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Frontignan, c’est aussi un Festival international du roman noir réputé. Réputé surtout pour son soutien sans faille au terroriste italien Cesare Battisti, et cela avec l’appui de la municipalité dirigée, pour encore quelques jours, par le socialiste Pierre Bouldoire.
Chaque année, depuis 1998, se tient à Frontignan le Festival international du roman noir (Firn). Co-organisé par la municipalité (de gauche), une association (gauchiste) et une maison d’édition (tout pareil). Ne cherchez pas ADG dans la liste des invités, l’auteur de Balles nègres ou de Pour venger Pépère n’y a jamais été convié. Faudrait voir à pas mélanger les auteurs dits d’extrême droâte, fussent-ils édités chez Gallimard, avec l’interminable cohorte des écrivains gauchos qui ont transformé le roman policier – qui a tué ? – en manifestes revendicatifs de tous les meurt-de-faim subventionnés qui descendent sur le pavé pour y pourfendre les sabreurs, les bourgeois, les gavés et les curés.
Revenu de ses révolutions perdues, le polar exprime fortement, depuis quelques années, la résilience et la reconstruction, collective ou individuelle. Il donne la parole à tous ceux qui prennent acte que plus rien ne sera comme avant et surtout pas eux-mêmes du moment qu’ils se nourriront de leurs combats passés.
L’édition 2020 du Firn s’annonce encore comme un grand cru. Il est placé sous le signe des « résistances » et de la « résilience ». « D’un commun accord, lit-on sur la bande-annonce, le roman noir est la littérature de toutes les résistances. À l’oppression, à l’argent, aux pouvoirs, à la folie. Elle montre à voir le genre humain dans ses aspects les plus crus, les plus vrais. […] Revenu de ses révolutions perdues, le polar exprime fortement, depuis quelques années, la résilience et la reconstruction, collective ou individuelle. Il donne la parole à tous ceux qui prennent acte que plus rien ne sera comme avant et surtout pas eux-mêmes du moment qu’ils se nourriront de leurs combats passés. Sans oubli ni pardon ».
Fort heureusement, Fred Vargas, son plus ardent défenseur, avait lu aux Frontignanais une lettre signée : « Votre concitoyen Cesare Battisti », par laquelle celui-ci saluait « le courage des Frontignanais pour résister à l’intoxication » le concernant. Émotion dans les rangs de la gauche, vomissements à droite.
Ils le font exprès ? Parce qu’à propos d’impossible oubli ou pardon, le Firn s’est rendu célèbre en faisant du terroriste italien Cesare Battisti son « invité permanent ». Sans en référer au maire ? Point : avec son aval ! En 2004, le maire socialiste avait même fait Cesare Battisti « citoyen d’honneur » de Frontignan, avec remise d’une médaille « symbolique » ! C’était un peu dommage pour la photo de l’accolade entre le premier édile et le fondateur des Prolétaires armés pour le communisme mais ce dernier étant en cavale en Amérique du Sud, il eût été trop risqué de le faire venir. Fort heureusement, Fred Vargas, son plus ardent défenseur, avait lu aux Frontignanais une lettre signée : « Votre concitoyen Cesare Battisti », par laquelle celui-ci saluait « le courage des Frontignanais pour résister à l’intoxication » le concernant. Émotion dans les rangs de la gauche, vomissements à droite.
Lire aussi : Serge Federbusch : « Le vote utile est un vote imbécile, facteur de trahison »
Quinze ans ont passé, Cesare Battisti est rentré en Italie menottes aux poignets, y est repassé devant la justice, sa condamnation à la réclusion à perpétuité a été confirmée et il a fini par passer aux aveux : « Tout ce qui est écrit dans le jugement est la vérité. J’ai commis quatre homicides […] Je n’ai jamais été victime d’une injustice. Je me suis moqué de tous ceux qui m’ont aidé, je n’ai même pas eu besoin de mentir à certains d’entre eux ». Et qui c’est-y, entre autres, qui a eu l’air d’un fieffé abruti ? Le maire socialiste de Frontignan évidemment.
Ce n’est pas au PS qu’il aurait dû adhérer, c’est chez les jésuites. Gérard Prato, celui qui espère bien lui succéder à la tête d’une liste d’union des droites, avait eu beau jeu de lui en mettre plein la tronche, ainsi que l’UMP, en réclamant que Bouldoire présente plutôt ses excuses, et à la population, et aux familles des victimes de Battisti. On les attend toujours.
Alors Pierre Bouldoire a pris une décision forte?: il lui a retiré sa citoyenneté d’honneur. Enfin, pas tout à fait… Il a pris sa plume et, dans une lettre communiquée à la presse locale, il a écrit que, « en avouant récemment une partie des faits qui lui étaient reprochés par la justice italienne et quelles que puissent être les conditions et les motivations de ces aveux (sic), Cesare Battisti a perdu de facto son statut de citoyen d’honneur ». Ce n’est pas au PS qu’il aurait dû adhérer, c’est chez les jésuites. Gérard Prato, celui qui espère bien lui succéder à la tête d’une liste d’union des droites, avait eu beau jeu de lui en mettre plein la tronche, ainsi que l’UMP, en réclamant que Bouldoire présente plutôt ses excuses, et à la population, et aux familles des victimes de Battisti. On les attend toujours.
En 2010, déplorant son absence du festival, le Firn écrivait dans son programme : « Ne pouvant physiquement être présent à Frontignan, Cesare Battisti l’est toujours dans nos pensées. » On a hâte de lire le programme 2020, surtout si la mairie passe à droite…
Comme on attend toujours que le site internet du Festival international du roman noir, toujours parrainé par la municipalité, soit mis à jour. La bobine de l’assassin Battisti y figure encore, sa bio aussi ; elle n’a simplement pas été actualisée et évoque toujours l’obstination de la justice italienne à obtenir son extradition pour des « crimes qu’il nie avoir commis »… En 2010, déplorant son absence du festival, le Firn écrivait dans son programme : « Ne pouvant physiquement être présent à Frontignan, Cesare Battisti l’est toujours dans nos pensées. » On a hâte de lire le programme 2020, surtout si la mairie passe à droite…
Bruno Larebière
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