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Vers un post-monétarisme : le tournant keynésien de 2007

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Publié le

1 juin 2021

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Depuis le début de la crise sanitaire, peu contestent la création monétaire massive par les banques centrales pour maintenir l’économie à flot. Et pour cause : depuis la crise de 2007, les monétaristes ont opéré un virage keynésien.
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Pour faire face à la crise sanitaire, les États occidentaux ont unanimement choisi de recourir à des politiques budgétaires expansives via l’endettement, rendues possibles par le rachat partiel de dettes opéré par les banques centrales. De fait, par la création ex nihilo, ces dernières ont drastiquement augmenté la masse monétaire en circulation de près de 70 % pour les pays de l’OCDE en 2020. Il n’est pourtant que peu de critiques à cette méthode, et pour cause : ses plus grands pourfendeurs, les monétaristes, ont opéré un virage keynésien depuis la crise de 2007.

Caractérisée par son refus de l’intervention étatique et son épistémologie mathématique, l’école monétariste américaine postulait traditionnellement, par la théorie quantitative de la monnaie, que la création monétaire était inefficace pour contrôler les crises économiques, car elle n’engendrait à terme que de l’inflation. Pourtant, les disciples de Milton Friedman ont depuis 2007 révisé leur théorie après qu’elle a été démentie par les faits : ils n’ont pas anticipé la crise économique et n’ont pas pu critiquer le système qui l’a fait advenir puisqu’il était leur. Lors d’une audition, le directeur de la FED Alan Greenspan a confessé avoir été « plongé dans un grand désarroi » après avoir « trouvé une faille dans l’idéologie capitaliste ».

Lire aussi : L’économie après le Covid

Les politiques keynésiennes ont du reste fait preuve de leur efficacité pour juguler la crise : d’après Gary Becker, une « intervention substantielle était justifiée pour éviter un effondrement à court terme du système financier ». De même, Richard Posner – qui sera Nobel d’économie en 2017, sur le point de rédiger son Comment je suis devenu keynésien, précisait alors : « Ce que la crise nous a appris, c’est que nous avons besoin d’un gouvernement plus actif et plus intelligent afin de maintenir sur les rails notre modèle d’économie capitaliste ». Dorénavant, pour les libéraux monétaristes même – qui ne peuvent donc plus être dits monétaristes au sens orthodoxe du terme –, l’interventionnisme d’État est pleinement justifié quand mis au service de la sauvegarde du système capitaliste.

Quant à l’inflation provoquée, elle ne touche pas tant les biens et services ordinaires que les valeurs de placement : de 2012 à 2019, les prix de l’immobilier ont crû de 54 % et les indices boursiers de 120 % dans les pays de l’OCDE. Une aubaine pour les habiles boursicoteurs.

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