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Serge Federbusch : « Le vote utile est un vote imbécile, facteur de trahison »

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© Louis Lecomte pour L'Incorrect

Serge Federbusch est énarque, ancien conseiller de Bertrand Delanoë, qui a longtemps travaillé dans les arcanes de l’administration municipale parisienne. Il mène la liste Aimer Paris aux élections  de 2020, une liste soutenue par le Rassemblement national. Il fait un point sur sa campagne, à quelques jours du scrutin.

 

 

Quel résultat escomptez-vous dimanche ?

J’espère qu’on arrivera à surmonter le vent de démagogie et d’imbécillité qui caractérise toutes les élections françaises depuis 2007. En 2007 c’était Sarkozy, en 2012 c’était Hollande et son « changement c’est maintenant », en 2017 ce fut Macron, LREM, et son nouveau monde. Là, le vent de démagogie et d’imbécillité souffle chez Rachida Dati, laquelle nous refait du Sarkozy 2007 à Paris. C’est-à-dire rouler des mécaniques avec une politique soi-disant à droite, mais qui ne fera rien. Mesure après mesure, sur la circulation, le logement ou l’immigration, il n’y a que des renvois à des comités Théodule. En réalité, la trahison est déjà prête. Simplement, elle surfe sur la vague anti-Hidalgo. Nous, nous essayons de faire comprendre aux électeurs que ce n’est que du vent et des mensonges, et j’espère que nous arriverons à contrarier ce vote soi-disant utile, qui est en fait un vote imbécile et facteur de trahison. Nos propositions sont les seules alternatives à Hidalgo.

 

 

Est-ce que vous êtes satisfait de votre campagne, compte tenu des conditions logistiques compliquées ?

Nous avons fait pratiquement des actes d’héroïsme, parce que nous avons des moyens extrêmement faibles. D’autre part, la plupart des médias officiels, industriels et oligarchiques ne parlent pas de nous. Ce matin il y avait un article dans Le Parisien au sujet de la campagne dans le XIXe arrondissement, dans lequel je ne suis même pas mentionné. Je fais campagne depuis un an et demi, et tout le monde est mentionné sauf moi ! C’est une véritable omerta. Le Parisien ce sont les laquais de Bernard Arnault et du groupe LVMH, qui sont proches d’Hidalgo. Je suis un ennemi signalé de ce genre de comportement et d’oligarques. Ça ne peut être qu’un ordre de ne pas parler de nous, pour que ça atteigne un tel niveau de déni et de black-out. On a été vraiment ostracisés, mais peu importe car nous sommes présents sur le terrain.

 

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L’autre problème, c’est que nous avons eu très peu d’aide, peu de moyens matériels et d’argent. Ce qui fait que dans certains arrondissements comme le XVIe, le Xe et l’XIe, il n’a pas de bulletin et de profession de foi dans les enveloppes qui arrivent à domicile. Ça inquiète un peu les gens, mais je tiens à les rassurer : les bulletins seront dans les bureaux de vote. Nous allons les acheminer dans les mairies qui vont les distribuer. Mais nous sommes obligés de recourir, du fait de l’absence de moyens financiers, à ces pis-aller. On a même du mal à ouvrir des comptes de campagne parce que les banques nous refusent. Dans trois arrondissements  on ne peut pas encore aujourd’hui, pratiquement à la veille du scrutin, ouvrir un compte de campagne. Il va falloir à nouveau saisir la Banque de France, et forcer les banques à ouvrir des comptes. Nous sommes face à une adversité et une hostilité très grandes, mais malgré ça nous arrivons à avancer et être présents partout. Nous sommes parvenus à avoir des listes partout, ce qui a été très difficile. Et puis on a fait un maximum d’actions militantes avec les moyens dont on dispose, et j’espère qu’avec ça on pourra dans certains arrondissements atteindre 10% et accéder au second tour, pour empêcher les tractations minables entre Dati et Buzyn.

 

Avez-vous eu bon accueil de la part des Parisiens  ?

Excellent ! Franchement excellent. À part évidemment les quelques gauchistes, ou les quelques socialistes endurcis, qui ont un horizon politique égal à rien du tout, beaucoup de gens détestent Hidalgo, comprennent notre message, et nous envoient des messages discrets de soutien. Je pense qu’on peut faire un meilleur score que ce qui est annoncé par les sondages.

 

Est-ce que vous avez envie de vous réveiller mardi ou mercredi, apprenant les tractations avec Agnès Buzyn, et la triste constatation que vous avez voté pour Macron ? C’est aussi simple que ça.

 

Quel message adressez-vous aux électeurs tiraillés entre votre liste et celle de Rachida Dati ?

C’est simple, avez-vous envie de vous faire arnaquer une fois de plus ? Est-ce que vous avez envie de vous réveiller mardi ou mercredi, apprenant les tractations avec Agnès Buzyn, et la triste constatation que vous avez voté pour Macron ? C’est aussi simple que ça. Alors – je vais être un peu brutal –  si vous avez envie d’être traités comme des imbéciles, pour la énième fois, votez Dati. C’est une imposture du système, et vous n’avez rien à en espérer.

 

 

Propos recueillis par Louis Lecomte

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