[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1586526980414{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]
À peine constitué, le Free Speech Union, organisation de défense de la liberté d’expression (entretien ci-contre), essuyait les attaques d’une presse de gauche qui ne voit pas de problème particulier à interdire de cité les opinions qu’elle combat.
En Grande-Bretagne, le lancement du Free Speech Union a déclenché la réaction pavlovienne des médias de gauche. Au Guardian, on a ouvert des yeux ronds. Censure ? Quelle censure ? Les tribunes se sont succédées pour railler ce projet porté par « une bande d’hommes blancs » (à croire que la jeune directrice noire ne compte pas… peut-être parce que c’est une femme, et qu’en plus elle est noire) Le FSU ? Une escroquerie, un club de racistes et de mal-pensants, lisait-on dans les éditos.
On l’a vu chez nous avec l’affaire Mila, quand des commentateurs mettaient sur le même plan les propos insultants de la jeune fille et les menaces de mort qui lui étaient adressées, piétinant notre principe fondateur de liberté d’expression qui autorise l’insulte mais interdit l’incitation à la violence.
Ces temps-ci, la défense de la liberté d’expression passe pour une lubie de droite, nourrie par des conservateurs chouineurs en plein délire paranoïaque. Fliquer le langage, certains n’y voient rien à redire. On l’a vu chez nous avec l’affaire Mila, quand des commentateurs mettaient sur le même plan les propos insultants de la jeune fille et les menaces de mort qui lui étaient adressées, piétinant notre principe fondateur de liberté d’expression qui autorise l’insulte mais interdit l’incitation à la violence.
Lire aussi : ÉDITORIAL : UN NOUVEAU DESTIN
Or donc, en Grande-Bretagne, les éditorialistes se gaussaient. La crise de la liberté d’expression à l’université ? Un mythe ! Ne suivant que leur propre logique et un raisonnement en vase clos plutôt commode, ils soutenaient qu’interdire de citer les opinions qu’ils combattent, cela n’a rien à voir avec la censure.
Le communiqué de l’association hôte, imbibé d’idéologie féministe et décoloniale, est rédigé par des hétérosexuelles blanches privilégiées qui se battent la coulpe et exhibent leur pureté morale en écrivant wom*n pour éradiquer le mot man.
Depuis, chaque jour vient apporter son cas pratique à la nouvelle organisation, preuve que le FSU a vu juste. Le 5 mars, Amber Rudd, ex-ministre de l’Intérieur de Teresa May, invitée par une association étudiante d’Oxford pour une conférence visant à encourager les carrières politiques féminines, apprend, tout juste arrivée sur place, que sa présence n’est plus souhaitée. La conférence est annulée. Le communiqué de l’association hôte, imbibé d’idéologie féministe et décoloniale, est rédigé par des hétérosexuelles blanches privilégiées qui se battent la coulpe et exhibent leur pureté morale en écrivant wom*n pour éradiquer le mot man. Des étudiantes de l’université la plus prestigieuse d’Angleterre auront donc tranché : pas de tribune pour les conservateurs. Le FSU a envoyé un courrier de protestation à l’administration d’Oxford avec copie au ministère de l’Education. Quinze jours plus tard, Oxford décidait de dissoudre la vertueuse association étudiante pour non-respect des règles de liberté d’expression à l’université. Première victoire du FSU qui se félicite du message de fermeté envoyé aux étudiants d’Oxford et d’ailleurs.
Scandalisés, 338 employés du Guardian signent une lettre dénonçant la « transphobie » de cette tribune. Ils exigent que leur journal soit à l’avenir nettoyé de tout contenu « hostile à la communauté transgenre ».
Le 6 mars, il y eut une révolution au quotidien le Guardian après la publication d’un article de Suzanne Moore, féministe et membre de la rédaction. Elle y affirme que le sexe est une caractéristique biologique et non une affaire de ressenti. Scandalisés, 338 employés du Guardian signent une lettre dénonçant la « transphobie » de cette tribune. Ils exigent que leur journal soit à l’avenir nettoyé de tout contenu « hostile à la communauté transgenre ». Gare à celui qui osera écrire dans les colonnes du Guardian que l’humanité se divise entre les sexes masculin et féminin. Le FSU a fait savoir qu’il ouvrait ses portes aux dissidents.
Lire aussi : TOBY YOUNG : « LES DÉFENSEURS DE LA LIBERTÉ DOIVENT S’UNIR POUR SE DÉFENDRE »
Le 9 mars, Trevor Phillips, militant anti-raciste depuis 40 ans, ex-président de la Commission pour l’Égalité et les Droits de l’Homme est suspendu du parti travailliste pour s’être opposé à l’instauration d’une loi sur l’islamophobie qui équivaudrait, selon lui, à une loi anti-blasphème. Le FSU a lancé une pétition demandant au Labour Party la réintégration de Trevor Phillips.
À quand la pénalisation des féaux que sont la jalousie, la méchanceté ou la radinerie, qui nuisent tout autant à autrui ?
On muselle les « discours de haines ». On entend parler de cette notion depuis peu, mais sans arrêt, sans trop savoir de quoi il retourne. En juin dernier, Antonio Guterres présentait le plan d’action de l’ONU contre les discours de haine. Il commençait par reconnaître qu’il n’y a pas de définition légale, avant d’en énoncer une, la plus élastique possible, donc la plus menaçante pour la liberté d’expression. Depuis, les lois nationales sur le discours de haine tombent comme à Gravelote. À quand la pénalisation des féaux que sont la jalousie, la méchanceté ou la radinerie, qui nuisent tout autant à autrui ? Les sentinelles du politiquement correct ont sûrement plein de projets en rayon. Le FSU aura de quoi s’occuper.
Sylvie Perez
[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]





