En la matière, la France a développé son arsenal juridique dans les années 1930, en réaction au danger supposé que les ligues faisaient peser sur la République. C’est après le 6 février 1934 que l’idée d’une loi qui permettrait de dissoudre ces ligues a émergé, pour aboutir dans le texte du 10 janvier 1936, base sur laquelle se font aujourd’hui encore les dissolutions d’organisations. Cette loi est donc une loi de gauche, qui cherche à se protéger contre une subversion contre-révolutionnaire. On ne s’étonnera pas que la Ligue d’Action Française et la Fédération nationale des Camelots du Roi soient les premières touchées par ce texte, dès le mois de février 1936. Récemment, une ordonnance du 12 mars 2012 a créé l’article L212-1 du code de la sécurité intérieure, qui prévoit la possibilité de dissoudre les groupements de fait. Quels sont les critères pour prononcer une dissolution? Ils ont évolué et sont aujourd’hui au nombre de sept, mais seuls les deux premiers comptent en ce qui concerne les groupes antifascistes. Le premier stipule qu’une organisation peut être dissoute si elle participe à des manifestations armées sur la voie publique, le deuxième qu’elle peut l’être si sa nature est paramilitaire, c’est-à-dire si sa forme ou son fonctionnement visent à la rendre capable de faire usage de violence.
Les groupes antifa sont-ils violents? Ils le sont déjà par leurs slogans: sur les stickers qu’ils collent dans les villes, on peut lire « Fight your local fascist », surmonté d’un poing qui s’abat sur le visage d’un homme visiblement représenté comme un militant d’extrême-droite. Des mots d’ordre, diffusés par des affiches ou dans les manifestations, du type « Pas de fascistes dans nos quartiers, pas de quartiers pour les fascistes » témoignent aussi d’une rhétorique martiale. Au-delà du discours, cette violence des antifas se retrouve dans la pratique. Il est évident que, très régulièrement, des événements perçus comme étant de droite ou d’extrême droite sont attaqués par des jeunes gens cagoulés qui scandent des slogans ou portent des signes en tout genre qui permettent de les identifier à des antifascistes.
Des mots d’ordre, diffusés par des affiches ou dans les manifestations, du type « Pas de fascistes dans nos quartiers, pas de quartiers pour les fascistes » témoignent aussi d’une rhétorique martiale. Au-delà du discours, cette violence des antifas se retrouve dans la pratique.
Il arrive aussi que les antifas revendiquent tout simplement ces agressions. Elles sont particulièrement nombreuses dans les universités, et le syndicat étudiant de droite de la Cocarde ainsi que le journal L’Étudiant libre en sont régulièrement les victimes. Récemment, c’est dans les cortèges de Gilets jaunes que cette violence a pu s’exprimer. Le 8 décembre 2018, une quinzaine de militants de l’Action Française présents dans la manifestation de Gilets jaunes étaient par exemple frappés et chassés hors du cortège par une centaine d’antifas.
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En admettant que cette interdiction soit fondée en droit et légitime, est-elle pour autant possible? Ces dernières années, de nombreuses propositions d’interdiction des organisations antifas issues de LR et du RN n’ont pas abouti. Ceux qui défendent ces interdictions mettent en avant la différence de traitement qui existe sur les plans médiatique et judiciaire entre les groupuscules violents d’extrême droite et d’extrême gauche. L’interdiction des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires de Serge Ayoub après l’affaire Méric n’ayant été contrebalancée par aucune mesure contre les groupes de gauche radicale avait particulièrement nourri cette impression de deux poids, deux mesures. Ces velléités de dissolution des groupes antifascistes achoppent cependant sur la même difficulté : il faut déjà avoir quelque chose à dissoudre.
C’est là qu’il faut se souvenir de la différence entre un groupuscule d’extrême gauche et une mob antifasciste. Un groupe d’extrême gauche est souvent une association loi 1901 qui, même s’il peut être violent, vise d’abord à l’action politique. Un rassemblement antifasciste ne se place pas exactement sur le terrain du combat politique, au sens où son action viserait à diffuser des idées dans la population.
L’Action antifasciste en France est le groupe auquel la majorité des antifas de l’Hexagone se rattachent. Inexistant au niveau juridique, il s’organise en comités locaux très autonomes qui coordonnent leurs actions sur Facebook.
Il cherche au contraire à empêcher certaines idées de s’exprimer et est bien souvent un groupe informel. Les individus qui le composent peuvent se retrouver à l’occasion d’une manifestation, de l’agression d’une réunion publique ou d’un meeting qu’ils estiment fascisant sans pour autant faire partie d’une association déclarée. L’Action antifasciste en France est le groupe auquel la majorité des antifas de l’Hexagone se rattachent. Inexistant au niveau juridique, il s’organise en comités locaux très autonomes qui coordonnent leurs actions sur Facebook.
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La lute contre les groupes antifascistes ne semble pas pouvoir se réaliser par leur dissolution. Par ailleurs, le réflexe même de vouloir interdire des groupes violents doit nous interroger, quand on compare le niveau relativement peu intense de cette violence politique par rapport à celle des années 1970 ou 1980. Le choc que nous ressentons face à la brutalité exercée au nom d’idéaux politiques doit aussi interroger le rapport de rejet que notre société toujours plus féminisée et policée, dans tous les sens du terme, entretient avec la violence sous toutes ses formes.





