À l’heure où s’écrivent ces lignes, 70 CRS sont attendus en renfort après une nouvelle nuit de violences dans le quartier La Gabelle à Fréjus… Un peu plus loin, à Cannes, ville du festival et du glamour, la presse locale annonce aussi une nouvelle nuit de violences, où des policiers ont été pris à partie, quartier de la Frayère. Dans le même temps, un major de police a été blessé aux Mureaux par des projectiles. À Poissy, c’est en plein après-midi que des agents de police ont été attaqués. À Élancourt, les projectiles incendiaires ont jailli depuis le toit d’un immeuble.
Jusqu’où ces individus iront-ils ? Jusqu’à prendre d’assaut les commissariats ? Déjà vu ! Trappes, Sarcelles, Champigny-sur-Marne, les Ulis… On ne les compte plus. Jusqu’à assassiner un policier dans la rue ? Déjà vu ! Le 5 mai, Éric Masson est abattu à Avignon. Ce n’est bien évidemment pas le premier. Onze policiers et gendarmes ont perdu la vie en mission en 2020. Sept en 2019. Treize en 2018. Etc. Sans compter les agressions : plus de 85 par jour, uniquement pour la Police nationale. Jusqu’à les assassiner dans les commissariats ? Déjà vu ! Vendredi 23 avril. Rambouillet. Stéphanie Monfermé, égorgée. Elle n’est malheureusement pas la première. Besoin de rappeler l’attentat islamiste au sein de la Préfecture de Paris où trois policiers et un agent administratif ont été poignardés ?
L’immigration massive, originaire des pays périphériques […] a introduit dans notre pays une variable nouvelle qui a rendu l’équation civilisationnelle insoluble : la présence d’un ennemi civilisationnel intérieur
À l’heure où s’écrivent ces lignes, nous nous interrogeons : si la police est attaquée, exécutée publiquement, si même les commissariats ne sont plus des lieux de sécurité, si la police a désormais besoin d’être protégée, alors qui reste-t-il pour protéger le citoyen français ? Edward N. Luttwak, le père de la géoéconomie, explique ainsi la mutation du concept de puissance à notre époque : « Dans les Balkans, le Golfe persique et les autres régions du globe où les différends territoriaux n’ont pas été réglés par l’histoire, des conflits mal éteints resurgissent épisodiquement. À l’intérieur de ces zones reculées, toujours susceptibles d’une explosion de violence, la puissance militaire reste un facteur déterminant […] Mais, au centre de gravité des relations internationales, là où les États-Unis, l’Europe, le Japon et les autres pays développés collaborent et se confrontent, ces vieilles méthodes n’ont plus leur place ».
Cette pacification des relations de puissance entre États développés s’est accompagnée d’une pacification des relations de puissance entre individus au sein de ces mêmes États. Cependant, l’immigration massive, originaire des pays périphériques où les « vieilles méthodes » ont toujours cours et où la violence physique domine les relations sociales, a introduit dans notre pays une variable nouvelle qui a rendu l’équation civilisationnelle insoluble : la présence d’un ennemi civilisationnel intérieur.
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Nos lois libérales considèrent cet ennemi comme un citoyen, alors qu’il rejette la République, et qu’il hait la France. Elles le considèrent comme un délinquant qui a vocation à être responsabilisé et réinséré dans la société alors que son projet vise à détruire la société ainsi que la civilisation sur laquelle elle repose, pour en bâtir une autre, indigène. Elles lui appliquent le principe de bienveillance occidental – citons l’exemple récent du procès de Viry-Châtillon où l’avocat général s’est adressé à ceux qui ont délibérément transformé des policiers en torches humaines en les qualifiant de « richesse pour le pays » – alors que la violence est leur unique modus operandi.
Nous savons que le processus civilisationnel est, par définition, une dynamique de sortie de la barbarie, et donc, par extension, de la violence. Mais de quelles armes ce processus d’esthétisation des relations sociales dispose-t-il pour se défendre contre l’alliance violente entre des civilisations concurrentes à visée hégémonique, qu’elles soient islamiques ou africaines, et de la barbarie ? Si, ainsi que l’explique Luttwak, la guerre est devenue un « recours inconcevable entre partenaires des pays développés », ce n’est pas le cas pour les « relations avec les fauteurs de troubles de la périphérie ». L’ennemi civilisationnel intérieur a réactivé, sur le sol de France, des conflits territoriaux ultra-violents qui avaient disparu. La conclusion s’impose d’elle-même : soit nous avons le courage d’utiliser également les « vieilles méthodes » pour neutraliser cet ennemi civilisationnel intérieur, soit nous perdrons cette guerre.





