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3 Billboards : un grand film de droite

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Publié le

16 janvier 2018

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3billboards

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3 Billboards  est un film éminemment politique. Sans doute nos chargés de conscience y verront-ils une « violente charge contre l’Amérique de Trump » ou une dénonciation visionnaire « du mâle blanc beauf au cerveau de phallus  ». Il s’agit, au contraire, d’une définition anthropologique bien éloignée de ces lieux communs bien-pensants.

 

Après des mois sans que l’enquête sur la mort de sa fille, violée et laissée à l’agonie, ait avancé, Mildred Hayes prend les choses en main, affichant un message controversé visant le très respecté chef de la police sur trois grands panneaux à l’entrée de leur ville.

 

 

3 Billboard  est un film éminemment politique. Sans doute nos chargés de conscience y verront-ils une « violente charge contre l’Amérique de Trump » ou une dénonciation visionnaire « du mâle blanc beauf au cerveau de phallus ». Il s’agit, au contraire, d’une définition anthropologique bien éloignée de ces lieux communs bien-pensants.

Dès les premières minutes du film, Martin McDonagh expose, en bon dramaturge qu’il est, les fondamentaux de son histoire : une mère courage, un chef de police inepte, un adjoint raciste et une population égoïste. Mais ce postulat de départ, aussi rectiligne que la route bordée par ces fameux « panneaux de la vengeance », va rapidement bifurquer tout azimut, privant autant le spectateur de son confort moral que de ses repères cinématographiques.

On le sait depuis Bons baisers de Bruges, Martin McDonagh aime opérer dans le bizarre. Il oscille entre comédie et tragédie, teinte son cinéma d’ambiances baroques et maîtrise aussi bien l’humour british que le crépusculaire de Peckinpah. Avec 3 Billboards, le réalisateur britannique monte encore d’une marche, parce qu’il parvient à mettre son savoir-faire au service d’un vrai sujet : la nature humaine.

Le film s’ouvre sur Mildred Hayes (Frances McDormand, aussi éblouissante que dans Fargo des frères Coen), bandana aux cheveux et salopette virile, dévastée par le meurtre de sa fille, dont les circonstances n’ont jamais été éclaircies. Par un cadrage serré, McDonagh rend la douleur palpable, saisit les gestes brutaux et le visage de son héroïne, enlaidie par la douleur. Ce qui semblait une évidence, le bien-fondé de cette vengeance, devient par le comportement de la victime, le passé et les conséquences de ses actes, moralement très discutable.

Le cinéaste aime les ruptures de ton. Jamais gratuites, elles nuancent le propos, mais aussi ébranlent nos certitudes. Il joue avec l’illusion de l’image, poussant le spectateur à aller au-delà des apparences, comme dans cette sublime scène de confrontation entre Mildred et Willoughby, le chef de la police, filmée comme un match de boxe inégal. La tension est à son comble, Mildred tourne autour de son adversaire, l’assaille d’uppercuts verbaux ; déjà vaincu, Willoughby encaisse en silence ; puis soudain, le shérif tousse, crache du sang sur son assaillant, et la fureur se mue alors en une déchirante compassion. Toujours sur une ligne de crête, le film, comme les personnages qu’il présente, est une poudrière de rage et d’émotion parvenant à faire alterner avec maestria comédie noire et drame, absurde, rire et violence.

Si, comme l’écrivait Chantal Delsol dans L’Incorrect, « être de droite, c’est croire, comme Aristote ou comme l’Europe chrétienne, que l’homme entretient dans sa fibre le mal avec le bien », alors 3 Billboards est un film résolument de droite. Le noir et blanc n’est qu’une imposture ; seule compte l’exploration de la zone grise, laquelle reste néanmoins toujours éclairée par l’espérance.

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