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Danemark : objectif zéro demandeur d’asile

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Publié le

7 juillet 2021

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En janvier dernier, la Première ministre du Danemark Mette Frederiksen est devenue la bête noire des associations immigrationnistes en fixant un objectif de zéro demandeur d’asile. Si les paroles de cette sociale-démocrate n’ont pas soulevé les passions à Bruxelles, cette politique stricte a de quoi surprendre dans cette monarchie réputée pour sa politique d’accueil.
Mette Frederiksen

Invitée à répondre aux questions du Parlement le 22 janvier dernier, la Première ministre Mette Frederiksen a révélé son intention de durcir davantage les règles de politique migratoire déjà existantes au Danemark. C’est que la monarchie d’Europe du Nord a été frappée par deux attentats islamistes en février 2015 qui ont profondément marqué les sujets de la reine Margrethe II, pourtant réputés bienveillants à l’égard des immigrés. « Nous ne pouvons pas promettre zéro demandeur d’asile, mais nous pouvons bien expliquer notre vision » a lancé la dirigeante des sociaux-démocrates, tout en récusant les accusations d’extrémisme par des associations d’aide aux migrants.

Le texte prévoit l’ouverture de camps où seront confinés les migrants qui souhaitent obtenir un asile dans le royaume puis, une fois leur requête enregistrée, un renvoi immédiat vers « un autre centre d’accueil localisé en dehors de l’Union européenne » d’où la demande sera traitée

Pourtant, la monarchie n’est pas débordée par les demandes de réfugiés. De 21 000 demandes au plus fort de la crise migratoire, c’est à peine 2 000 demandes qui ont été recensées l’année dernière. Ce succès est principalement l’œuvre du Parti populaire danois – l’équivalent du Rassemblement national – qui n’a eu de cesse de soutenir les précédents gouvernements de droite et très puissant sur le plan électoral. Progressivement, le Danemark a multiplié le vote de lois controversées afin de préserver sa culture. En 2016, le royaume s’est doté d’un code imposant une taxe aux migrants désireux de séjourner chez eux, un article prévoyant même de saisir biens et argent des immigrés afin qu’ils financent par eux-mêmes leur séjour plutôt que ce ne soit le contribuable. Sans hésitation, la monarchie a renvoyé les Syriens exilés par les affres de la guerre civile au motif que plus rien ne justifiait leur présence sur le sol danois.

« Nous devons veiller à ce que pas trop de réfugiés viennent dans notre pays, sinon notre cohésion sociale ne pourrait pas tenir. Elle est déjà menacée ». Ces derniers jours, le gouvernement a proposé un projet de loi adopté à 70 voix contre 24 avec, une nouvelle fois, le soutien des conservateurs et de l’extrême-droite. Le texte prévoit l’ouverture de camps où seront confinés les migrants qui souhaitent obtenir un asile dans le royaume puis, une fois leur requête enregistrée, un renvoi immédiat vers « un autre centre d’accueil localisé en dehors de l’Union européenne » d’où la demande sera traitée. Elle vient s’ajouter à la loi anti-ghetto de 2018 qui « limite le nombre de non-Occidentaux dans les quartiers défavorisés afin d’éviter toute colonisation ». Le Danish Insitute for Human Rights s’est dit très inquiet de l’évolution du respect des droits de l’homme au Danemark et de ces nombreuses lois basées sur des « critères ethniques qui stigmatisent les personnes de couleur et les musulmans ». Pour l’instant, aucun pays ne s’est porté candidat à la sous-traitance des demandes, mais le gouvernement affirme être en négociation avec des pays étrangers. La presse locale croit savoir que ce serait avec l’Éthiopie, l’Égypte, de l’Érythrée ou le Rwanda, prêts à tous les accueillir contre compensation financière.

Lire aussi : Enquête : dix grands patrons se coalisent pour l’immigration

Le représentant du Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies, Henrik Nordentoft, a déploré ce vote et partagé sa crainte de voir des lois similaires se répandre dans le reste de l’Union européenne. Une inquiétude qui semble avérée puisque très récemment le ministre autrichien de l’Intérieur, Karl Nehammer, a qualifié la décision danoise d’« approche convaincante » et son alter-ego italien n’a pas hésité à partir en Tunisie afin de signer un accord avec cet État pour qu’il conserve sur son sol tous les migrants désireux d’embarquer vers l’Europe. Comble de l’ironie, l’initiateur de cette loi est un ancien membre du Parti communiste : Mattias Tesfaye, ministre de l’Immigration et de l’Intégration, fils d’une danoise et d’un… réfugié éthiopien.

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