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Antifa = SA?

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Publié le

9 juillet 2020

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Intimidations, dénonciations, agressions en plein jour et descentes musclées dans les bars et les universités: les mouvances antifa se conduisent de plus en plus comme de véritables milices fascistes, adaptées à leur milieu local et rejetant tout centralisme pour mieux se déployer dans les grandes villes.

C’est une scène désormais banale dans le milieu universitaire, qu’on se contente de filmer à l’abri de son smartphone, et que les médias relayent discrètement dans un entrefilet: le 17 octobre dernier, à la faculté de Nanterre, en pleine élection universitaire, un groupe d’étudiants qui tractaient pour la Cocarde a été violemment attaqué par des « miliciens » de l’extrême gauche, comme on les appelle désormais. Le modus operandi est toujours le même et obéit aux règles du combat de rue : une attaque éclair, souvent déployée en quelques secondes, par un groupe qui s’assure toujours d’être supérieur en nombre.

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Les étudiants cagoulés sont armés de matraques télescopiques et de bombes lacrymogènes, protégés par des coques et des gants de hockey. Ils centrent leurs offensives sur les individus isolés, frappent pour faire mal et décampent aussitôt. Issus de l’UNEF et de l’inter-orga, un mouvement étudiant qui réunit quelques jeunes nervis du NPA et du TACLE (Tendance Action Collective et Lutte Étudiantes), les antifas de Nanterre n’ont pas été inquiétés et ont pu se vanter sur le web d’avoir encore une descente victorieuse à leur actif. Le TACLE: un acronyme qui résume bien l’essentiel de leur action politique : frapper vite et vicieusement.

La Cocarde n’est pourtant pas ce qu’on peut appeler un mouvement d’extrême droite : mouvement d’union des droites, souverainiste, gaulliste, on est bien loin de la peste brune que se gargarise de combattre l’ultra-gauche. Ces derniers n’ont pas été inquiétés: on le sait, ils bénéficient toujours d’une indulgence certaine, en particulier dans le milieu universitaire, où l’on ferme les yeux plus qu’ailleurs, sans doute à cause de la légende dorée des « facs de gauche », composée après 68 et savamment ment relayée dans les années 80 par la mitterrandie et ses officines anti-racistes.

Terreur urbaine

Ce n’est malheureusement pas un événement isolé, et les deux dernières années ont vu se multiplier les actions ultra-violentes, souvent en plein jour et devant des passants médusés, dans un climat de terreur qui n’a rien à envier aux rues de Berlin des années 30 : à Paris, plusieurs bars, affiliés de près ou de loin à la droite, ont été attaqués en pleine journée par les antifas, notamment la Cantada, rendez-vous connu de la faune métal et rock de Ménilmontant, pris pour cible sans doute pour son œcuménisme et sa mixité politique, qui faisaient tache dans un quartier qu’on sait dominé par Julien Terzic et ses séides.

À Rennes, plus récemment, la terrasse du « Web Ellis » a été attaquée alors que se tenait une réunion du journal L’Étudiant Libre. Les activistes ont renversé les tables et les chaises et jeté de l’ammoniaque au visage d’un homme.

À Ménilmontant, précisément, la lutte antifasciste n’est jamais que la façade d’une guerre de territoire qui dure depuis 20 ans et utilise l’opinion et la crédulité des élus pour asseoir son pouvoir. Dans le XVe arrondissement, c’est la terrasse d’une brasserie qui a été attaquée en pleine journée pour avoir accueilli quelques membres de l’Action française. À Rennes, plus récemment, la terrasse du « Web Ellis » a été attaquée alors que se tenait une réunion du journal L’Étudiant Libre. Les activistes ont renversé les tables et les chaises et jeté de l’ammoniaque au visage d’un homme. Quelques jours seulement auparavant, les mêmes, réunis sous la bannière Défense Collective, attaquaient un autre bar, « L’Été Indien », parce qu’il avait loué une salle à l’Action Française, encore.

À Lyon, Montpellier, Nantes, Strasbourg, et dans la plupart des grandes villes étudiantes, les actions de la mouvance antifasciste sont désormais monnaie courante, obligeant souvent les étudiants de droite à se cacher, allant jusqu’à faire annuler certains évènements culturels jugés non conformes à leur doxa paranoïaque. D’inoffensives associations ont été dissoutes un peu partout sur la foi de dénonciations oiseuses: les antifas, hackers à la petite semaine, sont passés maîtres dans l’art de dénicher les fausses casseroles. Il suffit parfois qu’un musicien ait officié il y a 15 ans dans un groupe « tendancieux » pour que tout un festival soit menacé. Car dans le doute, les autorités font annuler: pas question d’être soupçonné d’avoir financé un concert d’extrême droite.

Lire aussi : Un député FN agressé par des « antifas »

Coups de téléphone anonymes, pressions sur les municipalités, harcèlement sur Internet: les méthodes sont nombreuses, mais le nerf de la guerre c’est l’action violente, chargée symboliquement. Une belle leçon de démocratie assénée à la matraque par des activistes qui bénéficient souvent d’une impunité totale. Il aura fallu que l’un d’eux, Antonin Bernanos, attaque à une voiture de police pour qu’il soit enfin déféré en justice, provoquant l’indignation de ses parents et de Libération, toujours à la pointe de la pleurnicherie lorsqu’il s’agit de défendre un de ces gosses de riches hystérisés par cette lutte fantoche. En quelques années, la mouvance extrême gauche s’est durcie et elle se comporte aujourd’hui comme une vraie milice fasciste, pas si éloignée des SA ou des chemises brunes qu’elle fantasme précisément dans les colonnes de ses torchons ronéotypés et sur ses forums.

Stade anal de la politique

De fait, l’extrême gauche a toujours calqué ses comportements sur les méthodes fascistes, et les deux mouvances viennent en réalité du même sérail, s’attaquent aux mêmes cibles: la culture, le milieu universitaire, les bars de quartier. Il s’agit toujours de prendre le pouvoir localement, de tracer les lignes transverses d’une récupération du territoire maille par maille, pavé par pavé. Un « localisme » qui est encouragé depuis les années 80 par les méthodes de l’extrême gauche officielle, le Parti Communiste d’abord, puis le NPA, qui bénéficient toujours de forts appuis dans les municipalités, noyautent les associations de quartiers et les lieux culturels. Le mouvement antifa est une hydre qui s’est très bien adaptée à un monde multipolaire et mondialisé : en se constituant autour d’associations locales, en à tout prix un pouvoir centralisé, les activistes d’extrême gauche ont su se couler parfaitement dans l’esprit des lieux et de l’époque. Nous sommes ici en plein dans ce que Raymond Aron appelle la « satisfaction querellante » qui remplace la lute des classes: d’ailleurs les antifas sont majoritairement des jeunes issus de la bourgeoisie, des fils de notables, et c’est sans doute la seule chose qui les différencie de leurs illustres prédécesseurs.

De fait, l’extrême gauche a toujours calqué ses comportements sur les méthodes fascistes, et les deux mouvances viennent en réalité du même sérail, s’attaquent aux mêmes cibles: la culture, le milieu universitaire, les bars de quartier.

Les médias ont la mémoire courte, lorsqu’il s’agit d’évoquer les exactions menées par l’extrême gauche antifasciste et ses affidés: qui se souvient aujourd’hui des Francs-Tireurs Partisans (FTP) ce groupe anarcho-libertaire qui a sévi à Marseille entre 1991 et 1998 ? Inspiré par Action directe, mais aussi par l’anarchisme antifranquiste et par les théories autonomistes, le créateur des FTP, Yves Peyrat, est passé par la case des Brigades Internationales du LCR et a été entraîné au Nicaragua. Il a mené pas moins d’une douzaine attentats contre des locaux du FN à Marseille, des attentats ayant entraîné seulement des pertes matérielles mais qui ont contribué à instaurer un véritable climat de guerre civile tout au long de la décennie. Ici encore, la lute contre le Front national sert à maquiller une volonté profonde de semer le chaos, dans une idéologie nébuleuse qui confond bien souvent anarchisme, anti-mondialisme et héritage situationniste mal digéré. Ce qui fonde l’action antifasciste, là encore, n’est pas tant une idéologie qu’un culte de la réaction, de l’affect, et une hystérie révisionniste. En soi, un véritable stade anal de la politique.

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