Avant d’avoir mon petit carré de choux dans L’Incorrect, je suis avant tout un lecteur. Et, c’est à ce titre que j’exige d’être satisfait de mon « expérience client ». L’autre fois, je constate que mon numéro d’été était légèrement écorné dans la boîte aux lettres. La découverte de cette faute « inexcusable » a fortement entamé ma « charge émotionnelle » lors du « processus de déballage ».
J’ai donc déboulé illico dans les locaux de L’Inco, exigeant de voir le responsable. La secrétaire a appelé Watrigant, le directeur de la rédaction. Bame, une calotte dans sa gueule ! Direct. Et il n’a pas moufté le barbudos de la rue de Rivoli. Je suis client, merde quoi ! Le proprio du journal l’a viré. Moindre des choses ! En prime, j’ai demandé à être abonné gratos pour 3 000 ans, à avoir un pin’s et à bénéficier d’une ligne directe en cas de nouvel incident. « Que quelqu’un s’occupe vraiment de mon problème. »
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Avec moi, ça se passe comme ça ! Bah ouais car aujourd’hui, ça se passe comme ça partout. Vous entrez dans une pharmacie, vous avez une affichette qui rappelle que les employés ne peuvent rien faire si votre médecin ne vous a pas prescrit vos pilules machin bleues à rayures. Que ça ne sert à rien de leur glavioter dessus. Et cette sur-exigence est générale dans la société ! Les employés de station-service, de Monsieur Bricolo, d’hôpitaux, d’études de notaires, d’écoles et compagnie n’en peuvent plus du comportement des bons blancos. Exigeants. Pénibles. Couinous. Servir. Pas besoin de « petit ange parti trop vite de banlieue » pour faire chier les Français puisque les Français s’en chargent eux-mêmes !
« Appelez-moi le directeur. », « Moi je bosse. », « C’est quand même pas à moââ de vous apprendre votre boulot ». Moi, moi, moi. Bien au-dessus du
nid de connards : les profs. Les profs ont cette particularité d’être les plus durement touchés par le phénomène et d’être les plus performatifs des casse-burnes. Bravo ! Une prof qui passe en caisse à Action avec une couette Reine des Neiges affichée à 9,99 € en rayon et qui sort à 11,99 € sur l’écran, c’est le scandale olympique ! « Je suis enseignante, si ma classe était gérée de cette façoooon ! »
Aux États-Unis, ce phénomène a un nom: les Karen. Femme blanche, d’âge mûr, de classe moyenne, coupe au carré ou coiffé-décoiffé et qui casse les couilles à tout le monde. Avoir des pizzas gratuites ou faire le bordel chez Orange si sa série Netflix a été perturbée par trois coupures d’internet. Sa personnalité, c’est d’avoir son petit caractère et dire toujours ce qu’elle pense. « Moi je suis comme ça. C’est à prendre ou à laisser. » Le tout avec ses tatouages de merde sur les avant-bras en gothique dauphin. En gros ! Karen c’est le pendant féminin du plouc arsouillé à la vinasse qui fait renvoyer le côte-du-rhône dans un restau classe pour faire le malin devant son beau-frère. « Bouchonné ! » Petit pouvoir. Jouissance de taureaux chauffeurs de transpalette chez Carglass.
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Dans la situation de submersion migratoire dans laquelle nous nous trouvons, il serait préférable de se serrer les coudes. De retrouver, entre Français, un art de vivre. Unité. Politesse. Courtoisie. Solidarité. On a quand même assez des « pépites » pour nous emmerder au quotidien sans avoir besoin d’en rajouter dans le navrant. Le minable. Le loquedu. Demain, ce sera chawarma et police islamique pour tout le monde et il ne sera pas question de se plaindre de la cuisson des frites ou de la couleur du voile. Et ce sera bien fait !
Il fut un temps où ce pays était aimable, élégant et courtois. Aujourd’hui, cet esprit agressif de cité, ces insultes et cette violence ont pollué nos rapports sociaux. Général ! Toutes les classes sociales sont pourrifiées. 68 millions de Karen ! On parle beaucoup des incivilités en direction des élus mais cette incivilité, cette tension est désormais partout. Nous sommes en train de nous anéantir nous-mêmes, en fait.





