Immigration : débat à retardement

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Les 7 et 9 octobre prochains se tiendront les débats sur l’immigration à l’Assemblée nationale et au Sénat. Initialement prévus cette première semaine d’octobre, ils ont été décalés en raison du deuil national en hommage à Jacques Chirac. Il est importantissime de rappeler les enjeux cruciaux que l’immigration conditionne, en France comme en Europe.

 

 

Récemment décédé, Jacques Chirac aura été le symbole des errements coupables des politiques d’immigration françaises pensées dans les années soixante-dix et sans cesse poursuivies depuis lors. Partisan acharné du regroupement familial que demandait le Comité national du patronat français au président Valéry Giscard d’Estaing, le premier ministre Jacques Chirac fut à l’origine de l’adoption de règles dont nous payons encore aujourd’hui les conséquences. Toute sa carrière symbolise d’ailleurs les renoncements politiques de l’Etat et de ses principaux acteurs face à l’immigration de masse. Ces politiques coupables, que les saillies musclées et provocatrices de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy n’ont pas su entamer, bien au contraire, n’ont par ailleurs jamais été questionnées par le peuple français, puisqu’il a dû y consentir en silence sans pouvoir même exprimer ses réserves. Sans broncher, les Français ont dû se résoudre à voir leur pays se transformer irrémédiablement.

Pourtant, tous ces discours musclés de façade n’ont strictement rien changé. La situation s’est même largement aggravée : crise des « migrants », campements sauvages de clandestins dans les villes, terrorisme islamiste et autres joyeusetés étant venues assombrir l’horizon futur de notre pays.

Le nombre d’immigrés extra-européens et la distance culturelle de ces derniers ont rendu l’assimilation extrêmement difficile, sinon impossible, en présence d’un Etat faible qui a renoncé à défendre son Histoire et les valeurs constitutives de notre civilisation. Nous connaissons tous le résultat, il saute aux yeux, même à ceux de François Hollande qui déclarait aux journalistes Davet et Lhomme dans Un Président ne devrait pas dire ça : « Le risque c’est la partition ». La partition signifie que la France pourrait ne plus avoir un seul peuple se reconnaissant d’un même ensemble, et donc se fracturer irrémédiablement. Quand il était ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb n’en disait pas moins. Il faut aussi se souvenir des rapports du Haut commissariat à l’intégration du début des années 2000, où la question de l’immigration était traitée d’une manière beaucoup moins angélique que ce n’est aujourd’hui le cas. Pourtant, tous ces discours musclés de façade n’ont strictement rien changé. La situation s’est même largement aggravée : crise des « migrants », campements sauvages de clandestins dans les villes, terrorisme islamiste et autres joyeusetés étant venues assombrir l’horizon futur de notre pays.

 

Pour les mêmes raisons, on peut en vouloir à Emmanuel Macron. Il a, au commencement de son exercice présidentiel, suscité l’espoir en présentant un projet de loi sur l’immigration qui, s’il n’était pas parfait et insuffisant, avait au moins le mérite d’aborder les vraies problématiques techniques. Qu’est-est-il resté ? Rien.

 

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Pis, il a créé un contexte juridique encore plus défaillant que le précédent, en adoptant notamment le principe de « réunification familiale » permettant à tout mineur (si tant est qu’on puisse le prouver) ayant bénéficié du statut de réfugié ou de la protection subsidiaire de faire venir ses parents et ses frères et sœurs. Toutes les décisions prises vont d’ailleurs dans le même sens : celui du renoncement. Ainsi de la décision du Conseil constitutionnel, largement inspirée de la loi Collomb qui supprimait dans les faits le « délit de solidarité », qui a consacré un « principe de fraternité » étendu à l’infini.

 

Les « sages », qui sont désormais à la tête d’un Conseil devenu plus que jamais « juridiction constitutionnelle », ont ainsi censuré deux dispositions du Code de l’entrée et du séjour des étrangers, à savoir l’article 622-1 qui punit l’aide à l’entrée, à la circulation et au séjour irrégulier de cinq ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende, et l’article 622-4, qui précise que cette aide ne peut donner lieu à des poursuites lorsqu’elle est le fait de la famille ou « de toute personne physique ou morale, lorsque l’acte reproché n’a donné lieu à aucune contrepartie directe ou indirecte ». Une « avancée » qui fut alors saluée par Gérard Collomb lui-même ! Une « avancée » qui avait pourtant tout d’une forfaiture de plus. D’où qu’on le prenne, le problème de l’immigration semble inextricable. Entre les pays d’origine qui refusent de reprendre leurs clandestins, la mobilisation d’un personnel de fonctionnaires pléthorique, l’impossibilité de l’intégration (sans parler de l’assimilation), le travail de sape des associations sans-frontièristes dont l’unique objectif semble être la dissolution de la France, ou bien encore les conflits de mémoire qui travaillent en profondeur notre pays, nous sommes comme face à l’abîme.

Nous préparons des ghettos ethniques d’une extrême conflictualité, où se côtoieront des communautés antagonistes qui s’opposeront entre elles et qui s’opposeront aux Français continentaux. Le compte à rebours a commencé. Vous le savez : l’immigration est notre futur.

Puisse cette occasion donnée d’en débattre être une chance. Il est minuit moins le quart, mais il est encore temps d’agir. D’agir pour refuser. Aujourd’hui, à l’immigration traditionnelle des anciennes colonies s’ajoutent de nouvelles vagues d’immigration venues d’Afghanistan, du Caucase, du Pakistan ou d’Afrique de l’Est. Très éloignés culturellement, ces nouveaux immigrés ne sont pas même francophones. Nous préparons des ghettos ethniques d’une extrême conflictualité, où se côtoieront des communautés antagonistes qui s’opposeront entre elles et qui s’opposeront aux Français continentaux. Le compte à rebours a commencé. Vous le savez : l’immigration est notre futur.

 

Gabriel Robin

 

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grobin@lincorrect.org

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