Depuis lors, des survivants n’ont pu pleureur leurs morts, car il était interdit de visiter les malades ou d’assister même aux inhumations, principe de précaution oblige, principe moral, certes, bien qu’aucunement juridique. Après quoi, des plaintes ont été légitimement déposées, et Jupiter fut obligé de procéder à une restructuration managériale de sa « Start-up nation » : en priorité, l’exfiltration exprès d’Agnès Buzyn du ministère de la Santé, qui devint furtivement une pathétique candidate à la Mairie de Paris pour finalement intégrer l’Organisation mondiale de la Santé, en janvier dernier. Dans le même temps, des animaux sauvages devaient être abattus dans tout le pays : des pangolins, en février, des ragondins et des rats musqués, en mai, ainsi que des visons, en novembre. Voilà un monde aux abois, totalement paniqué : le monde occidental. Parce que notre raison technicienne, ne fonctionnant plus qu’à travers les spéculations boursières, y compris sur de multiples molécules aussi inutiles qu’incertaines, n’a laissé place à aucun protocole de soins massif contre ce nouveau virus. Le voilà le « nouveau monde », le pré carré des saint-simoniens, ou autres pseudo-rois-philosophes ! Et le roi n’est même plus nu quand il n’y plus de roi, ni non plus de militaires chargés de régler l’affaire !
Parce que notre raison technicienne, ne fonctionnant plus qu’à travers les spéculations boursières, y compris sur de multiples molécules aussi inutiles qu’incertaines, n’a laissé place à aucun protocole de soins massif contre ce nouveau virus
Une année qui a révélé clairement la déliquescence des démocraties modernes. Et surtout, la fin de la politique, cette dernière n’étant plus l’art du possible. Pour résumer : « confinements », « déconfinements », fermetures, réouvertures, couvre-feu ou « confinements allégés », autant de dispositifs subrepticement coercitifs faits pour se dédouaner de ses responsabilités, pour des gouvernants tant nationaux que locaux, mais retardant l’inéluctable, puisque, comme la grippe, ce coronavirus – de souche animale depuis Wuhan, en Chine – se répand exponentiellement à domicile, donc en couple ou en famille. Sans oublier le sans-frontiérisme, le plus vile des virus sur le plan idéologique. En l’occurrence, Didier Raoult, professeur de microbiologie et actuel directeur de l’IHU-Méditerranée Infection, avait dit prédit, dès 2009, que nos sociétés ouvertes aux quatre vents ne seraient nullement en capacité de lutter contre un virus respiratoire singulièrement invasif, et, d’ailleurs, au même titre que des globalistes patentés comme, entre autres, Bill Gates, le fondateur de Microsoft.
Pire encore : des morts « Covid », en France, ne l’étaient probablement pas, mais recensés comme tels, d’après les allégations du professeur Christian Perrone, qui a été remercié aussitôt par la direction de l’AP-HP. Seulement, bon gré mal gré, le Covid-19 n’est ni le choléra ni la peste, et encore moins un gaz moutarde ou sarin. Il s’agit d’une maladie qui s’attaque aux vaisseaux sanguins des poumons, et plus sévèrement à ceux des personnes âgées ou fragiles. Nonobstant la vanité de nos médecins, aussi imprécis que ridicules, particulièrement au début de la crise. L’étrange retour de la philosophie contre la science. D’où des questionnements pompeux sur l’ennui et la mort, dans nos contrées où l’individualisme et le consumérisme se conjuguent l’un dans l’autre, sans idéal ni espérance. Pour autant, comment survivre éternellement à crédit ? « Quoi qu’il en coûte », pour des esprits réduits à l’état d’estomac, au nom d’un dispositif financier permettant aux banques centrales de raser gratis. En substance, toute dette virtuelle pourrait-elle faire l’économie d’un remboursement réel ? In fine, les technostructures occidentales ne coulent-t-elles pas, tel le Titanic, en se jouant de la musique classique, en adoucissant ses mœurs dans l’angoisse ? Et, paradoxalement, l’homme moderne redeviendrait un loup pour l’autre et pour lui-même.
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En attendant, comment penser la réalité quand les mots simulent et dissimulent si bien ce qui est véritablement ? « L’être n’est pas et le non-être n’est pas non plus », selon le sophiste Gorgias. De fait, le Covid-19 est et sera, pour les penseurs, un formidable cas : de philosophie des sciences, de métaphysique, de philosophie morale et de philosophie politique. Par conséquent, quatre crises ont fini, non pas par se déclencher, mais par se montrer telles qu’elles étaient initialement : crise de la connaissance – en l’occurrence, de la connaissance des virus respiratoires et de leurs origines animales –, crise de l’existence – un rapport problématique à la maladie et à la mort dans les cultures matérialistes –, crise de l’individualisme – ou de l’utilitarisme, le « chacun pour soi » manifestant tant ses vices que ses vertus – et crise de civilisation – les démocraties libérales révélant leurs limites face à des régimes davantage autoritaires, voire martiaux –. Tragiquement, ne se dessine-t-il pas la chute de l’Occident face au sursaut revanchard du tiers-monde, autrement dit de l’Asie, voire de l’Afrique aussi ?
Stupeur et tremblement dans ce monde humain, qui n’est que « le royaume du hasard et de l’erreur », dixit Schopenhauer. Notamment au cœur de la guerre des vaccins : AstraZeneca (décrié), Johnson & Johnson, Pfizer/BioNTech, Curevac, Moderna, Novavax et Sanofi/GSK (très en retard !). Des sérums, aussi variés que possible, et produits en un temps record, le tout faisant fi des protocoles de sûreté habituels. De l’exceptionnel contre de l’inhabituel, au nom de la sacrosainte paix perpétuelle, et dont le prix à payer sera précisément la vaccination perpétuelle. Cependant, même l’ARN messager (Pfizer/BioNTech, entre autres) n’est programmé que pour réduire la charge virale, qui, quand elle est trop élevée, cause des formes graves. Quoi qu’il en soit, un saut dans le vide, dans la mesure où la vaccination n’est qu’un élément de protection, n’enrayant jamais ce type de maladie. Encore et pour toujours, un saut dans les abysses : des applications en nombre pour tracer, traquer et numériser le quidam qui n’a rien demandé.
Inéluctablement, cette crise du Covid n’a fait qu’accélérer le projet de numérisation des individus, libres théoriquement bien qu’automatisés pratiquement
Force est donc de constater que la technologie se met au service d’une barbarie acceptable, parce que douce et câline, et qui prétend faire (re)tisser des liens sociaux dont le dé-loignement est la norme absolue, à l’aune de la critique de Martin Heidegger dans Être et temps (1927), §23 : « Le dé-loignement est d’abord et le plus souvent affaire de discernation : rapprochement, amener à proximité, comme par exemple se procurer, tenir prêt, avoir sous la main » [traduction de François Vezin, Gallimard, nrf, 1986, p.145]. Ou quand être doit devenir avoir. Alors, qui commande, clique et collecte sauve-t-il l’humanité ? Inéluctablement, cette crise du Covid n’a fait qu’accélérer le projet de numérisation des individus, libres théoriquement bien qu’automatisés pratiquement. Et, bientôt, le passeport vaccinal sera rendu obligatoire dans les tranchées de la guerre des données, cette guerre qui n’a pas été officiellement déclarée. L’homme moderne semble, ainsi, se satisfaire de n’être plus qu’un code barre. Parce que le Big Pharma et le Big Data restent et resteront, pêle-mêle et « quoi qu’il en coûte », à la tête de ce nouvel empire : celui du pire.





