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Léna Lazare, la Greta Thunberg made in France

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Publié le

9 juin 2021

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Ils sont nombreux à la présenter comme la figure montante de l’écologie : depuis quelques mois, Léna Lazare est sous la lumière des projecteurs et commence à détrôner la Suédoise dans le cœur des écolos français (et belges).
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À 23 ans, avec ses longs cheveux châtains, ses traits fins et sa taille longiligne, Léna Lazare donne un nouveau souffle à la cause environnementale. Après avoir fondé le collectif inter-faculté « Désobéissance écolo Paris », elle est devenue la porte-parole de « Youth for Climate », mouvement français prétendument apolitique qui œuvre pour la défense de l’environnement, et lancé en février 2019 sur le modèle de « Fridays for Future » dirigé par Greta Thunberg.

Léna Lazare a quitté les bancs de l’université et ses leçons de mathématique et de physique pour consacrer toute son énergie à l’horticulture, qu’elle étudie à l’école de Breuil. Elle espère devenir responsable d’exploitation agricole et ainsi, selon ses mots, « être la plus utile possible » pour sauver la planète. Politisée à la Sorbonne, la demoiselle qui a lancé il y a deux ans le mouvement de grève internationale pour une société écologique et sociale souhaite allier lutte écologique et « combat sociétal ».

En parfaite héritière de la pensée thunbergienne, Léna Lazare appelle à rejoindre les rangs de la manifestation pour les libertés et contre les idées d’extrême droite samedi prochain

Il pourrait sembler réconfortant de voir une jeune femme promouvoir à corps perdu le localisme et dénoncer les conséquences du capitalisme mondialisé. Mais cette Léna Lazare sert un gauchisme progressiste qui n’a rien d’écolo.

(Encore) une écolo de gauche

Dans l’émission quotidienne « À l’air libre » de Mediapart, elle appelle à une union de la gauche pour la présidentielle : « Aucune candidature ne peut gagner seule. Je ne dis pas que cette candidature va tout changer, mais là il faut jouer stratégique ». Son compte Twitter, semblable à une caverne d’Ali Baba pour écolo-gauchistes, fourmille de tweets et de retweets dénonçant les manifestations policières, la sympathie des forces de l’ordre à l’égard de Marine Le Pen ou encore la tribune des généraux. Le tout dans le respect de l’écriture inclusive, s’il vous plaît. En parfaite héritière de la pensée thunbergienne, Lazare appelle à rejoindre les rangs de la manifestation pour les libertés et contre les idées d’extrême droite samedi prochain. « Apolitique », Youth for Climate va donc marcher auprès de certains LGBT promouvant la PMA ou la GPA qui, comme on le sait, travestissent la nature. À cela s’ajoute le soutien de Léna Lazare à l’UNEF qui en mars dernier avait fait polémique avec l’organisation de réunions en non-mixité raciale : « Total soutien à l’UNEF, et heureuse que vous soyez des nôtres à la grève pour le climat” de demain ! J’en peux plus qu’on doive dépenser de l’énergie à répondre à des vieux cons alors que la jeunesse est en train de crever et que la planète brûle », écrit-elle sur son Twitter.

Lire aussi : EELV : l’écologie contre le peuple

Las. Depuis la fin de l’année 2019, le mouvement a sombré dans les méandres de l’anticapitalisme, certains militants n’ayant pas hésité à dégrader des centaines de trottinettes en libre-service à Angers. Le site officiel de Youth for Climate appelle à une croisade contre la surconsommation et prône la décroissance. Mais les propos n’en restent pas moins paradoxaux : comment conserver l’environnement et souhaiter la décroissance, quand on n’a guère souci de l’enracinement, de la permanence, de la conservation de la société dans ce qu’elle a de plus naturelle et éternelle ?

Une écologiste qui n’a pas invité la lumière

D’après ses admirateurs, Léna Lazare démontrerait avec panache les failles du capitalisme vert et de la loi climat qui, selon ses déclarations dans Headtopics, ne changera rien à la situation : « Il y a trop d’urgence pour être dans l’écologie molle ». Mais quelles sont les armes de cette Jeanne d’Arc écolo pour gagner la (vraie) bataille pour l’environnement ?

Il est aisé de prôner le modèle décroissant de manière péremptoire, encore faut-il réfléchir à sa possibilité réelle, et aux conséquences concrètes sur nos modes de vie

Elle défend certes les agriculteurs contre les industriels qui les spolient leurs terres, parle de localisme et d’ancrage territorial, mais se trompe dans les solutions à apporter. Invitée de BFM en novembre 2019 pour réagir à la surconsommation en période du Black Friday, si la jouvencelle parle volontiers de sortie « de la croissance, du capitalisme mondialisé » et pousse à une production locale et à un mode de vie simple, elle ne propose aucune solution concrète. Un vide abyssal ponctué de « euh, c’est euh » puis un : « Je pense qu’il faut repenser ce qui est vraiment nécessaire et euh … ». Il est aisé de prôner le modèle décroissant de manière péremptoire, encore faut-il réfléchir à sa possibilité réelle, et aux conséquences concrètes sur nos modes de vie. La jeune femme a visiblement sauté cette étape, signe d’une déconnexion croissante de ces écolos vis-à-vis du quotidien. Mais que peut-on attendre de ceux qui prétendent sauver la planète tout en annihilant la nature humaine ?

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