. Le macronisme, c’est le pays du mensonge permanent et du déni des convictions politiques, depuis les promesses non tenues, les vrais faux débats permettant à un président d’être en campagne avec l’argent public, les renversements permanents de projets politiques concrets au gré des sondages jusqu’à l’appel irresponsable à la révolte (« qu’ils viennent me chercher ! »), en passant par la récupération de tous les thèmes imaginables à des fins de communication.

Mensonge permanent ? L’essentiel de la presse, celle-là même qui fit élire Macron et lutte quotidiennement contre ses adversaires, « informe » ainsi : Zemmour aurait été condamné pour son appel à la « haine raciale ». Une information fausse : il est condamné pour ses propos au sujet des musulmans, lesquels ne forment pas « une race ».

Le monde de Macron ne pouvait qu’être celui d’un Benalla : de loin pire que l’ancien monde. C’est ce dont est victime Mélenchon : de l’ancien monde toujours présent. Il en va de même d’Éric Zemmour dont le pourvoi en cassation a été rejeté le 20 septembre. Mensonge permanent ? L’essentiel de la presse, celle-là même qui fit élire Macron et lutte quotidiennement contre ses adversaires, « informe » ainsi : Zemmour aurait été condamné pour son appel à la « haine raciale ». Une information fausse : il est condamné pour ses propos au sujet des musulmans, lesquels ne forment pas « une race ». Du moins, aux dernières nouvelles.

 

Le macronisme, c’est précisément ce décalage par rapport à la réalité et, à voir la manière dont il s’installe dans toutes les instances du pouvoir, il est à craindre que la démocratie ne ressemble bientôt plus qu’à une coquille vide…

 

Matthieu Baumier

 

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