Étrange objet que cette nouvelle série lancée par Disney Plus pour faire le lien entre deux époques de superhéros labellisés Marvel : on avait quitté les Avengers en 2019 après leur confrontation décisive contre Thanos et on s’apprête à les retrouver l’année prochaine dans plusieurs superproductions retardées pour cause de crise sanitaire (dont un très attendu Docteur Strange signé Sam Raimi). Entre les deux, cette courte série fait figure de terrain de jeu, de parenthèse expérimentale à l’intérieur de laquelle les créatifs de la firme se permettent pas mal de choses. Imaginez une sorte de prison mentale sous forme de comédie pavillonnaire, quelque part entre Truman Show et David Lynch, et vous aurez une idée à peu près juste de ce à quoi ressemble Wandavision : la Sorcière Rouge, incarnée par la délicieuse Elizabeth Olsen, s’y invente une sorte de monde parfait, en vase clos et entièrement contrôlé par elle, dans lequel son amant, le cyborg Vision (tué par Thanos) est bien vivant.
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Ce monde revisite tous les poncifs de la comédie télévisuelle depuis ses prémices dans les années 50 (I Love Lucy, Ma Sorcière bien aimée) jusqu’à ses formes les plus récentes (Malcolm). À chaque nouvel épisode, on franchit une décennie et l’univers de Wanda s’adapte pour rendre hommage à une nouvelle ère en épousant son univers. Peu à peu, c’est toute sa petite bulle domestique et névrotique qui commence à être parasitée par l’extérieur, faisant écho aux cauchemars métaphysiques des mondes clos de Philip K. Dick, tout en balançant quelques indices mystérieux sur ce qu’il s’est réellement passé depuis la fin tragique d’Endgame. Étrange voyage dans l’inconscient populaire des USA, cette méta-série jubilatoire nous confronte à son processus trans-fictionnel tournant parfois à vide, dénonçant en filigrane toutes les tares de l’univers Marvel – mais aussi son formidable pouvoir syncrétique.
Wandavision, mini-série de neuf épisodes de Jac Schaeffer, avec Elizabeth Olsen et Paul Bettany, en streaming sur Disney Plus





