Sara Winter est née Fernanda Giromini en 1992. Sa jeunesse ressemble à beaucoup de Brésiliens vivant dans les favelas. Violences familiales, prostitution, avortement, elle dirige rapidement le mouvement Femen brésilien après un passage à Kiev, chez la célèbre activiste Inna Shevchenko. En 2012 elle fonde le groupe bisexuel «Bastardxs » qui entend lutter « contre le patriarcat et le chauvinisme mâle » et se mue en Sara Winter, sorte de « Xéna, guerrière de la rue » en faveur des droits pour les homosexuel(le)s. Deux après avoir embrassée une militante devant une église de Rio, elle opère un spectaculaire revirement. Elle demande pardon pour toutes les offenses qu’elle a pu faire aux chrétiens, crucifix à la main, et se fait baptiser dans la religion catholique. En 2015, elle publie Chienne, non ! – Sept fois j’ai été trahie par le féminisme.
Lire aussi : La Californie, ou l’échec cinglant du socio-libéralisme
Après une brève incursion au gouvernement entre avril et novembre 2019 comme conseillère au ministère des femmes, l’ancienne Femen retrouve la ferveur de l’activisme et fonde «Les 300 du Brésil », qui a tout d’une force paramilitaire de l’extrême. La jeune femme joue avec les ambiguïtés. Une croix de fer tatouée sur le corps ? Une « erreur de jeunesse » plaide Sara Winter dont le pseudonyme évoque aussi une figure du fascisme britannique de la seconde guerre mondiale. « Pure coïncidence » rétorque la militante. La justice la soupçonne de monter une armée de faux comptes sur les réseaux sociaux et de divulguer des fausses nouvelles en faveur du président Bolsonaro qu’elle adule autant qu’elle voue une haine tenace à tout ce qui est de gauche. «(Nous sommes) prêts à donner notre vie pour la nation, et nos armes sont le symbole de notre foi en Dieu » explique la pasionaria bolsonariste qui attend désormais son procès pour se mettre en scène et réussir à transformer le Brésil en une « nouvelle Ukraine », tout un programme.





