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Du mercredi 5 février au dimanche suivant aura lieu Porte de Versailles le salon Rétromobile. L’ambition de cette quarante-cinquième édition est de dépasser les 132 000 visiteurs de l’année dernière. 1 000 voitures de collection sont exposées. Tous les acteurs du marché sont présents : garages, carrossiers, négociants de voitures et de pièces détachées, selliers et organisateurs de rallye. Ce salon est l’occasion de rêver devant le travail de nos meilleurs artisans.
Il existe en France un million de voitures de collection. Des voitures qui procurent du travail à 20 000 personnes, une économie estimée à 4 milliards d’euros. Structuré depuis les années 70, le marché explose en 2008 durant la crise des subprimes. L’effondrement des bourses incite les investisseurs à se tourner vers l’art, le vin et les voitures de collection. Cette croissance exponentielle atteint des sommets lors de la vente de la collection Roger Baillon en 2015. Soixante véhicules sortis d’une grange sont vendus aux enchères par la maison Artcurial. Ces automobiles (Talbot-Lago, Delahaye) ne roulent plus et sont rouillées jusqu’à l’os. Mais elles sont rares et leurs châssis valent de l’or. Une Ferrari Spider ayant appartenu à Alain Delon est vendue 15 millions d’euros. Depuis 2015 le marché s’est stabilisé. « Aujourd’hui 90 % des passionnés possèdent des véhicules à moins de 15 000 euros », affirme Jean-Sébastien Guichaoua, le directeur du salon Rétromobile. « Ces passionnés viennent au salon pour plonger dans le passé et retrouver une émotion. Ils cherchent les voitures de leur enfance ou de leur jeunesse. La quête des racines est au cœur de Rétromobile. Le passé est à la mode ».
Parmi ces exposants se trouveront des artisans d’exception. Parmi eux : Classic Garage et le carrossier Hubert Haberbusch. José Da Rocha, ouvre Classic Garage en février 2000 près du mythique circuit de Montlhéry.
Les constructeurs généralistes surfent sur cette tendance. Quel que soit l’état de l’économie, Renault, Citroën, Peugeot sont toujours présents à Rétromobile. « C’est l’occasion pour eux de communiquer sur leurs passés en racontant une belle histoire » poursuit Jean-Sébastien Guichaoua. Dès le 5 janvier, le salon Rétromobile accueillera 600 exposants au sein d’un espace de 75 000 mètres carrés. Parmi ces exposants se trouveront des artisans d’exception. Parmi eux : Classic Garage et le carrossier Hubert Haberbusch. José Da Rocha, ouvre Classic Garage en février 2000 près du mythique circuit de Montlhéry. Une décennie plus tard, il est rejoint par son fils Jérémy, un passionné de sports mécaniques. Classic Garage est spécialisé dans la restauration et l’entretien de voitures anglaises (Jaguar, Austin-Healey, Aston Martin). Il compte aujourd’hui 10 salariés : des mécaniciens, des carrossiers et des tourneurs fraiseurs. Le garage usine ses propres pièces détachées.
Leur client-type est un homme de plus de 50 ans jouissant de bons revenus. C’est un passionné qui aime déambuler sur les routes de campagne au volant d’une voiture anglaise. Entre deux rallyes, Classic Garage entretient son véhicule. L’autre activité de la famille Da Rocha concerne les circuits automobiles : l’équipe du garage assiste ses clients pilotes lors des courses.
Le seul élément conservé de l’épave est le moteur. Tout le reste est moderne. Une voiture ancienne qui est neuve ! Drôle de paradoxe. Jérémy Da Rocha pilote aujourd’hui en course la 100 M et gagne de nombreux podiums. Elle est devenue la vitrine du savoir-faire de l’entreprise.
En novembre 2014, le garage ferme durant trois mois pour réaliser sa propre voiture. Le choix s’effectue sur une voiture de course : l’Austin-Healey 100 M type BN2. Lancé en 1956, ce roadster était destiné à courir les 24 heures du Mans. Pourvue d’un moteur de 110 chevaux à 4 500 t/mn et d’un double carburateur, l’Austin-Healey 100 M BN2 était vouée à vaincre. « Mon père posséd
ait cette voiture depuis une quinzaine d’années qui était à l’état de ruine. On est donc parti de zéro ». La restauration devient une reconstruction pour Jérémy Da Rocha. Sur la voiture d’origine, tout est pourri, l’équipe doit développer un nouveau châssis. Bénéficiant des avancées technologiques, il est plus léger et plus robuste que le châssis d’origine. Cette restauration se compte en milliers d’heures de travail. Le seul élément conservé de l’épave est le moteur. Tout le reste est moderne. Une voiture ancienne qui est neuve ! Drôle de paradoxe. Jérémy Da Rocha pilote aujourd’hui en course la 100 M et gagne de nombreux podiums. Elle est devenue la vitrine du savoir-faire de l’entreprise.
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Autre figure de cet artisanat moderne : Hubert Haberbusch. Il est maître carrossier à Strasbourg depuis 40 ans : « Autrefois le constructeur d’un véhicule produisait le châssis et la mécanique. Puis la voiture partait chez le carrossier qui l’habillait. C’est pour cette raison que l’on considérait la carrosserie comme la haute couture de l’automobile. Avec la standardisation, les ateliers ont fermé les uns après les autres ».
« La mécanique est un métier de précision, presque scientifique. La tôlerie est un art ». Lors d’une restauration, Hubert Haberbusch n’intervient jamais sur le moteur, il se consacre exclusivement à retrouver le design de la voiture.
Hubert Haberbusch et ses huit artisans travaillent la tôle avec les mêmes gestes qu’autrefois. Ce travail d’artisan débute par la menuiserie. Car, avantguerre, toutes les armatures de voiture étaient en bois. Le modèle des premiers constructeurs automobiles était la charrette. Une fois l’armature réalisée par un menuisier vient le travail de la tôle. Les premiers coups sont exécutés au maillet pour donner la forme rudimentaire. Puis la tôle est passée dans une roue anglaise (un cylindre qui aplatit le métal). Le reste est affaire de coup d’œil. L’harmonie des lignes est obtenue en façonnant la tôle à l’aide d’un petit marteau. Un artisan carrossier peut passer un an sur les lignes d’une voiture de collection. « La mécanique est un métier de précision, presque scientifique. La tôlerie est un art ». Lors d’une restauration, Hubert Haberbusch n’intervient jamais sur le moteur, il se consacre exclusivement à retrouver le design de la voiture.
« La carrosserie est un art », disait le maître des années 30, Jean-Jacques Labourdette. Affirmation présomptueuse ? Nullement si l’on en juge par le succès de Rétromobile. Fatigué de la sécheresse et de la bêtise de l’art contemporain, le public est en quête de sentiments. L’art n’est pas un discours encore moins une idéologie. L’art, c’est l’émotion.
Les chantiers durent entre un et deux ans. Seules 8 à 10 voitures sont restaurées chaque année. Les clients du garage sont des collectionneurs passionnés, prêts à casser leurs tirelires. Hubert Haberbusch travaille aussi pour la collection Schlumpf, la collection automobile du musée de Mulhouse. De nombreux véhicules furent les pensionnaires du garage : Bugatti, Pegaso, Porsche 356, Mercedes. « Chaque marque a ses collectionneurs. Les Citroënistes ne pensent que Citroën. C’est une véritable religion ». Pour ne pas être enfermé dans un dogme, Hubert Haberbusch navigue d’une marque à l’autre. Chaque restauration nécessite donc une grosse recherche dans les archives. « La carrosserie est un art », disait le maître des années 30, Jean-Jacques Labourdette. Affirmation présomptueuse ? Nullement si l’on en juge par le succès de Rétromobile. Fatigué de la sécheresse et de la bêtise de l’art contemporain, le public est en quête de sentiments. L’art n’est pas un discours encore moins une idéologie. L’art, c’est l’émotion.
Benjamin de Diesbach
-Classic Garage 18 bis, rue de la Mare Jacob, 91290 La Norville 06 28 59 40 72
-Hubert Haberbusch Carrosserie 2, rue du Rhin Napoléon, 67000 Strasbourg – 03 88 61 70 24
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