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Qui est Laurence Fox ?

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Publié le

12 janvier 2021

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Fort d’une belle carrière de comédien et visage familier des Britanniques, Laurence Fox a été cloué au pilori par la bien-pensance pour ne pas avoir voulu admettre le racisme systématique qui frapperait son pays. En réponse, il lance son parti politique, le Reclaim Party.
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Laurence Fox a un physique d’acteur. Ce quarantenaire a derrière lui une belle carrière au théâtre, au cinéma et à la télévision. Il est devenu un visage familier des Britanniques pour son rôle de détective dans la série policière Lewis, à l’écran pendant dix ans. Il a incarné toutes sortes de personnages, jusqu’aux plus officiels, le roi George VI, le prince Charles et même le Général de Gaulle. Sa dernière performance dans la série Netflix White Lines le montrait dans la peau d’un hippy new-age.

Fox a un physique d’acteur et une certaine audace. Aussi, le 16 janvier dernier, a-t-il proféré l’indicible, en direct sur la BBC. L’acteur n’a pas tremblé avant de franchir la limite de l’acceptable. Fox, à la télévision nationale, et sans rougir, a dit les mots illicites : « Nous sommes le pays le plus magnifique et le plus tolérant d’Europe ». Faut-il avoir pactisé avec le diable pour dire des horreurs pareilles ?

Lire aussi : Laurence Fox, un renard dans le poulailler progressiste

Le contexte : une émission en public où politiciens et célébrités devisent autour des questions du moment. On y débat ce jour-là de l’exil du Prince Harry avec son épouse Meghan Markle et leur bébé (psychodrame interminable et d’un ennui confondant, le fameux Megxit). Une jeune femme dans la salle affirme que si la duchesse Markle a quitté le pays, c’est parce qu’elle y était victime de racisme. À quoi Laurence Fox rétorque sa phrase nauséabonde : « Nous sommes le pays le plus magnifique et le plus tolérant d’Europe » avant d’ajouter, les yeux au ciel : « cette accusation récurrente de racisme, ça devient lassant! » La femme objecte alors à Fox qu’il n’a pas la légitimité requise pour juger du racisme dans le pays, du fait de son statut de « mâle blanc privilégié ». « Je n’y peux rien, je suis né ainsi », répond l’accusé. Peut-être… Seulement, exprimer son désaccord avec une mandarine antiraciste (féminin de mandarin – la jeune femme était universitaire), aujourd’hui, vous envoie au bûcher.

Le soir même, les réseaux sociaux explosent. Une partie du pays remercie Fox. L’autre l’insulte. Fox est raciste, twitte-t-on fissa, pour se désolidariser du pestiféré. Les commissaires du politiquement correct s’activent. Equity, le syndicat national d’acteurs, publie un communiqué appelant les gens du métier à « dénoncer Fox sans équivoque » et déclare qu’il est « une honte pour la profession ». Fox reçoit des menaces de mort. La compassion, valeur étendard du progressisme, se mue en tyrannie selon un protocole désormais bien documenté. Fox est excommunié. Plutôt que de s’excuser, l’effronté répète qu’il a la chance de vivre dans la société la moins raciste de l’histoire de l’humanité. Il aggrave encore son cas en désapprouvant l’initiative d’un supermarché bien-pensant qui a aménagé des safe spaces pour ses employés de couleur. Re-polémique. Le « personnage controversé » à cause de ses « propos controversés » est de plus en plus controversé…

Le comédien se lance en politique, à la tête du Reclaim Party. Feuille de route : combattre l’hypervictimisme, l’auto-flagellation, la réécriture du passé et les forces de division raciale du pays, défendre la liberté d’expression et l’héritage britannique

Il faut dire que Fox, qui est aussi chanteur, n’en est pas à son premier pas de côté. Il a commis l’impair d’écrire un magnifique duo anti-woke, The Distance, qui condamne l’esprit de censure et l’obscurantisme contemporains. La chute de l’hérétique ne va plus tarder. En novembre, le dénouement de cette mauvaise comédie tombe : l’agent artistique de Laurence Fox lui annonce qu’il ne le représente plus. Sa carrière de comédien est terminée.

Le philosophe anglais Roger Scruton disait « le conservatisme n’est pas une question d’idéologie, c’est une question d’amour. Nous avons quelque chose à quoi nous tenons, ce pays, ses institutions, notre façon d’être ». C’est cet amour de son pays qui a valu à Laurence Fox un procès en sorcellerie. Attristé de ne plus pouvoir exercer son métier, il confie ne pas regretter le milieu « monoculturel et monochrome » du show-business où il travaille depuis 23 ans : « Les démonstrations de vertu, ça peut devenir très ennuyeux ». Le comédien se lance en politique, à la tête du Reclaim Party. Feuille de route : combattre l’hypervictimisme, l’auto-flagellation, la réécriture du passé et les forces de division raciale du pays, défendre la liberté d’expression et l’héritage britannique.

Pour avoir déclaré que le Royaume-Uni n’est pas un pays raciste, Laurence Fox a subi l’hallali et la haine progressiste. Il s’est relevé et ne semble pas craindre les coups qui l’attendent dans l’arène politique tant il est décidé à défendre les valeurs auxquelles il tient. Quand on l’interroge sur ses ambitions politiques, il répond : « Je vis au jour le jour. Mon ambition, c’est d’être un bon père. C’est à peu près tout ». On regardera tout de même avec intérêt la performance du Reclaim Party aux élections municipales britanniques en mai.

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