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Princesses Disney : le débat

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Publié le

19 mai 2021

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Les Princesses Disney : vaste sujet. Souvent regardées, beaucoup critiquées, aujourd’hui censurées elles continuent, malgré tout, à faire rêver plus d’une petite fille. Aujourd’hui, il s’agit de la Belle littéraire et de la presque humaine Ariel.

Belle « michto »

On aime Belle : elle est française, mais surtout intelligente. À tel point que ses crétins de co-villageois la scrutent comme un phénomène de foire. Belle incarne ce que les petites filles un peu trop intellos subissent à l’école : l’isolement et les moqueries. Mais elle s’en contrefout, elle lit ses bouquins et parle à son cheval. Le bât blesse sur le côté « vénale ». Vous êtes séquestrée par un type, qui menace de vous trucider, mais vous tombez amoureuse parce qu’il vous offre une bibliothèque. Même en doutant que l’amour eût été « éternel » dans une étable, ce prisme est trop réducteur. Le vrai débat porte sur le syndrome de Stockholm. Sauf que quand la Bête se comporte en odieux psychopathe, Belle devient la pire des emmerderesses. En réalité elle a simplement le même syndrome que toutes les femmes : s’enticher du type le plus déglingué qui soit et se donner pour mission de le sauver par la seule force de son amour. Un genre de miroir inversé, foireux mais touchant, du Prince et de la Bergère.

Belle « maso »

L’incarnation de la petite moche à lunettes du fond, qui trimballe toujours quinze bouquins et corrige le prof. Ce genre de fille qui n’a aucune idée de ce qu’elle porte si tu le lui demandes, et qui ne sort pas le soir pour ne pas rendre papa inquiet. La turbo-nerd, mais qui, par miracle, est complètement bonne. Cette rat de bibliothèque voit la Bête comme un bouquin de math : si elle arrive à le décoder, à le comprendre, elle pourra le résoudre. Belle, derrière ses jolies robes et ses chansons d’amour, a pourri la vie sentimentale d’une génération entière de nanas : on s’est mis à confondre le syndrome de Stockholm avec le véritable amour.

Cette rat de bibliothèque voit la Bête comme un bouquin de math : si elle arrive à le décoder, à le comprendre, elle pourra le résoudre

Mesdemoiselles : si JonPière vous hurle dessus et vous retient dans sa baraque en ruines contre votre volonté, barrez-vous. Il ne se transformera pas en prince par la puissance de l’amour. Cela dit, on est ravies de voir une nana valorisée pour ses lectures. Dommage qu’elle soit plutôt dans le « 50 nuances de Grey » que dans les traités de médecine comparée.

Ariel antiféministe ?

Notre petite « tête de linotte » préférée (dixit Eurêka son goéland de compagnie) a été malmenée ces derniers temps par une vraie gourdasse, pas du tout attachante celle-là : Camélia Jordana. Ariel serait donc une princesse « antiféministe », et blanco-patriarcale. Camélia lui reproche, entre autres choses, de tomber « amoureuse du Prince Éric en ne lui ayant jamais adressé la parole ». Si Camélia était déjà tombée amoureuse, elle saurait que ça vous tombe sur la tronche comme un immeuble de 200 étages, et pas avec une sélection woke sur Tinder. Ensuite Ariel, le patriarcat elle s’en affranchit pas mal. Parce que sa passion dans la vie – outre les humains – c’est surtout de désobéir de toutes les façons possibles à son papa. Et elle a bien raison, les papas sont faits pour ça. Plus que l’histoire d’amour entre un prince canon et une sirène adolescente, c’est bien l’amour inconditionnel d’un père pour sa fille qui nous touche dans ce film.

Ariel sugar baby ?

Marre des attachiantes, un peu drôles, un peu gaffeuses, mais si touchantes quand elles font claquer le corset et le concerto de jazz. Marre des allumeuses muettes ! Ariel, c’est l’influenceuse TikTok. Jamais rien à dire, mais de toute façon ça n’est pas ce qu’on cherche chez elle. Elle séduit le Prince Éric avec son charme, sa grâce, ses fausses maladresses et ses regards. Autrement dit, l’emballage. Exit la beauté intérieure, un petit sourire mutin réglera la facture émotionnelle. Pas besoin d’être intéressante quand on a des jambes interminables.

Lire aussi : Faut-il encore lire des contes ?

Peut-être le meilleur avant-goût du marché de la drague : séduisez-le quand il est shooté sur une plage ou bourré en boîte, assurez-vous que c’est bien le proprio du château voisin, puis allumez. Le reste, on verra au divorce. De toute façon, les riches ne sont intéressés que par les filles qui n’ont pas l’âge (rappelons que la donzelle n’a que seize ans au moment des faits).

Aurore Leclerc et Domitille Faure

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