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Corse, Pays basque, Bretagne, Guadeloupe : la poussée régionaliste

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Publié le

25 juin 2021

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Partout en France, les nationalistes, indépendantistes et régionalistes ont réalisé une percée spectaculaire lors du premier tour des élections régionales. Des résultats qui pourraient bien complexifier la situation politique.
Manif Corse

En Corse, malgré de fortes divisions dans ce camp, le vote nationaliste a doublé, et il arrive largement en tête du premier tour de ces élections régionales et départementales. Deux partis régionalistes seront au second tour, et deux autres ont cumulé plus de 15 % des voix au premier tour. La progression la plus spectaculaire est celle de Paul-Felix Benedetti, qui a triplé son électorat pour atteindre 8,4 %. Gilles Simeoni, chef du parti Fa Populu inseme, n’a pas démérité en doublant presque le sien et en arrivant en tête. Il mise sur une mobilisation aussi grande au second tour, déclarant : « Dimanche 27 juin, faites comme si le résultat de l’élection toute entière dépendait de votre seul bulletin de vote ». Le bonheur des uns fait le malheur des autres : l’électorat de gauche a été divisé par trois depuis la dernière élection. La droite a elle aussi perdu énormément de voix, à commencer par le RN avec une perte de deux tiers de ses électeurs. Le parti traditionnel qui s’en sort le mieux est l’Union des droites menée par Laurent Marcangeli, qui maintient le même score avec 25 % des suffrages. Des résultats qui pourraient bien mener à une crise institutionnelle majeure dans les prochaines années.

Au Pays basque, les régionalistes d’EHBAI, des écologistes de gauche, progressent et deviennent la deuxième force politique basque. En 2015, ils étaient parvenus au second tour dans cinq des douze cantons. Cette fois-ci, ils y sont parvenus dans sept cantons. Ils se sont félicités d’avoir démontré qu’ils étaient « une alternative crédible ». Dans le canton d’Hendaye, le parti se retrouve en tête au premier tour avec 29 % des voix. Ce sont les cantons plus citadins comme Bayonne et Biarritz qui ont le plus résisté à la poussée régionaliste.

Lire aussi : Corse : victoire sans appel de Gilles Simeoni lors du premier tour

En Bretagne, les partis indépendantistes connaissant aussi une nette progression. A l’échelle régionale, le Parti breton de Joannic Martin, indépendantiste centriste, a triplé son score de 2015 en passant de 0,5 % à 1,5 %. Les indépendantistes de droite de La Bretagne en héritage en ont fait les frais avec un faible 0,22 %. Pour les départementales, dans le canton de Pornic, le binôme de Pour la Bretagne Nadine Eyssalet et Thierry Jamet fait 7,9 %, soit trois points de plus qu’en 2015 – un résultat insuffisant pour passer au second tour, mais qui témoigne d’une nette dynamique. À Guingamp, les indépendantistes font 8,37 % alors qu’ils n’avait même pas de liste en 2015. Le candidat communiste de Breizhistance, Gaël Roblin, membre de l’Armée révolutionnaire bretonne (ARB), a été détenu – illégalement selon lui – pendant 4 ans à la Prison de la santé pour ses liens avec certains mouvements indépendantistes. Un score stupéfiant pour un personnage aussi virulent, qualifié par lui-même comme « un motif de satisfaction ». Dans les cantons de Morlaix, Plouigneau, Saint-Pol-de-Léon et Landivisiau (Finistère), les régionalistes écologistes ont doublés leurs résultats par rapport à 2015.

En Guadeloupe, la liste NOU conduite par Ronald Selbonne a failli dépasser les 10 %, à quelques centaines de voix près, alors que le vote nationaliste était bien plus dispersé en 2015, où la seule liste officiellement nationaliste avait fait 0,5 %. C’est le signe d’un changement de paradigme dans le paysage politique guadeloupéen. Le mouvement s’est largement diversifié, et ne contient plus seulement des syndicalistes ouvriers et des enseignants, mais aussi beaucoup de jeunes travailleurs particulièrement actifs sur les réseaux sociaux.

L’Alsace est la seule région où les régionalistes reculent – 3,7 % contre 5 % en 2015 pour le parti Unser Land –, tendance qui doit se comprendre avec l’abstention. Les seuls inscrits qui vont voter invariablement sont les électeurs LR et PS. Les potentiels votants régionalistes ont aussi été largement attirés par Laurent Jacobelli (RN), qui a martelé sa volonté de revenir à l’ancienne division du Grand-Est en trois régions : Alsace, Champagne-Ardennes et Lorraine. Enfin ils ont souffert d’attirer un vote exclusivement alsacien.

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