Oui, j’ai le « seum ». Le « seum » comme un mioche qui vient de perdre au Mille Bornes face à son père qui a passé la partie à tricher, puis l’a puni parce qu’il a jeté les cartes par-dessus de rage. Le « seum » comme une candidate des Marseillais ou des Anges de la téléréalité qui a raté le sort qu’elle voulait jeter à une concurrente, pour un mec ou un botox du popotin raté. Le seum comme un candidat aux élections qui perd contre un abruti fini qui raconte n’importe quoi avec un ton docte, ce que tous les cons adorent. Le seum comme Messi quand Griezmann marque une lucarne de l’extérieur de la surface – ce qui, admettons-le volontiers, devient de plus en plus rare. Le seum comme Marlène Schiappa quand elle oublie de balancer un tweet pour défendre son idée de « quartiers sans relous ».
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En 2021, on a le « seum » pour tout et n’importe quoi, pour une commande de Mac Do sur Uber Eats où les frites ont été oubliées, pour un ongle cassé, ou parce qu’on n’a pas pensé à regarder un programme télé. Le mot « seum » serait issu de l’arabe « soum », qui signifie venin, selon le Petit Dico à l’usage des darons et des daronnes de Salah Guemriche, ou encore le très sérieux – prière de ne pas rire – Nos ancêtres les Arabes de Jean Pruvost. Le seum serait donc le venin de la frustration contemporaine. Quel beau mot, en fin de compte, que ce « seum » qui rend compte de l’état le plus pathétique de notre époque : cette frustration permanente de nourrissons qu’entretiennent tous nos contemporains, à la plus petite contrariété et à la plus petite privation. Oui, nous avons le « seum » de vivre des vies bâclées, où les futilités tiennent lieu de grandes causes.





