A l’heure du grand enmasquement de la France, Europe-Ecologie les Verts (EELV) joue à contre-courant et tombe le masque. Aux commandes de plusieurs grandes villes françaises depuis le 28 juin dernier, les mairies écologistes multiplient les sorties extrêmement provocantes. Le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, est le dernier en date à s’être fait publiquement remarquer. Lors de sa conférence de presse de rentrée tenue ce 10 septembre, il a annoncé la fin des sapins de Noël dans sa ville, sous prétexte qu’il s’agirait d’arbres morts. Il a par ailleurs annoncé vouloir adopter d’ici la fin de l’année une charte des droits de l’arbre. Ce week-end, une pétition a été lancée pour sauver le sapin de Noël bordelais. Elle recueille déjà près de 13000 signatures.
La suppression de l’arbre de Noël a scandalisé l’opinion, qui y a vu un coup évident porté à une de nos traditions les plus chères et les plus universelles. A l’heure de l’archipel français, EELV s’en prend à ce qui fait une partie importante du commun national : la culture chrétienne de la France. Logiquement, certains ont dénoncé une nouvelle manifestation de la volontaire déchristianisation de la France opérée par la gauche depuis 200 ans sous couvert de laïcité, en témoignent les débats sur les crèches. Pourtant, d’après une interview donnée au journal La Croix, Pierre Hurmic serait chrétien. Il se dit très inspiré par le Pape François et son Laudato Si, encyclique faisant la promotion d’une écologie intégrale pour sauver la planète. Il n’en reste pas moins qu’en touchant au célèbre arbre de Noël, il fragilise indéniablement la visibilité et la vitalité du fait catholique en France.
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Hors la question de Noël, la proposition laisse tout de même perplexe. En poussant la logique du maire à son terme, il faudrait systématiquement préférer un végétal vivant à un végétal mort. Le découpage et l’utilisation de tout végétal hors alimentation seraient alors proscrits, quelles qu’en soient les conséquences. Fini les bouquets de roses, les décorations végétales de mariage, les fleurissements de villages, les traditionnels brins de muguet du 1er mai, la bénédiction des buis aux Rameaux, les combats navals fleuris de Villefranche-sur-Mer. Pourquoi même ne pas interdire les parfums à base de végétaux ? Et quid du mobilier ? C’est une part fondamentale de l’identité française qui partirait en fumée, d’après la seule logique de Pierre Hurmic.
Cette dernière sortie d’un maire EELV s’inscrit à la suite de nombreuses prises de parole et de décisions polémiques. Le maire de Grenoble Eric Piolle a annoncé vouloir dégenrer les cours de récréation, considérant surement que les parties de football entre garçons accaparent trop l’espace de jeu. Le 13 juillet dernier, la municipalité lyonnaise refusait que la patrouille de France ne survole le ciel lyonnais entre Rhône et Saône. L’édile Grégory Doucet rompait ensuite avec une tradition lyonnaise vieille de presque 400 ans, en refusant de participer à la cérémonie du Vœu des échevins. Le tout sous prétexte de laïcité, alors que tous les maires sous la Vème République y avaient auparavant participé. Il ne semble pourtant pas que l’édile défende une lecture étroite et anti-religieuse de la loi de 1905 puisque dès le lendemain, il posait la première pierre de la mosquée de Gerland. Ce deux poids deux mesures en dit long sur le désamour que porte EELV pour la culture française traditionnelle et populaire, et témoigne de son engagement islamo-gauchiste assumé. Dernier fait d’arme, Grégory Doucet déclarait dans une interview au Progrès que le Tour de France était polluant et machiste.
Folklore populaire avec le Tour de France et identité chrétienne avec le sapin de Noël : l’écologisme politique propose une grande tabula rasa, dont la cible évidente est la culture française et populaire, traditionnel et catholique
L’écologie étant devenue une problématique fondamentale et transpartisane, EELV passe encore auprès d’une partie de l’opinion publique pour neutre idéologiquement. Les maires EELV ont donc une vertu : ils révèlent ce qu’est véritablement EELV au-delà des discours et des stratégies de communication. Le voile de l’écologisme politique est levé, et la dimension anti-traditionnelle et anti-populaire de leur doctrine ne peut plus être méconnue. Folklore populaire avec le Tour de France et identité chrétienne avec le sapin de Noël : l’écologisme politique propose une grande tabula rasa, dont la cible évidente est la culture française et populaire, traditionnel et catholique. Sous ses atours verts, EELV ressemble à s’y méprendre à la vieille gauche, et perpétue ses velléités de rupture avec le passé.
La gauche politique ne jure que par la Révolution française, et ne cesse de vouloir renouveler la geste révolutionnaire. Du passé faisons table rase, et reconstruisons une société à notre goût, en créant un homme nouveau, délié des habitudes passées et éclairé par les seules lumières de la raison contemporaine. De la même manière, pour le progressisme écologiste, tout patrimoine doit être rejeté par essence : nos vies sont une page blanche sur laquelle ils auraient loisir d’écrire une partition conforme à leur idéologie. Faisant la guerre à l’enracinement, EELV s’autorise à purger nos modes de vie selon ses propres critères, et à redessiner un monde à son image.
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La proposition d’une charte des droits de l’arbre est particulièrement intéressante. Elle montre bien comment, au mépris de nos modes de vie, l’écologisme prétend tout réinventer, en réalité tout détruire, au nom de critères abstraits, sortis d’obscures théories. Traditions et cultures populaires ne valent plus rien face aux injonctions de cette nouvelle raison écologique. Sur le plan philosophique, une telle charte suppose qu’il existe des droits fondamentaux, naturels et universaux attachés à l’arbre en tant qu’arbre, ce qui est absurde. L’écologisme raisonne avec les arbres comme jadis avec les Hommes, introduisant un brouillage prémédité et dangereux entre Créature et Création. Décréter des droits de l’arbre, c’est encore jeter l’opprobre sur tous nos ancêtres ne les ayant pas respecté, car trop peu éclairé pour les discerner disent-ils. De l’idée des droits de l’homme, Charles Péguy avait fort justement vu qu’elle contenait « de quoi faire la guerre à tout le monde pendant la durée de tout le monde ». Alors que dire des droits de l’arbre ? Jair Bolsonaro tremble devant la chartre de Pierre Hurmic.
Le progressisme écologiste d’EELV veut fonder par la raison pure un monde qu’il considère comme meilleur, selon des critères qu’il est seul autorisé à définir. Il est donc par essence anti-populaire et anti-traditionnel. Méprisante des petites gens, une bourgeoisie urbaine et déracinée veut enseigner aux agriculteurs et aux chasseurs le véritable amour de la nature. Elle n’est pas seulement prête à fouler au pied la culture populaire et les traditions nationales, elle le revendique et s’en félicite, car cette destruction est pour eux signe de progrès.





