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Instruction en famille : quand Macron plagie Viktor Orbán !

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Publié le

26 janvier 2021

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« En France, les libertés sont réduites pour faire face à l’épidémie, oui, mais sur les autres sujets, je ne peux pas laisser dire cela. La France n’est pas un État autoritaire. On n’est pas la Hongrie ou la Turquie ! » Ainsi s’exprimait le président de la République française le 4 décembre 2020 pour répondre à des lecteurs de Brut s’inquiétant de « dérives liberticides ».
Orban Macron

De fait, on présente rarement Viktor Orbán et Emmanuel Macron en bons amis ou compères. L’un fait de l’autre un épouvantail, un repoussoir et vice-versa. Pourtant, s’il y a bien un terrain où ils semblent devoir se réconcilier, et où l’Élysée se montre objectivement liberticide, c’est celui de l’enseignement : le gouvernement français est tout simplement en train de concrétiser pour septembre 2021 ce que son homologue hongrois a réalisé à l’été 2019.

En octobre 2020, Emmanuel Macron a surpris tout son monde en faisant part de son intention de mettre fin à l’instruction en famille – ou « école à la maison » – au détour d’un discours sur le « séparatisme islamique ». Logiquement, les honnêtes gens ont eu du mal à trouver un rapport entre les deux. Leur surprise sera plus grande encore en apprenant que le régime d’autorisation préalable prévu en France a été instauré en Hongrie un an plus tôt, sous la houlette de Viktor Orbán. En vigueur depuis la rentrée de septembre 2019, cette réforme hongroise soumet l’instruction en famille à une très stricte et limitée autorisation préalable, ce qui vaut aussi bien pour les nationaux que pour les étrangers résidant en Hongrie.

Lire aussi : Séparatisme et hors-contrat : ces amalgames qui font le jeu des islamistes

Nous avons notamment pu nous assurer de ce détail en contactant en décembre 2020 le ministère des Ressources humaines (EMMI) dont dépend en Hongrie le secrétariat d’État à l’Instruction publique. Il nous a répondus en ce sens, avec signature et tampon officiels, le 8 janvier 2021. Autre similitude avec la situation française : la non-reconnaissance de l’enseignement par correspondance comme un mode de scolarisation.

Ce « plagiat » de mesures scolaires hongroises récentes, le gouvernement français se garde bien d’en faire état. Au contraire, il semble tout fait pour le dissimuler : l’étude d’impact datée du 8 décembre 2020 accompagnant le projet de loi approuvé en Conseil des ministres le lendemain ne mentionne jamais la Hongrie dans ce chapitre. Il s’agit pourtant de l’État européen qui propose actuellement la législation la plus semblable à celle que prévoit l’exécutif en France. On est encore plus surpris par le fait que, malgré ce silence, le document en question retient six autres pays, sans doute jugés plus présentables : la Grèce, la Croatie, l’Espagne, la Suède… mais aussi l’Allemagne (en se gardant bien d’évoquer l’origine de cette réglementation : le régime nazi) et les Pays-Bas – où le motif religieux prime.

De deux choses l’une : ou bien il y a volonté délibérée de taire le précédent hongrois pourtant parfaitement analogue ; ou bien la chose n’est guère sue des juristes gouvernementaux et il y aurait incompétence

De deux choses l’une : ou bien il y a volonté délibérée de taire le précédent hongrois pourtant parfaitement analogue ; ou bien la chose n’est guère sue des juristes gouvernementaux et il y aurait incompétence. La première possibilité paraît probable, surtout à la lumière de la fausse reculade du gouvernement sur le sujet, alors que le projet de loi définitif (avec ses motifs, peu nombreux et restrictifs, nommément désignés dans le texte) ressemble davantage à un durcissement de sa position. La version initiale, en ne listant aucun motif, pouvait laisser une plus grande latitude aux académies, ne serait-ce qu’en cas de changement de majorité, par la magie des circulaires et décrets. Entre la réalité et la communication, il y a tout un monde, et cette dernière l’emporte encore une fois sur la première…

Ces éléments méritent d’être connus, non seulement afin de rendre manifeste la duplicité du gouvernement en la matière, mais aussi pour combattre un certain optimisme très répandu qui fait croire à beaucoup de personnes que la promulgation d’une telle réforme en France ne passerait jamais auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Ce régime d’autorisation préalable limitée à l’extrême est pourtant en vigueur en Hongrie depuis près de deux ans, alors même que les juges européens auraient probablement toutes les raisons de s’attaquer à nouveau à cet État habitué à ce genre de procédures judiciaires…

Politiquement correct oblige, il serait de bon ton de s’inquiéter pour Emmanuel Macron d’une telle accointance avec les inspirations d’un homme politique largement honni des bien-pensants. Mais ne serait-ce pas plutôt Viktor Orbán qui devrait s’interroger sur ce triste rapprochement scolaire ?

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