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Emmanuelle Ménard : « Il y a un droit d’antériorité de la religion chrétienne »

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Publié le

27 janvier 2021

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Lors des débats en commission sur la loi contre le séparatisme, un amendement de la députée sans étiquette Emmanuelle Ménard a suscité la polémique. Elle proposait de réécrire la loi de 1905 pour réaffirmer l’héritage chrétien de la France. La gauche, Alexis Corbière en tête, s’est scandalisée : « L’extrême-droite veut réhabiliter le paradigme du régime de Vichy : nous ne laisserons pas passer ! ». La députée répond dans nos colonnes. Entretien.
Ménard

Quel était-le contenu de cet amendement qui a suscité la polémique ?

Par cet amendement, je souhaitais modifier l’article 1 de la loi de 1905 et réaffirmer que « l’Etat français, fort de son héritage chrétien, assure le libre exercice de culte et la liberté de conscience ».

Pourquoi avez-vous souhaité réécrire le premier article de la loi de 1905 ?

Je vous voulais réaffirmer ce qu’est notre pays : la France appartient à la civilisation chrétienne. Elle est pétrie de culture judéo-chrétienne. Son espace, ses paysages, ses monuments, ses musées ou encore sa littérature sont intimement liés à la civilisation judéo-chrétienne. Et, à ce titre, il ne saurait être question de mettre sur le même plan les différentes confessions pratiquées sur notre territoire. Oui, il y a un droit d’antériorité. Personne ne le conteste quand il s’agit de pays du Maghreb ou du Proche-Orient. Pourquoi ne le proclamerions-nous pas quand il s’agit de la France ?


Quelles ont été les réactions à l’Assemblée lorsque vous avez exposé votre amendement ?

L’AFP a précisé que j’avais provoqué « un tollé ». Le mot est faible. Comme j’ai utilisé l’expression « Etat français », on m’a tout de suite accusée de faire référence au régime de Vichy.

Si nous ne sommes pas fiers de ce que nous sommes, personne ne peut avoir envie de nous ressembler et de vivre selon les règles de notre civilisation

Ils faisaient semblant de ne pas comprendre, puisque je parlais évidemment de nos racines chrétiennes – qui sont bien plus anciennes que la République, vous en conviendrez – et de l’Etat en tant que succession de régimes politiques. Mais l’occasion était trop belle pour mes détracteurs. Tout leur est bon pour me discréditer : procès d’intention, insultes, cabales, etc.


Que répondez-vous à vos détracteurs qui affirment que votre position est un danger pour la laïcité et la neutralité de l’Etat ?

La laïcité n’est pas la négation des religions. Au contraire, elle doit permettre à chacun de pratiquer ou non la religion qu’il souhaite. Mais cela n’implique pas de mettre toutes les religions sur le même plan. C’est même la condition pour que cette assimilation, qui a été la marque de fabrique de la France, redevienne une réalité. Si nous ne sommes pas fiers de ce que nous sommes, personne ne peut avoir envie de nous ressembler et de vivre selon les règles de notre civilisation. Et les ghettos se multiplieront. 

Lire aussi : Agnès Thill : « La loi sur le séparatisme supprime cette liberté d’enseignement qu’est l’instruction en famille »


Dans la loi contre le « séparatisme », toutes les religions sont mises au même niveau, considérez-vous que l’exécutif se trompe de cible sachant qu’il voulait lutter contre l’islamisme ?

Aujourd’hui, ce qui menace notre société, notre façon de vivre, notre civilisation porte un nom : l’islamisme. C’est lui, et lui seul, qui veut faire des femmes des citoyens au rabais, qui rêve d’imposer ses règles à l’ensemble des habitants de notre pays, qui exige toujours plus de dérogations aux règles qui régissent notre façon de vivre. C’est aussi en son nom que, depuis plusieurs années, des centaines d’hommes et de femmes ont été blessés, mutilés, marqués à vie, tués. Ces assassins se réclament de lui et de personne d’autre.  C’est donc lui, l’islamisme, qu’il s’agit de combattre. Les autres religions n’ont rien à voir avec ça.

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