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Comment imposer, sinon l’union des droites, du moins la volonté des électeurs dans l’élection de leurs représentants ? La solution, évidente, est connue des Gilets jaunes qui habitent dans le monde rural et il est surprenant qu’ils n’en aient pas fait un cheval de combat. Son nom : le panachage.
Jusqu’en 1982, on pouvait panacher, aux municipales, dans les communes de moins de 30 000 habitants ; sous l’impulsion du plus sectaire des socialistes, Jean Poperen, issu du PCF, le seuil a alors été ramené à 3 500 habitants. Ce n’était pas encore assez. Depuis 2013, sous Hollande donc, on ne peut plus panacher que dans les communes de moins de 1 000 habitants. Au cours du débat, les députés s’avisèrent même d’abaisser le seuil aux communes de moins de 500 habitants. Le Sénat, plus en phase avec la ruralité, a ramené les députés à la raison.
Parce qu’il est le seul qui permettrait d’en finir avec la mainmise des partis politiques sur la vie politique française. Le seul qui permettrait l’élection de candidats de droite, si tel est le souhait des électeurs, et à ceux-ci de s’unir, une fois élus.
Le panachage, tel qu’il subsiste donc dans les communes de moins de 1 000 habitants, consiste, d’une part, à pouvoir rayer des noms sur une liste de candidats, et, d’autre part, à pouvoir glisser plusieurs bulletins dans l’enveloppe, tout aussi raturés l’un que l’autre. Un seul impératif : que vous n’ayez pas voté pour plus de personnes qu’il n’y a de sièges à pourvoir. Vous pouvez même rayer beaucoup plus de noms et n’en garder que quelques-uns si ça vous chante (1). Pour le dépouillement, évidemment, ne comptez pas l’avoir pour 20 heures, puisqu’il faut totaliser le nombre de voix obtenu par chacun des candidats et non totaliser par liste.
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Pourquoi vanter les mérites du panachage, qui pourrait être étendu à tous les scrutins de liste, des municipales, quelle que soit la taille de la commune, jusqu’aux européennes en passant par les régionales ? Parce qu’il est le seul qui permettrait d’en finir avec la mainmise des partis politiques sur la vie politique française. Le seul qui permettrait l’élection de candidats de droite, si tel est le souhait des électeurs, et à ceux-ci de s’unir, une fois élus.
Aux dernières européennes, par exemple, il aurait été possible de voter pour François-Xavier Bellamy, Bernard Asso et Bernard Carayon sur la liste LR, pour Nicolas Bay, Hervé Juvin, Jean-Paul Garraud et Jérôme Rivière sur la liste RN, pour Bruno North et Thierry Gourlot sur la liste conduite par Nicolas Dupont-Aignan. Tout en rayant les noms d’un certain nombre de nuisibles qui figuraient sur chacune de ces listes.
Avec le panachage, l’électeur, à qui l’on ne cesse de dire que l’union des droites ne se fera que par la base, ce qui est exact, mais à qui on ne dit jamais comment elle pourrait se concrétiser (et pour cause, puisque même aux élections municipales, ce sont les partis qui, dans les grandes villes, accordent les investitures), disposerait enfin du moyen de ne voter que pour les candidats défendant réellement ses positions. Quelle que soit la liste sur laquelle ils figurent.
Aux dernières européennes, par exemple, il aurait été possible de voter pour François-Xavier Bellamy, Bernard Asso et Bernard Carayon sur la liste LR, pour Nicolas Bay, Hervé Juvin, Jean-Paul Garraud et Jérôme Rivière sur la liste RN, pour Bruno North et Thierry Gourlot sur la liste conduite par Nicolas Dupont-Aignan. Tout en rayant les noms d’un certain nombre de nuisibles qui figuraient sur chacune de ces listes.
Avec deux conséquences majeures : la première est que, choisis pour ce qu’ils sont, les heureux élus auraient échappé de facto, sitôt désignés, par la légitimité qu’ils auraient acquise, aux diktats du parti qui les avait présentés sur sa liste ; la seconde est qu’on ne voit pas ce qui les aurait ensuite empêchés de contracter alliance et de réaliser, enfin, l’union des droites.
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À gauche, de nombreux travaux sont menés sur ce qu’on appelle le « vote préférentiel ». Plusieurs variantes sont étudiées – certaines ont même été expérimentées – mais elles renvoient toutes au système du panachage. À droite, à notre connaissance, nul ne s’y est attelé et si nous nous trompons, nous serions heureux d’en être informés : nous en ferons état.
Sur la faisabilité, qu’on ne vienne pas nous dire que ce serait trop compliqué : dans les communes de moins de 1 000 habitants, là où vivent tous ces culs-terreux que Paris ne veut plus voir monter à la capitale en gilet jaune, on y arrive. Au Luxembourg aussi.
Bruno Larebière
(1) Dans ces mêmes communes, on peut présenter des listes incomplètes, voire se présenter seul !
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