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La pandémie est le véhicule de rumeurs les plus infondées, de désinformations et de fantasmes. Faut-il être catastrophiste, relativiste ou négationniste ? Essayons la vérité.
La Suède n’a pas confiné et a moins de morts
Faux.
Le taux de mortalité par habitant est l’un des plus élevés au monde, très supérieur à ceux de ses voisins. La Suède compte 314 morts pour un million d’habitants, contre 90 pour le Danemark et 47 pour la Finlande. Une surmortalité qui se confirme aussi face aux États-Unis et qui pourrait aussi se confirmer face à l’Italie, dont la courbe de mortalité a suivi une pente courbe descendante continue contrairement à celle de la Suède qui ne parvient toujours pas à se stabiliser. Ce que la Suède n’a pas gagné en matière de santé, elle ne l’a pas non plus compensé économiquement.
Ce que la Suède n’a pas gagné en matière de santé, elle ne l’a pas non plus compensé économiquement.
La Commission européenne prévoit une baisse de croissance de 6,1 % pour le royaume, alors que le Danemark enregistrera une baisse de 3,9 % et la Finlande de 5,3 %. On ne peut pas affirmer avec une absolue certitude que le confinement était nécessaire, mais il est certain que la Suède n’a pas profité de sa politique à contre-courant.
Le covid-19 fut une grosse grippe qui n’a rien changé à la mortalité moyenne
Faux.
Pour en évaluer l’impact, il faut évaluer l’excès de morts sur une période donnée dans les pays qui fournissent des données fiables (oublier la Chine par exemple). Ainsi, si l’on se réfère aux statistiques de l’Insee, les deux seuls évènements comparables à la pandémie en termes de mortalité quotidienne sont la « grippe de Hong Kong » de décembre 1969 (chiffres légèrement inférieurs) et la canicule de 2003 (chiffres supérieurs), et ce avec des mesures inédites de confinement et la mise à disposition de tout le système hospitalier – muni aujourd’hui de moyens techniques très supérieurs. N’oublions pas non plus que nous ne savons pas quelles seront les éventuelles séquelles que porteront les personnes guéries ayant contracté des formes sévères.
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Il n’y aura pas de deuxième vague
On ne sait pas.
Rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que le plus gros est passé. Rien ne permet non plus d’affirmer que le plus dur est à venir. Il n’y a actuellement aucun consensus scientifique en la matière. Le centre de recherche sur les maladies infectieuses de l’université du Minnesota a publié une étude donnant trois scénarios possibles, aucun ne faisant mention d’une disparition brutale du covid-19. Le plus optimiste de ces scénarios voudrait que la plus grosse vague soit derrière nous et que nous n’ayons que de petits foyers épidémiques à circonscrire durant les trois prochaines années. Le plus pessimiste prévoit une deuxième vague beaucoup plus brutale à l’automne avant un effondrement progressif. Tous les épidémiologistes s’accordent toutefois sur un point : le covid-19 a toutes les chances de devenir un virus endémique.
Tous les épidémiologistes s’accordent toutefois sur un point : le covid-19 a toutes les chances de devenir un virus endémique.
On ne veut pas nous donner le traitement du docteur Raoult
Faux.
Son traitement a été donné dans de nombreux hôpitaux en France comme à l’étranger. Malheureusement, l’efficacité du traitement combinant l’hydroxychloroquine à l’azithromycine n’a pas été confirmée ni prouvée pour l’instant. Aucun traitement ne fait d’ailleurs l’unanimité.
Bill Gates veut nous placer des puces en nous vaccinant
Bof.
Encore faudrait-il pour ça qu’un vaccin soit trouvé ! Rien n’est moins sûr. Ni le premier Sras de 2003 ni le Mers n’ont de vaccins. De l’avis général, il sera très difficile de trouver un vaccin, lequel pourrait nécessiter de nombreux et fréquents rappels pour être efficace.
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Le covid-19 est une arme biologique fabriquée en laboratoire
Plutôt faux.
Selon Yves Sciamma, journaliste scientifique, la séquence génétique du Sars-CoV-2 montrerait qu’il n’est pas un virus fabriqué en laboratoire mais rien ne permettrait pour l’heure d’exclure « qu’il se soit échappé du BSL4 de Wuhan, qui travaillait sur les coronavirus de chauvesouris, et avait été critiqué sur ses pratiques ». La Chine a d’ailleurs admis qu’elle avait ordonné à des laboratoires non autorisés de détruire des premiers échantillons du nouveau coronavirus afin de « prévenir tout risque pour la sécurité biologique des laboratoires et éviter des catastrophes secondaires causées par des agents pathogènes non identifiés. » De quoi entretenir la méfiance.
Gabriel Robin
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