Où en est la formation du gouvernement italien ?
On a voté déjà pour la désignation du président du Séna, Ignazio La Russa, issu de notre parti, et la présidence de l’Assemblée nationale devrait aller à un membre de la Lega, certainement Lorenzo Fontana. La formation du gouvernement aura lieu certainement la semaine prochaine. On est encore en train de négocier : il y a aura quelques techniciens, et le reste sera une répartition entre la Lega, Forza Italia, Fratelli d’Italia, et notre troisième allié, un petit parti modéré.
Matteo Salvini sera-t-il présent dans le gouvernement ?
On ne sait pas, ça fait partie des négociations. On est encore en train de s’accorder sur les ministères et ça dépend aussi de ce que chaque parti va réclamer.
Et le ministère de l’Économie ?
Giorgia Meloni est encore en train de chercher. Ce pourra être un technicien extérieur, mais rien n’est décidé. C’est un paquet complet qu’il faut mettre en place : avec notre système, on ne peut pas choisir ministère par ministère.
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Quelles seront les premières mesures de ce gouvernement ?
Je pense que la première chose que nous devons faire, c’est intervenir sur les prix de l’énergie, parce que et les citoyens et les entreprises vont être en difficulté. Cela dépend aussi des décisions au sein de l’Union européenne : va-t-on de mettre de l’argent pour faire baisser les prix, ou va-t-on mettre en place un plafond européen sur le prix du gaz ? Pour l’instant, la seule chose qui est sortie au niveau européen, c’est le choix de faire un achat centralisé d’énergie pour l’année prochaine.
Il n’y a pas du tout de bouclier tarifaire en Italie, pour le moment ?
Le gouvernement précédent avait commencé à mettre en place un bouclier, mais il faut encore créer des des mesures structurelles. Il faut aussi se rappeler que l’Italie a déjà une gigantesque dette publique. Donc notre marge de manœuvre est différente de la vôtre, et nous n’avons pas de nucléaire chez nous. De plus, la crise des centrales nucléaires françaises touche aussi l’Italie : l’importation d’électricité grâce aux centrales nucléaires françaises fournit de l’énergie à 3 millions d’Italiens. Sans cette fourniture-là, ça devient problématique pour nous.
« Si l’on arrive à bien gouverner, on sera un modèle pour toute l’Europe. Ce peut être un stimulant pour toutes les droites européennes »
Vincenzo Sofo
Des fonds européens de relance avaient été attribués à l’Italie : vont-ils tout de même être accordés malgré le changement de majorité ?
Évidemment, tous les médias prétendent que l’Italie ne touchera plus d’argent européen. C’est faux. Mais le vrai sujet, c’est : comment l’utiliser ? Il faut repenser les projets en fonction du changement de contexte international et national. Quand le prix des matières premières, de l’énergie ou de l’acier ont totalement changé, beaucoup de projets comme par exemple la construction d’écoles publiques sont fragilisés. On peut imaginer utiliser l’argent du plan de relance pour financer d’abord les abonnements à l’électricité et au gaz, par exemple.
Sur la question de l’immigration, quelles seront vos décisions ?
Nos sommes un pays de premier accueil en l’Europe. L’une de nos priorités a toujours été de mettre en place un filtrage extérieur aux frontières : des accords bilatéraux avec les pays d’origine pour créer des spots à l’extérieur de nos frontières. Mais l’on est confronté à des décisions comme celle, récente, du Conseil de l’Europe qui à la suite de la gauche prétend qu’il ne faut pas du tout bloquer les flux migratoires. Cette gauche tient des positions totalement absurdes. La position de Fratelli d’Italia est de mener une politique sévère contre l’immigration clandestine tout en ayant en plus une politique migratoire européenne de filtrage aux frontières, mais à l’extérieur. C’est d’ailleurs la logique qu’on utilise pour les frontières de l’Est de l’Europe, dans les accords de l’Union européenne avec la Turquie. On ne comprend pas pourquoi on ferait ça pour les frontières terrestres de l’Europe et l’on ne pourrait pas le faire en Méditerranée.
Est-ce que les équilibres européens vont être profondément modifiés avec la victoire de Giorgia Meloni ?
Pas pour le moment, mais si l’on arrive à bien gouverner, on sera un modèle pour toute l’Europe. Ce peut être un stimulant pour toutes les droites européennes. Je pense d’ailleurs que c’est la raison pour laquelle nos adversaires feront tout leur possible pour ne pas nous laisser gouverner. Si l’on montre qu’en Italie la droite peut bien gouverner, alors que les élections européennes ont lieu dans moins de deux ans, ça laisse imaginer des changements d’équilibre à venir en Europe. C’est aussi une leçon, un exemple pour d’autres pays, notamment la France : on montre que la logique des coalitions est fondamentale, et on fait la preuve de la stratégie nécessaire pour arriver au pouvoir.
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En quoi l’Europe ne vous laisserait-elle pas gouverner ?
On voit ce que la Commission européenne est capable de faire avec la Hongrie et la Pologne, en suspendant des actions au « respect de l’État de droit ». Il suffit aussi de voir les déclarations de la ministre des Affaires européennes française, qui a tout de suite affirmé : « On va surveiller le respect de l’État de droit ». Ce n’est pas acceptable, ça n’existe pas qu’un pays souverain se mêle ainsi de la politique d’un pays voisin, et c’est une folie institutionnelle.
En matière de politique familiale, quel est votre programme ?
Précisément, en ce moment une polémique monte parce que dans la région Piémont, qui est gouvernée par le centre-droite, l’assesseur de Fratelli d’Italia a activé un fonds de soutien familial pour financer les associations pro-life qui veulent aller dans les hôpitaux fournir des conseils aux femmes enceintes qui ont des difficultés à assumer leurs grossesses et qui pensent à avorter, afin de les soutenir notamment économiquement, et proposer une alternative à l’avortement.
Toute la gauche prétend que c’est une politique contre l’avortement, et qu’on ne peut pas imaginer d’alternatives à l’avortement. Comme si l’avortement devait être la meilleure solution, la solution finale à laquelle arriver. Ils disent que c’est une menace sur la liberté que de proposer la liberté de faire un autre choix. C’est symbolique de ce que va être la politique familiale du gouvernement Meloni.





