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Afrique du Sud : des étudiants inquiétés pour ne pas avoir invité de personnes noires à leur soirée

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Publié le

1 décembre 2020

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La tension est encore montée d’un cran en Afrique du Sud. Quelques semaines après le meurtre de Brendin Horner, ce jeune afrikaner sauvagement mutilé près de sa ferme, des affrontements raciaux ont eu lieu entre le mouvement du populiste anti-blancs Julius Malema et des Afrikaners. La Brackenfell High School a été mise sous surveillance par le ministère de l’Éducation depuis qu’un bal, organisé en dépit du covid, s’est déroulé sans que des personnes noires ne soient invitées.
Malema

Le 17 octobre, au cœur d’un magnifique vignoble, 42 étudiants et quatre professeurs se sont réunis pour fêter la fin de l’année scolaire, en dépit de l’interdiction de rassemblement décrétée à cause de la pandémie du Covid-19 qui touche violemment cette partie de l’Afrique australe. Baptisée « Masquerade Ball MX’20 », cette soirée estudiantine a rapidement mis le feu aux poudres entre les différentes communautés de la ville de Brackenfell, située dans la province du Cap.

Diffusée via l’application WhatsApp, l’invitation avait été envoyée à une liste d’élèves préalablement sélectionnés. Tous blancs. Des captures d’écran de cet événement ont fuité et la Brackenfell High School s’est retrouvée accusée de pratiquer la ségrégation raciale. Une enquête mise en place par le ministère de l’Éducation a révélé que ce lycée n’avait engagé aucun professeur noir depuis 1994 et la fin du régime d’apartheid. L’affaire aurait pu s’arrêter là si le mouvement Combattants pour la liberté économique (EFF) n’avait pas décidé de manifester devant les grilles de l’établissement scolaire.

Lire aussi : Le Cap de bonne Indépendance

Le 9 novembre, la situation s’est rapidement tendue entre les partisans du populiste Julius Malema venus demander la démission des professeurs incriminés et les Afrikaners aidés par une société de sécurité. Invectives et provocations de part et d’autre ont dégénéré en combat à mains nues devant les grilles du lycée. Un coup de feu a même été tiré en l’air par un des protagonistes blanc, contraignant la police à intervenir pour séparer les deux groupes, sous l’œil des caméras de télévision qui n’ont pas manqué de rappeler que l’Afrique du Sud replongeait dans le désordre. « Le spectacle des parents et des manifestants en train de se battre à la porte de l’école est profondément regrettable. Ce qui s’est passé … ramène des souvenirs blessants d’un passé auquel nous ne devrions jamais chercher à revenir ».

Face à cet incident, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a apporté son soutien aux Combattants pour la liberté économique, affirmant que ceux-ci exerçaient leur liberté démocratique de protestation avant « d’appeler toutes les parties à faire preuve de retenue et à résoudre pacifiquement les tensions ». L’Alliance démocratique (DA), principal parti d’opposition, a fustigé l’action de l’EFF les assimilant « aux chemises brunes du nazisme qui sont devenues rouges en Afrique du Sud ».

Le 18 novembre, l’EFF et le Congrès panafricain ont conjointement mobilisé leurs troupes devant la Brackenfell High School sous le slogan « One Boer, one bullet », chanson popularisée dans les années 1980 par une organisation africaine radicale inscrite sur la liste noire des mouvements terroristes aux États-Unis

Se référant aux rapports selon lesquels seuls des blancs étaient présents à cette fête, la Commission sud-africaine des droits de l’homme a déclaré que « personne ne devrait être autorisé à ramener la ségrégation raciale dans ce pays. Les profondes divisions raciales de l’apartheid et du passé colonial de l’Afrique du Sud ne peuvent être guéries tant que les enfants seront encore socialement séparés sur la base de leur seule race ». Le communiqué n’a pas apaisé les choses.

Le 18 novembre, l’EFF et le Congrès panafricain (PAC) ont conjointement mobilisé leurs troupes devant la Brackenfell High School sous le slogan « One Boer, one bullet » (un boer, une balle), chanson popularisée dans les années 1980 par une organisation africaine radicale inscrite sur la liste noire des mouvements terroristes aux États-Unis. De nouveau, la police a dû intervenir afin de les disperser au gaz lacrymogène, tandis que des Afrikaners étaient pris à partie par des partisans de Malema comme le montrent des vidéos postées par la section locale du Front de la Liberté (FF+), le parti qui défend le droit des Afrikaners à l’autodétermination. La diversité ou la mort ? Le tonnerre gronde dans le ciel de la nation sud-africaine.

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