Skip to content

Covid 19 : journal de bord pamphlétaire

Par

Publié le

16 juin 2021

Partage

Dans son dernier livre, le philosophe Jean-Pierre Dupuy évoque les nombreux intellectuels et scientifiques qui, en minimisant la crise du Covid-19, ont enchaîné les sophismes et fait montre d’une grande irresponsabilité.
covid

Inventeur du concept de « catastrophisme éclairé », convoqué à tort selon lui à l’occasion de cette épidémie, Jean-Pierre Dupuy tient ici le journal de bord des neuf premiers mois d’une crise dont l’issue à cette heure semble encore incertaine. Sorte de pamphlet retourné, puisque la colère palpable de Dupuy prend appui sur la raison et se refuse à toute forme d’insulte – en quoi elle s’avère plus dévastatrice que les récriminations d’enfants gâtés habituelles de ceux auxquels Dupuy donne, tour à tour, une leçon de mathématique, une leçon de philosophie, et une leçon de politique, les renvoyant implacablement à leur incompréhension dramatique du Bien commun, montrant aussi comment ils radotent leurs syllogismes pervers à contretemps et en roue libre dans la plus parfaite ignorance des réalités scientifiques ou même des bases élémentaires de la logique.

Plus profondément, Dupuy pose la question essentielle de la morale et de la vie politique, rejoignant par là le constat girardien d’une théorie du bouc-émissaire nous condamnant à régresser dans la barbarie

En cela, Dupuy se livre à un véritable jeu de massacre et son ouvrage, non exempt cependant de quelques rares touches de mauvaise foi, doit être lu comme une machine à détruire les sophismes imposés par nombre d’intellectuels, tels que l’inénarrable Comte- Sponville, ou encore de médecins malhonnêtes qui par stratégie, ou pris d’une terreur inconsciente devant le surgissement d’un événement, ont empoisonné la réflexion plutôt que de l’élever.

Lire aussi : Pierre-André Taguieff : du complot comme théorie

Plus profondément, Dupuy pose la question essentielle de la morale et de la vie politique, rejoignant par là le constat girardien d’une théorie du bouc-émissaire nous condamnant à régresser dans la barbarie, cette barbarie qui exclut l’intelligence, le raffinement des raisonnements compliqués et qui nous laisse absolument désarmés devant un avenir sombre que nous demeurons incapables de voir, sacrifiant aux mânes des faux dieux plutôt que d’apprendre à nous servir d’un télescope – comme l’ont fait et le feront toujours les vrais chrétiens. La leçon que nous enseigne Dupuy, qui nous renvoie cette fois-ci au « catastrophisme éclairé », leçon pascalienne s’il en est, c’est que tous ceux qui auront prétendu ne pas céder à l’esprit du temps, l’auront précipité, qu’ils s’en seront fait les propagateurs les plus acharnés parce que les plus dupes. « Même pas peur de la mort », disent-ils ! Eh bien, ils devraient…

La Catastrophe ou la vie, pensées par temps de pandémie de Jean-Pierre Dupuy
Seuil, 264 p., 20 €

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest